Qui a répondu à notre enquête ?

n Au total, 7.418 formulaires ont été complétés par nos lecteurs.
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n Au total, 7.418 formulaires ont été complétés par nos lecteurs. n Il y a 4.903 questionnaires côté flamand et 2.515 côté francophone. n Environ 5.000 réponses nous sont parvenues via internet, le reste nous est parvenu par la poste. n Le foot est peut-être de plus en plus suivi par les femmes mais la participation à ce type d'enquête n'en reste pas moins une affaire d'hommes : 95 % des questionnaires furent complétés par ces derniers. n A peu près 52 % des répondants masculins sont âgés entre 15 et 29 ans. Pas étonnant dès lors que 35,7 % des participants sont encore étudiants. n Quasi tous les gens qui ont pris part à cette enquête sont des supporters de clubs de Division 1. Chose étonnante, ils ont aussi une équipe favorite en... Provinciales, mais pas en D2 ni en D3. n A peine 34 % des répondants se disent aussi supporter de l'équipe nationale. Il semble donc que ces deux " domaines " soient bel et bien à part. n De ce point de vue, il y a une importante différence entre la Wallonie et la Flandre : 40,9 % des Flamands ont acquis un abonnement l'été passé contre 28,5 % de Wallons. Est-ce un problème financier ? Trois francophones sur quatre estiment le football trop coûteux, un avis que ne partagent " que " deux tiers des Flamands. n Cependant, ceux qui ont participé à l'enquête sont de fidèles supporters, détenteurs d'un abonnement ou acheteurs réguliers de billets. Un sur cinq affirme assister à tous les matches de son équipe favorite, à domicile comme en déplacement. n Comment devient-on supporter ? Grâce aux amis, aux collègues, à la situation géographique du club mais d'autres paramètres entrent en compte : le niveau de jeu et le succès du club (la majorité des réponses provient de fans d'un grand club). 37 % placent le niveau de jeu en premier, 33 % mettent le succès en avant. Le confort d'un stade ne constitue l'élément décisif que pour 15 % des sondés. n Autre fait marquant : les sites web des clubs sont extrêmement populaires, y compris aux yeux de ceux qui nous ont répondu par courrier postal. Neuf lecteurs sur dix visitent le site web de leur club, plus de six sur dix jettent un coup d'£il sur le site d'autres clubs. Quatre sur dix sont abonnés à la lettre de nouvelles de leur club, deux sur dix achètent des articles de merchandising en ligne et un sur dix reçoit des sms de son club. n Résultats frappants : vous êtes satisfaits du confort dans les stades (71,4 %), de l'accessibilité et du déroulement de la vente des tickets. La communication, l'encadrement par les stewards et la sécurité ne sont plus des problèmes à vos yeux. Seule déception pour 7 répondants sur 10 : le niveau du football belge. n Nous vous avons aussi soumis une série de propositions sur lesquelles vous vous êtes prononcés. n Non, la sécurité et le confort ne vous posent pas de problème. Le souci communautaire par contre, est très vivant, surtout en Flandre, moins en Wallonie. n Malgré les excès de transferts, vous êtes majoritairement satisfaits de l'aspect offensif et de la politique des transferts. n Le thème est d'actualité, puisque Claude Bourdhouxe a récemment interrompu le match de Coupe opposant Genk à l'Olympic Charleroi à cause de chants que l'on peut qualifier de racistes. Qu'en pensent les supporters ? Ils sont 66 % à estimer qu'il a raison. Dans ces cas-là, les matches doivent être interrompus. n Claude Bourdhouxe : " Je dois d'abord préciser que je ne défendais aucune communauté en particulier lors de ce match. Cette décision, je l'aurais prise concernant des cris de singes ou des chants anti-Flamands. Il faut aussi rappeler le contexte : les joueurs de l'Olympic venaient de prendre deux buts coup sur coup. Leurs espoirs s'envolaient et on pouvait lire sur leur visage une tension grandissante suite aux chants qui leurs étaient adressés. En interrompant la rencontre, je voulais aussi éviter qu'un joueur visiteur pète les plombs et blesse sévèrement un élément de Genk avec à la clé un carton rouge. Pourquoi suis-je le seul à interrompre une rencontre ? - NDLA : Claude Bourdhouxe avait pris pareille décision lors de Charleroi- Roulers oùIzzet Akgül se faisait insulter par le public local. Je ne sais pas. Le Centre d'égalité des chances nous avait pourtant tenu un discours en début de saison sur le phénomène des chants racistes dans les stades. Mais je ne voudrais surtout pas critiquer mes collègues. Je crois que l'on n'est pas assez soutenu. Aux Pays-Bas, quand le match prend une tournure négative, il y a un chef de la sécurité qui décide d'arrêter la rencontre et/ou de la reprendre en avertissant le bourgmestre du club visité ou l'un de ses conseillers. En Belgique, on est à ce sujet abandonné par la fédération. Et pourtant, on a déjà pas mal de boulot en se concentrant uniquement sur le jeu ". Un constat évident ressort de cette enquête : vous voulez que les clubs fassent davantage confiance aux jeunes. Plus de 90 % des sondés trouvent que les clubs doivent porter plus d'attention sur le travail auprès des jeunes. Un large 80 % considère que les jeunes talents doivent recevoir plus facilement leur chance. Jean-François de Sart : " Cette enquête me réjouit énormément. Depuis que je suis à la tête des Espoirs, je ne cesse de me battre pour que l'on fasse davantage confiance aux jeunes. Le dernier Championnat d'Europe a dégagé un enthousiasme que les clubs ou que les Diables Rouges n'avaient plus su créer ces dernières années. Les gens ont aussi pu prendre conscience que du talent, on en avait, et qu'avec une bonne mentalité, on pouvait réaliser de belles choses. Il ne faut surtout pas tricher avec le public, car il est au courant de beaucoup de choses. De plus, il souhaite s'identifier aux jeunes du coin et pas à des mercenaires. Malheureusement, le chantier est encore long. Il faut agir d'urgence. Je plaide pour la réforme du championnat des Réserves par exemple. Les grands clubs doivent aussi louer leurs jeunes joueurs plus rapidement, comme Anderlecht l'a fait avec Roland Lamah. Il y a beaucoup de décisions à prendre, or ça ne semble pas être le fort de la Fédération. Il faudrait qu'un jour, l'on donne du pouvoir aux techniciens et non aux politiciens ". n Samedi dernier, le comité exécutif de l'UB a décidé de continuer avec René Vandereycken. Nous vous avons également demandé votre avis. Ce n'est pas une surprise : 82 % estiment que le sélectionneur pourrait mieux faire son travail. 46 % pensent que l'UB doit engager un autre entraîneur. Vous êtes encore plus rebutés par les prestations des joueurs : plus de 90 % d'entre vous ne sont pas satisfaits, voire pas du tout, de ce qu'ils montrent sur le terrain. Où se situe le problème ? Votre jugement est nuancé : - La politique de sélection arrive légèrement en tête (59,7 %) devant le choix de l'entraîneur. Il est intéressant de constater que du côté francophone, c'est le coach qui est la principale cause de tous les maux (77,3 %). En Flandre, on est moins critique avec René puisqu'ils ne sont que 50 % à l'estimer néfaste. Que regarde en priorité le public belge en dehors de notre compétition ? Là aussi, on note des différences entre le nord et le sud du pays. En Flandre, c'est la Ligue des Champions qui récolte le plus de suffrages. Côté francophone, c'est (étonnamment) la Bundesliga qui arrive en tête devant la Ligue des Champions. Sérieux problème d'image n L'enquête met en avant l'énorme problème d'image de notre football n Jean-Michel De Waele, professeur en sciences politiques à l'ULB et responsable du Groupe d'étude pluridisciplinaire Sport et Société (le GEPSS) : " Je comprends tout à fait la réaction des lecteurs. D'une part, parce que je suis conscient, comme eux, que le dopage existe, tout comme la corruption, l'argent noir, etc. D'autre part, parce que quand l'institution, c'est-à-dire l'Union Belge, est en crise comme elle l'est actuellement, cela conforte les gens dans leur analyse négative. Les dernières histoires en date, comme l'affaire des passeports au Kazakhstan, indiquent une forme d'incompétence de l'Union Belge qui ne fait qu'alourdir le climat ambiant. Je note aussi que le milieu du foot est rempli de non-dits, que ce soit parmi les joueurs, dirigeants ou journalistes. Dernièrement, lors d'une interview de Trond Sollied parue dans Sport/Foot Magazine, l'entraîneur sous-entendait à travers son parcours à l'étranger l'existence de la corruption, des affaires, etc. Mais toujours de manière déguisée. On peut établir un parallèle avec l'affaire Dutroux : quand le juge Connerotte a déclaré si on me laisse faire..., il sous-entendait qu'on l'empêchait d'agir à sa guise. En Belgique, on est peut-être plus dur avec le football " moderne " à cause de l'absence de résultats. Ailleurs, la légitimité s'acquiert par les prestations ; on se dit que c'est le prix à payer ". n Les clubs ont cependant enregistré une hausse de l'assistance. Cet élément ressort aussi de l'enquête : ce problème d'image n'empêche absolument pas les supporters d'aller au stade. Même les retransmissions en direct ne constituent pas d'obstacle. n De Waele : " Il faut nuancer quelque peu cette vision négative : l'assistance dans les stades augmente, on joue mal à Bruges, à Anderlecht et pourtant, c'est sold-out à chaque fois. Le foot belge continue à alimenter les débats, mais le public est loin d'être idiot. Les politiciens ont tendance à se moquer du citoyen, à croire qu'il n'est pas apte à comprendre l'actualité, à analyser les enjeux. En football, c'est pareil les dirigeants, les entraîneurs sous-estiment leur public. Votre enquête démontre que les gens ont assez de bon sens... " Les coaches sont portés aux nues, du moins lors de leur embauche. Maudits soient-ils quand ils connaissent quelques mauvais résultats. Le jour de leur signature, ils ont déjà un pied dehors. Vous êtes (presque) unanimes : les coaches sont les boucs émissaires lors de mauvais résultats et sont remerciés bien trop rapidement. lpar thomas bricmont, peter t'kint et frederic vanheule