Ils étaient un peu les oubliés de la galère, jusqu'à la remontée de Mons dans le classement de la D1. Mais depuis quelques semaines, ils sont des piliers de l'équipe et revivent. Ce club des 5 fait le point et évoque l'avenir.
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Ils étaient un peu les oubliés de la galère, jusqu'à la remontée de Mons dans le classement de la D1. Mais depuis quelques semaines, ils sont des piliers de l'équipe et revivent. Ce club des 5 fait le point et évoque l'avenir. Alessandro Pistone (32 ans) a été une valeur sûre des championnats d'Italie et d'Angleterre, et il a choisi, en décembre dernier, de se relancer chez nous après une fin d'aventure British compliquée par de graves blessures. Alessandro Pistone : C'est difficile pour moi de faire une comparaison détaillée entre la Belgique d'un côté, l'Italie et l'Angleterre de l'autre, car je ne suis pas ici depuis suffisamment longtemps. Mais il y a quand même certaines choses qui me frappent. J'ai vu quelques bonnes équipes et de très bons joueurs, mais aussi et surtout une façon de jouer fort différente de ce que j'avais connu avant d'arriver. Ici, le 4-3-3 est assez répandu, comme aux Pays-Bas. En Italie et en Angleterre, il est rare que des coaches optent pour ce système car il a ses limites. Le côté positif du 4-3-3, c'est son côté attrayant pour le spectateur neutre : c'est souvent offensif, synonyme de nombreuses occasions et d'un grand nombre de buts. Si on ne demande que du show, c'est difficile de trouver un meilleur système. Mais au niveau des résultats, c'est beaucoup moins intéressant, moins réaliste. Le 4-3-3 implique presque systématiquement un manque d'équilibre. Regardez les résultats en Coupe d'Europe : les meilleures équipes ne s'aventurent pas dans des concepts aussi risqués. C'est normal que les clubs anglais soient en haut de l'affiche en Ligue des Champions car l'argent est là-bas, mais leurs résultats ne s'expliquent pas uniquement par l'aspect financier : la façon de concevoir le jeu et de gérer des résultats est aussi déterminante. De mon passage à Mons, je garderai des souvenirs mitigés. J'ai été longtemps blessé et je n'ai pas pu apporter grand-chose à ce club. Mais je ne regrette pas mon choix. J'ai découvert une autre culture, un autre pays. Ma plus grande satisfaction est d'avoir contribué à la remontée au classement. Dès le premier jour, j'avais dit qu'il y avait assez de qualités dans le groupe pour viser le maintien. Tout le monde était bien d'accord là-dessus depuis le début de la saison mais rien ne changeait au niveau des résultats. Lorsque j'ai signé, Mons se dirigeait tout droit vers la D2. Entre-temps, la situation a changé. J'aurais seulement voulu être encore plus actif dans cette opération sauvetage. En ce moment, je n'ai que deux certitudes : mon contrat à Mons se termine en fin de saison et je ne veux absolument pas arrêter ma carrière cet été. Je ne m'imagine plus ici la saison prochaine car la direction ne m'a jamais parlé d'une prolongation. Mais cela ne me dérangerait pas du tout de rester en Belgique. Ilija Stolica (28 ans) a explosé dès son arrivée à Mons, au deuxième tour de la saison dernière. Associé à Mohamed Dahmane en attaque, il a marqué sept buts qui ont compté dans le redressement de l'équipe. Au premier tour de cette saison, alors que Dahmane était parti à Genk, il a été transparent. Mais depuis janvier, il est à nouveau un avant plein de punch. Avec Dahmane, rentré au bercail... Ilija Stolica : Entre lui et moi, il y a une vraie alchimie. La saison dernière, c'est après mon arrivée qu'il avait explosé. Avant ça, il passait continuellement de la pelouse au banc. Nous nous sommes directement trouvés. C'est toujours plus facile d'être bon quand on joue avec de bons joueurs ! Nous sommes deux techniciens, nous comprenons bien le foot et nous avons beaucoup de feeling sur les phases offensives. Nous sommes aussi très complémentaires. Je saute haut et je sais protéger un ballon, Dahmane a l'art de plonger rapidement dans les espaces pour se retrouver devant le but. Dès qu'il a signé à Genk, j'ai su que cela allait se compliquer pour moi. Mais je ne m'attendais quand même pas à avoir aussi peu de crédit en début de saison. J'ai entamé le championnat, puis je me suis vite retrouvé sur la touche. Quelques dizaines de minutes ont suffi pour que je perde tout le crédit accumulé la saison passée. Mon premier tour s'est résumé à des allers-retours entre le banc et le terrain. Mais tout a changé dès l'arrivée du nouveau coach : j'ai marqué dans son premier match à la tête de Mons, contre Mouscron, et j'étais enfin parti. Le club n'a pas levé l'option qu'il avait sur moi. Mons serait d'accord de me conserver mais je suis trop cher. On verra, il y aura sans doute des discussions. Tous les bons joueurs coûtent de l'argent, je ne vais pas me brader. Ma priorité est de rester en Belgique, mais si on ne me donne pas ce que j'exige, je commencerai à analyser les offres qui m'arrivent de l'étranger. Fadel Brahami (29 ans) était le joker de luxe de l'ère José Riga. Avec le nouvel entraîneur, il est un pilier de l'équipe. Fadel Brahami : Il faudra que cette équipe décide enfin de démarrer pied au plancher. Les leçons du premier tour de la saison dernière n'avaient pas été tirées. Au début de ce championnat, nous nous sommes enflammés, nous nous sommes regardés jouer, nous n'avions pas vraiment les pieds sur terre. Il nous manquait deux gros ingrédients : de l'agressivité et du réalisme. L'aspect positif, c'est le mental de ce noyau : personne n'a jamais cru que nous risquions de basculer en D2. Et dès que nous avons passé notre bleu de chauffe, les résultats ont suivi. Nous n'avons pas encore discuté d'une prolongation éventuelle de mon contrat parce qu'il était beaucoup plus urgent de régler le maintien. Je dois rencontrer la direction prochainement : tout est possible. J'ai des contacts ailleurs mais je ne les approfondirai pas avant d'avoir eu une bonne discussion avec les gens de Mons. Daré Nibombé (27 ans) n'est plus vraiment heureux à Mons et ce n'est même pas nouveau. Depuis le début de la saison dernière, il donne l'impression d'être Hennuyer contre son gré. Daré Nibombé : Evidemment. Au moment du Mondial, j'étais en pleine explosion. J'ai reçu plusieurs offres très intéressantes et j'avais envie d'essayer autre chose. J'aurais fait une très bonne affaire financière, le club aussi. Mais à cause de différents paramètres que je ne maîtrisais pas, j'ai dû rester à Mons. J'ai réussi à remettre très vite toute mon énergie sur ce club, mais je suis déçu du résultat. La saison dernière, je n'étais pas incontournable. Et cette saison, ce n'est pas beaucoup mieux. Riga a été très clair dès le début du championnat. Il avait trois défenseurs centraux spécifiques (Adriano Duarte, Roberto Mirri et moi) et j'étais son troisième choix. Il m'a expliqué qu'il ne pouvait pas se passer de Duarte, et que pour la deuxième place dans l'axe, il préférait Mirri. Il estimait que nous avions les mêmes qualités mais c'était moi qui devais sauter et attendre mon tour. Au bout du compte, je peux quand même m'estimer heureux, car pour un troisième choix, mon temps de jeu n'est pas si mauvais. Mais bon, j'espérais évidemment beaucoup plus. Depuis quelques semaines, je suis très régulièrement dans l'équipe et j'ai l'impression de revivre. J'ai retrouvé ma place au meilleur moment : quand l'équipe recommençait à enchaîner les bons résultats. Je suis conscient d'avoir participé activement à la stabilisation de la défense et c'est l'image que je garderai de cette saison. La direction a récemment levé l'option qu'elle possédait sur moi : je suis donc encore lié à Mons pour deux saisons. Mais cela ne me plaît pas. Je ne comprends pas bien cette décision car j'avais bien fait comprendre, il y a plusieurs mois déjà, que je n'avais pas envie de rester ici. Pourquoi n'a-t-on pas tenu compte de mon avis ? J'espère que tout va s'arranger. Nous discutons pour trouver une solution, pour que je redevienne libre. Je voudrais qu'on me laisse tranquille... François Zoko (24 ans) a longtemps été considéré comme la cinquième roue de la charrette parmi les attaquants du noyau. Mais il a fini par trouver ses marques et par marquer son petit quota de buts importants. François Zoko : C'est un cliché, mais la confiance y est pour beaucoup. A un moment de la saison, il y avait huit ou neuf attaquants dans le noyau, mais aucun ne parvenait à faire la différence. On ne peut quand même pas dire que nous étions tous mauvais ! Le gros problème, c'est qu'aucun ne recevait la confiance du staff et de la direction. La confiance, c'est le premier carburant des attaquants et des gardiens, encore plus que pour les autres joueurs. On vous lançait au feu, mais si vous ne marquiez pas lors des deux ou trois matches qu'on vous offrait, vous étiez à nouveau rayé. Puis, on venait vous rechercher quelques semaines plus tard parce que vos remplaçants n'avaient pas fait mieux. Résultat : tout le monde était perdu. Comment peut-on atteindre son meilleur niveau dans de telles conditions ? Le problème est le même pour tous les attaquants du monde. Si Cristiano Ronaldo sentait qu'on ne croyait pas en lui, il sombrerait aussi. Moi, je savais que je n'étais pas le premier choix au départ de la saison et je l'avais accepté. Par contre, j'ai mal vécu qu'on me retire de l'équipe après des matches où j'avais l'impression de ne pas avoir été mauvais. Au premier tour, il y avait aussi un malaise plus collectif : le reste de l'équipe ne parvenait pas souvent à offrir de bons ballons aux attaquants, et quand nous en obtenions, il y avait régulièrement une maladresse, une transversale ou un poteau pour nous empêcher de marquer. Dans ma tête, tout est clair depuis plusieurs mois et je ne m'en suis pas caché : cette saison est ma dernière à Mons. Le club a levé l'option mais ça ne changera rien : je veux partir. En deux ans ici, j'ai vécu beaucoup de choses et pas mal de situations peu agréables. Je veux passer à une autre aventure, il faut que j'avance. Je chercherai un club où on me soutiendra dans les moments difficiles. Je ne suis pas surpris que Mons m'ait prolongé mais je ne suis pas inquiet non plus parce qu'il y aura des offres. Si on ne demande pas des millions pour mon transfert, tout se fera très naturellement. Tout le monde serait gagnant dans l'histoire. Mons m'avait eu pour rien, cela ne peut pas s'oublier non plus. par pierre danvoye