Aimé Anthuenis a 66 ans. Il a entraîné Lokeren (1985-87, 1988-93 et 2005-06), Charleroi (1987-88), le Germinal Ekeren (1993-94), Waregem (1994-95), Genk (1995-99), Anderlecht (1999-02), les Diables Rouges (2002-05) et le Germinal Beerschot (2006-08). Il a pris congé des Anversois après 5 journées le 31 août passé.
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Aimé Anthuenis a 66 ans. Il a entraîné Lokeren (1985-87, 1988-93 et 2005-06), Charleroi (1987-88), le Germinal Ekeren (1993-94), Waregem (1994-95), Genk (1995-99), Anderlecht (1999-02), les Diables Rouges (2002-05) et le Germinal Beerschot (2006-08). Il a pris congé des Anversois après 5 journées le 31 août passé.Certains vouent toujours une profonde reconnaissance envers Anthuenis, en raison de l'impact qu'il a eu sur leur carrière. En tête de liste, on mentionnera Branko Strupar qui, à Genk, n'hésitait pas à parler de son mentor en termes de " papa ". Aujourd'hui encore, le Belgo-Croate vient régulièrement aux nouvelles, même s'il est retourné depuis belle lurette dans son pays d'origine. Idem avec Alin Stoica. Au départ, on se souviendra que la cohabitation n'était pas des plus harmonieuses. En cause, un match contre La Gantoise où Anthuenis avait fait monter le jeune Roumain en fin de partie avant de le remplacer à un fifrelin du terme, sous prétexte qu'il n'en faisait qu'à sa tête. La sanction avait eu du bon car quelques jours plus tard, lors de la visite du Dynamo Kiev au Parc Astrid en Champions League, le natif de Bucarest joua un match de toute beauté, probablement le meilleur sous la casaque anderlechtoise. Le Sporting l'emporta 4-2, avec un but du Roumain. Par après, il allait contribuer grandement à la campagne héroïque des Mauves qui, durant cette même Ligue des Champions 2000-01, se payèrent le scalp de Manchester Utd, de la Lazio et du Real Madrid ! Si Lokeren constitue toujours une terre d'accueil pour bon nombre de footballeurs africains, Anthuenis n'y est pas totalement étranger. Au beau milieu des eighties, c'est à son instigation que Stephen Keshi avait rallié les bords de la Durme. Ce fut un coup dans le mille car celui qui était alors le capitaine des Super Eagles nigérians allait contribuer à la montée en puissance de la phalange waeslandienne avant de donner la pleine mesure de son talent au RSCA. Kesh montra la voie à suivre à quelques autres compatriotes, pour qui les Coalisés serviraient plus tard de tremplin. Comme John Etim Esin et Samson Siasia. Quand ce dernier était en charge des U20 de son pays, il profita même des Championnats du Monde de cette catégorie, aux Pays-Bas, en 2008, pour effectuer une visite à son ex-entraîneur. Et Kesh avait agi de même avec lui lorsqu'il fut nommé à la tête du Togo en 2005. Anthuenis a également tissé des liens solides avec deux attaquants guinéens : Souleymane Youla et, surtout, Souleymane Oulare, qu'il a connu à Genk. Au fil des ans, on ne compte d'ailleurs plus les joueurs d'origine africaine à qui il a accordé une première chance. Comme l'Ivoirien Aruna Dindane à Anderlecht ou le Congolais Bavon Tshibuabua au début de la présente campagne au Germinal Beerschot. En 25 ans de carrière au sommet, AiméAnthuenis a côtoyé bon nombre de coaches et a le plus d'atomes crochus avec ceux de sa génération, notamment Robert Waseige. Au début des années 80, quand le Liégeois officiait à Lokeren, c'est notre homme qui s'occupait du scouting de l'adversaire. Après être passé de l'autre côté de la barrière, la complicité et le respect sont restés. Seul regret d'Aimé : le métier d'entraîneur est à ce point absorbant que l'occasion de partager ensemble une bonne table, comme c'était le cas à Daknam, n'a jamais été chose aisée. Heureusement, les médias sont souvent venus à leur rescousse suite à des demandes d'interviews communes, où ils avaient alors l'opportunité de se retrouver. Mêmes remarques pour Georges Leekens, une autre vieille connaissance. L'équipe nationale, dont ils ont tous assumé la direction, a aussi été un facteur de rapprochement. Son frère, Georges, a été attiré dès son plus jeune âge par la politique et a longtemps officié comme bourgmestre à Lokeren avant de céder le témoin à son fils, Filip. Le fameux bal annuel du VLD y est une institution où AA a appris à connaître quelques célébrités comme Guy Verhofstadt ou Herman De Croo. Lors de ses années anderlechtoises, d'autres noms se sont ajoutés. A l'image de Guy Vanhengel, Etienne Davignon et Jos Chabert. Lors de ses missions, à l'étranger ou en Belgique, Anthuenis a souvent vu les mêmes têtes. Au point de sympathiser avec des Urbain Haesaert, actif à l'Ajax Amsterdam aujourd'hui après une longue carrière dans le coaching chez nous, ou encore Piet De Visser, longtemps recruteur pour le PSV avant de bifurquer vers Chelsea. En Afrique, l'un de ses interlocuteurs favoris est Karel Brocken, le responsable de la Feyenoord Tetteh Academy au Ghana. Par son intermédiaire, il s'en était d'ailleurs fallu de peu que le Lokerenois ne réalise un vieux rêve : celui de coacher une équipe africaine, les Black Stars locales. Mais c'est le Serbe Milovan Ravejac qui avait en définitive enlevé le morceau. Dommage, sans quoi on aurait peut-être retrouvé un Belge en finale de la CAN ! Plusieurs de ses joueurs ont poursuivi leur route dans le football comme Dimitri Mbuyu, devenu conseiller sportif à Mons, d' Angelo Nijskens et Yves Vanderhaeghe, respectivement scout et T2 à Courtrai, et de Raymond Mommens, qui s'occupe du recrutement à Charleroi. C'est l'ancien international qui avait chaudement recommandé au Mambourg l'entraîneur qu'il avait eu à Lokeren. S'il n'y resta qu'un an, Anthuenis garde à jamais le souvenir de deux hommes qui l'ont marqué chez les Zèbres : feu Jean- Pol Spaute et son bras droit, Gaston Colson. par bruno govers