C'est comme si Patrick Decuyper, le CEO de Zulte Waregem, vivait sur une autre planète, un monde régi par d'autres lois, d'autres normes. En pensant out of the box, comme il aime à le dire, il a érigé un empire de panneaux solaires qui serait en train de péricliter. Il essaie aussi de faire son chemin en football, en arpentant de nouveaux sentiers. Juste après que Zulte Waregem a couronné une saison mémorable par une deuxième place, on a découvert qu'il avait l'intention de faire déménager le club à Anvers. La colère des supporters a été terrible et la fête populaire s'est muée en révolution. Decuyper a très mal estimé la réaction des supporters et il a rapidement changé son fusil d'épaule mais les cicatrices sont restées, surtout chez l'entraîneur, Francky Dury, qui n'entretient pas p...

C'est comme si Patrick Decuyper, le CEO de Zulte Waregem, vivait sur une autre planète, un monde régi par d'autres lois, d'autres normes. En pensant out of the box, comme il aime à le dire, il a érigé un empire de panneaux solaires qui serait en train de péricliter. Il essaie aussi de faire son chemin en football, en arpentant de nouveaux sentiers. Juste après que Zulte Waregem a couronné une saison mémorable par une deuxième place, on a découvert qu'il avait l'intention de faire déménager le club à Anvers. La colère des supporters a été terrible et la fête populaire s'est muée en révolution. Decuyper a très mal estimé la réaction des supporters et il a rapidement changé son fusil d'épaule mais les cicatrices sont restées, surtout chez l'entraîneur, Francky Dury, qui n'entretient pas précisément d'étroites relations avec Decuyper. Qu'est-il passé par la tête de l'homme d'affaires pour se laisser prendre en otage par John Bico, l'agent de Thorgan Hazard, afin de conserver celui-ci au Gaverbeek ? Le frère d'Eden devait notamment porter le brassard de capitaine et opérer dans l'axe de l'entrejeu. Patrick Decuyper a accepté. Il n'a pas songé aux réactions de son noyau ni au choc que ça allait déclencher, à moins qu'il s'en moque. Il fut un temps où le SV Waregem était un club tranquille, convivial. Il ne reste plus grand-chose de cette image. La froideur du commerce et des informations erronées écornent l'authenticité du club car la manière dont il communique est aussi grave que le pénible feuilleton qui nous est une fois de plus servi. Selon le communiqué de presse officiel, la décision de donner le brassard à Thorgan Hazard était soutenue par tout le club, y compris par le capitaine habituel, Davy De Fauw. On a rarement vu un message aussi hypocrite. À peine douze heures plus tard, le groupe se distanciait de ce communiqué et Francky Dury n'apparaissait pas à la conférence de presse hebdomadaire. C'est déconcertant : Patrick Decuyper, qui ne tire manifestement de leçons de rien, a mis son club sous les feux des projecteurs durant l'été, sous le regard passif des autres membres de la direction. Au lieu de se donner la carte rouge, Decuyper a tenté de se blanchir en parlant d'une mauvaise communication à la presse. Entre-temps, il a rappelé qu'il appartenait à Dury de communiquer le changement de capitaine. Il a d'ailleurs fait savoir à son entraîneur, par recommandé, qu'il devrait répondre de ses actes devant le conseil d'administration et l'a contraint à se taire. Le sommet de l'impudence. Il est étrange qu'un homme aussi à cheval sur les principes que Francky Dury accepte tout cela. Naturellement, dans de telles circonstances, il faut être très fort pour démissionner et Dury sait qu'il jouerait ainsi le jeu de Decuyper. En outre, il donnerait l'impression de laisser tomber le groupe. Pourtant, l'entraîneur fait maintenant figure de marionnette aux mains d'un manager. Le fait que Thorgan Hazard ait rendu le brassard entre-temps, sous l'influence de dieu sait qui ou quoi, n'y change rien. Francky Dury va traîner cette affaire tout le reste de la saison. Il est impossible, désormais, de le réconcilier avec Patrick Decuyper. Sans doute n'était-il pas raisonnable de la part de l'entraîneur, même sous pression, d'attendre le matin du match au PSV pour faire part de l'exigence de John Bico, mais on ne peut pas prouver que c'est la cause de l'énorme différence de classe entre les deux équipes, même s'il est frappant que Zulte Waregem, d'habitude si discipliné, ait fait preuve de laxisme dans les duels et ait joué trop loin des hommes à tenir. Maintenant, Patrick Decuyper espère que la victoire volée samedi contre Courtrai rétablira le calme. C'est là penser à court terme. La réalité, c'est que la crédibilité de Patrick Decuyper est en lambeaux. Il en est le seul coupable. Les grands dirigeants prennent leurs responsabilités au lieu de les imputer aux autres. ?PAR JACQUES SYSFrancky Dury accepte tout. C'est étrange.