Le succès a quitté le stade du Pays de Charleroi depuis trois ans seulement. En 2008, Thierry Siquet conduisit encore une honorable équipe de Charleroi à la 8e place. En fidèle élève de Jacky Mathijssen, il clôturait un chapitre commencé en avril 2004 et marqué par le départ du professeur en avril 2007. Trois années euphoriques marquées par le meilleur exercice de ces 26 années de D1 (64 points en 2005).
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Le succès a quitté le stade du Pays de Charleroi depuis trois ans seulement. En 2008, Thierry Siquet conduisit encore une honorable équipe de Charleroi à la 8e place. En fidèle élève de Jacky Mathijssen, il clôturait un chapitre commencé en avril 2004 et marqué par le départ du professeur en avril 2007. Trois années euphoriques marquées par le meilleur exercice de ces 26 années de D1 (64 points en 2005). Capitaine de cette époque, Frank Defays raconte : " Cela demeure mon meilleur souvenir carolo car même si j'ai du mal à détacher une année parmi mes dix de présence à Charleroi, ces trois saisons ont été couronnées de succès. Et cela avec une des formations les moins chères de la D1 ! On avait créé un groupe formidable et la plupart des joueurs de l'époque restent d'ailleurs en contact. Or, généralement, dans le monde du foot, on dit qu'on va rester en contact mais cela ne se fait pas. Pour moi, on peut comparer l'état d'esprit de ce groupe à celui des années Robert Waseige. Parfois, on se retrouvait à 15 lors des soupers d'équipe pour faire la bringue. On savait quand on pouvait faire la fête et quand il fallait tout donner sur le terrain. Sans cet état d'esprit, on n'aurait pas pu faire de résultats. Contre le Standard, on est passé plusieurs fois par le chas de l'aiguille parce qu'on ne lâchait rien. Mathijssen est arrivé en avril 2004, à trois matches de la fin du championnat. Une grosse partie du noyau était démobilisée et ne semblait pas consciente de la situation. A son arrivée, il a tenu un discours serein, rassurant et mobilisateur. Certains en avaient besoin. Il a changé la donne dès son premier entraînement. Certains revivaient. On sentait qu'il allait se passer quelque chose. Une fois sauvé contre Mons, je ne me suis pas dit qu'on allait tout casser la saison suivante. D'ailleurs, on rechute d'entrée contre La Louvière (2-5), en ouverture de championnat. Les critiques pleuvaient mais Mathijssen a fait un très gros travail physique et mental en semaine. Le week-end suivant, on allait gagner au Standard. Cette victoire a servi de déclencheur. On avait besoin d'un match référence. En ville, la claque contre La Louvière fut tout de suite oubliée. En 2004-2005, nous étions tous revanchards après avoir lu tous les pronostics nous placer descendant. Cette année-là fut fantastique, surtout en regardant d'où on venait. Petit à petit, on a pris conscience qu'il y avait de la qualité dans le groupe. La deuxième saison fut un peu moins bonne mais largement honorable et lors de la troisième, on a remis le couvert en terminant cinquième. Pendant trois ans, on a bien bossé mais on s'est surtout bien amusé. On a réussi à instaurer un climat dans lequel on était content d'aller à l'entraînement. A la limite, tu n'avais pas envie de rentrer chez toi. La direction participait au petit-déjeuner avec le staff et les joueurs. Le club a su rester familial et on sentait une osmose. Après le départ de Mathijssen, c'était déjà un peu moins le cas. Les dirigeants ne venaient plus aux déjeuners : un détail mais on percevait la fin d'une époque. Je ne crois pas que le cycle aurait pu être plus long. Vous savez, Mathijssen a signé dans tous ses clubs des contrats de trois ans. " Outre deux très bons classements, l'ère Mathijssen fut marquée par des victoires mémorables contre le Standard et Anderlecht, ainsi que par une demi-finale de Coupe de Belgique. " Oui mais ces exploits étaient arrachés dans la douleur. En luttant pour chaque mètre de terrain, pas au panache comme lors des années Waseige. Par contre, ce qui différait et qu'on est les seuls à avoir pu accomplir, c'est qu'on parvenait à battre régulièrement les équipes à notre portée. Un exploit n'était pas suivi inévitablement par des contre-performances. "Lorsque l'on lui demande de citer des individualités, Defays met d'abord en avant le groupe, avant de lâcher le nom de Bertrand Laquait. " Il a apporté de la stabilité et a permis à sa défense de ne plus se soucier de ce qui se passait derrière elle. " LES JOUEURS LES PLUS UTILISÉS EN D1 Dante Brogno 389 matches Raymond Mommens 309 Badou Kéré 304 Frank Defays 288 Roch Gérard 238 Fabrice Silvagni 225 Michel Rasquin 191 Bertrand Laquait 185 Didier Beugnies 181 Kevin Pugh 175 PAR STÉPHANE VANDE VELDE - PHOTO: REPORTERS/ SPRIMONT " On était content d'aller à l'entraînement. A la limite, on n'avait pas envie de rentrer chez nous. "