Marcel Javaux (54 ans) a sifflé durant 11 saisons sur tous les terrains de l'élite belge. Ce policier dirigeait ses matches comme on mène une bonne enquête : en arrêtant les agresseurs du football.
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Marcel Javaux (54 ans) a sifflé durant 11 saisons sur tous les terrains de l'élite belge. Ce policier dirigeait ses matches comme on mène une bonne enquête : en arrêtant les agresseurs du football.Six-planes est un hameau qui fait partie de Bièvre, " une commune à vivre " comme l'affirme un slogan, administré par un jeune député-bourgmestre que Marcel Javaux connaît : David Clarinval. Cet écrin de verdure se situe le long de la Semois. A l'écart des grands axes, à la frontière des provinces de Namur et de Luxembourg, pas loin de la France, Six-planes est le royaume des randonneurs. La terrasse de sa maison donne sur un vallon où paissent des bovins. Marcel et son épouse, Josette, qui ont une fille ( Nathalie, restée à Bruxelles) sont originaires du coin. Mais, pour les obligations de son métier, Marcel et les siens ont longtemps vécu dans la capitale. L'atmosphère trépidante de la ville et le décès de son père ont incité Marcel à s'installer définitivement à Six-planes où il passait régulièrement ses week-ends. Il a échangé ses missions administratives dans la capitale pour assumer les tâches de la police de proximité à Paliseul. Les événements de la vie ont ravivé la foi religieuse de cet ancien élève des Frères Maristes. Il fait partie d'une chorale, répète en semaine et chante durant l'office religieux. Assister à la messe tous les dimanches est important pour lui. Après le recueillement, les amis prennent un pot sans chichis. De l'Orval sans excès, pour sceller les amitiés. Exemple : après avoir rendu service à un de ses potes, Marcel qui ne demandait rien en retour a reçu du bois de chauffe pour tout l'hiver. Il n'y a pas longtemps, Marcel et Josette, qui fêtait son anniversaire, ont assisté à un concert d' Hugues Aufray à Marche. Ils ont pu approcher la star et discuter avec elle. Un miracle dû à Roger, concierge du Wex local. Son Ardenne, c'est pas le pays de la frime, c'est la vie comme elle va avec son cortège de gens simples et chaleureux. Les débuts de Marcel sur les plateaux de télé datent de Saké soirée durant la Coupe du Monde 2002 ( RTBF). Marc Delire, qui d'après Marcel est " très fort ", avait songé à lui pour apporter du " parler vrai dans les débats. Plus tard, Michel Lecomte pensa à ce costaud pour remplacer Michel Piraux dans l'aréopage de Studio 1-La Tribune. Un bon choix et une amitié sincère est née entre Lecomte et Javaux. Cela déménage quand Marcel est au balcon avec Benjamin Deceuninck, un " grand talent comme c'est le cas d'autres jeunes des écrans télévisés : Mathieu Istasse, Vincenzo Ciuro, Olivier Gaspard, etc. ". Les piliers de ce talk show sont ses potes. A la radio, il entretient de bonnes relations avec Erik Libois et Manu Jous entre autres. Il ne cache pas son estime pour Benoît Thans qui lui téléphone souvent, Pad'r, Karl Huybrechts, etc. Marcel a rangé Bernard Jeunejean, chroniqueur à Sport/Foot Magazine, parmi les gens qu il apprécie mais ne le voit pas assez souvent. Comme lui, Jeunejean est un Ardennais. Pour eux, le respect est une valeur essentielle. Vedette aujourd'hui, il ne ferait pas une maladie si on ne l'invitait plus à la télé. Il passerait une soirée de plus chez lui ou à l'ES Villance avec un Orval à portée de la main. Son dos le torture trop pour pratiquer assidûment l'un ou l'autre sport. L'ordinateur est toujours allumé chez Marcel. Il surfe sur pas mal de sites d'informations et est présent sur Facebook. Il ne compte pas moins de 3.500 amis et les messages tombent de partout quand il félicite Anderlecht, le Standard et le Club Bruges pour leurs récents résultats européens. Marcel élimine les amis trop braqués politiquement ou qui ne respectent qu'un club, le leur. Facebook lui permettra aussi de meubler les longues soirées d'hiver quand, dans deux ans, il aura pris sa retraite à la police. Son portable regorge de numéros de téléphone qu'il apprécie : Steve Dugardein, Enzo Scifo, Marco Casto, Walter Baseggio, Mbo Mpenza, Bertrand Crasson, Marlène Boonen, la maman de François Sterchele, Edhem Sljivo qu'il a encore arbitré et qu'il retrouvera bientôt avec plaisir lors du Challenge Sljivo à Marche. Marcel a accepté de présider l'Entente Sportive de Villance (Matricule 7582, 3PC luxembourgeoise) afin d'aider des bénévoles à bout de souffle. L'ancien patron de la maison, Petit Lou, était heureux de voir arriver des forces vives. Marcel a prôné un recrutement régional : les joueurs habitent dans un rayon de 7 à 8 kilomètres. Une victoire rapporte 5 euros tout de suite investis dans une cagnotte pour les prochaines tournées. Luc Bossart, le coach, est heureux d'accueillir les amis de Marcel qui, comme Stéphane Pauwels, redécouvrent, à l'occasion, le foot d'en bas. Là-bas, Marcel croise régulièrement Thierry Siquet, le coach de Bertrix, et Guy François, le manager de ce club ambitieux de Promotion D. Frédéric Jacquemart, coach de Bièvre, fait partie du cercle de ses amis comme Yves Lemaire, le président du Lorrain Arlon. Marcel se multiplie pour avoir plus de sponsoring, mise sur le tissu régional, est aidé par Joseph Bonfond (société TRTC, ex-joueur de Verviers) qui l'invite de temps en temps dans sa loge au Standard. Henrik Cop (société Semat, dont la famille se soucia naguère de Tilleur et de Liège) et Germain Sorée, le président de Bertrix, le soutiennent aussi. Il tient plus à ces amitiés sincères qu'à ceux qui l'ont largué depuis qu'il a tiré un trait sur la Commission centrale d'arbitrage. Certains l'ont renié, d'autres ont " perdu " son numéro de portable. Marcel n'en est pas malade. Il a encore régulièrement des échanges avec Guy Goethals, Alex Ponnet et Jean-Claude Jourquin ; envoie des sms à Frank De Bleeckere et Jérôme Nzolo. Il adore croiser Ariel Jacobs, un coach qu'il apprécie beaucoup tout comme un ancien joueur du Standard et de La Louvière chez qui il se rend lors de ses passages à Liège : Gigi Govaert. Marcel a rencontré Justine Henin pour la première fois sur le plateau de Studio 1. Le courant est passé avec la championne et Carlos Rodriguez, son coach. Il connaissait Jean-Paul Henin, l'oncle de Justine, ancien président de la JS Rochefort et restaurateur à Han-sur-Lesse, qui l'invita à l'anniversaire de la tenniswomen. Ce fut un grand moment et Marcel arbitra un match de football... Anderlecht-Standard, les deux équipes étant uniquement composées de membre de la famille Henin. Justine portait un maillot mauve. Ils se sont encore revus lors du mariage de Guillaume, un cousin de Justine. par pierre bilic/ photos reporters