Le roi a tout éclipsé. Huit médailles d'or et un record pour Michael Phelps. Voilà ce que l'on retiendra de ses Jeux. Ne cherchez plus. Après deux jours, on avait déjà sacré le roi de Pékin. Mais qui sera sa reine ? Elles se bousculent au portillon. Toutes ont brillé de mille feux mais on ne leur pas a donné autant d'éclat. Certaines ont déçu. Natalie Coughlin, celle qu'on a longtemps considérée comme le pendant féminin de Phelps, repart avec six médailles mais a échoué au pied de la plus haute marche à plusieurs reprises. Certaines s'inscrivent dans une performance de groupe. Les Jamaïcaines ont marqué le sprint mais ni Shelly-Anne Fraser, ni Veronica Campbell-Brown, n'ont réalisé le doublé. On a donc retenu cinq candidates.
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Le roi a tout éclipsé. Huit médailles d'or et un record pour Michael Phelps. Voilà ce que l'on retiendra de ses Jeux. Ne cherchez plus. Après deux jours, on avait déjà sacré le roi de Pékin. Mais qui sera sa reine ? Elles se bousculent au portillon. Toutes ont brillé de mille feux mais on ne leur pas a donné autant d'éclat. Certaines ont déçu. Natalie Coughlin, celle qu'on a longtemps considérée comme le pendant féminin de Phelps, repart avec six médailles mais a échoué au pied de la plus haute marche à plusieurs reprises. Certaines s'inscrivent dans une performance de groupe. Les Jamaïcaines ont marqué le sprint mais ni Shelly-Anne Fraser, ni Veronica Campbell-Brown, n'ont réalisé le doublé. On a donc retenu cinq candidates. Ils n'étaient venus que pour voir Phelps égaler le record de Mark Spitz en gagnant sa 7e médaille. Et ils ont finalement aperçu un autre phénomène, ce vendredi-là, dans le Water Cube de Pékin. Les Chinois sont repartis avec en tête l'image de cette grande blonde sympathique, toute contente de les rendre heureux. Et cerise sur le gâteau, elle leur a offert le plus vieux record de la natation, celui de l'Américaine Janet Evans sur 800 m nage libre (8 : 16.22) qui commençait à se transformer en sujet de mythification. Comme fut considéré longtemps, celui de Bob Beamon à la longueur. Une sorte de nirvana éternel. Et voilà qu'une petite Anglaise de 19 ans, au nez crochu et à la chevelure blonde, le pulvérise en 8 : 14.10. Il tenait depuis 1989 et constituait, pour ce sport où les records tombent comme des mouches, la dernière réplique du millénaire passé. Rebecca Adlington est passée par là. Quelques jours après une première médaille d'or sur 400 m (ce qui constituait pour la Grande Bretagne le premier titre olympique en natation féminine depuis 1960), elle récidivait, s'appropriant un doublé 400-800 m et rejoignant dans la légende Evans (1988) et Brooke Bennett (2000). " La performance de Rebecca la place parmi les meilleures nageuses ", se félicitait son entraîneur Bill Furniss. Rapide (sur 800 m, elle a nagé les 100 premiers mètres en réalisant le temps de Johnny Weismuller) et technique, elle incarne la parfaite combinaison d'une nageuse de demi-fond. Cependant, ne comptez pas sur elle pour vous tendre la main lors du naufrage de votre bateau. Elle déteste la mer. " J'ai peur de la grande bleue. Je suis pétrifiée. Pour moi, c'est l'inconnu. Je ne peux pas voir un poisson. Je n'en mange d'ailleurs pas. Je ne supporte pas ne pas savoir ce qu'il y a en dessous de moi. " La nageuse de Mansfield, dont le père est co-propriétaire d'une aciérie et qui a commencé la natation à l'âge de 4 ans, devra désormais gérer la pression de tout un peuple qui l'a déjà désignée ambassadrice pour Londres 2012. " Je lui ai dit que sa vie allait changer et qu'elle devait garder en mémoire, durant les quatre prochaines années, que c'est la performance qui prime avant tout ", ajoute son coach. Si elle avait réalisé le même exploit dans la catégorie masculine, on lui aurait construit une statue, à l'égale de celles que l'on a déjà taillées pour Alexander Popov ou Pieter van den Hoogenband. L'Allemande Britta Steffen, dont les yeux pétillent de malice et dont la chevelure blonde lui donne un faux air de Bridget Jones (en sportive), a réalisé le doublé (50-100 m nage libre) mais voilà, c'est une femme. Ce jour-là, elle s'est faite toute petite, à l'ombre de la vétérane Dara Torres. A 41 ans, l'Américaine pouvait marquer les Jeux. Le genre d'histoire dont raffole le public. Mais Torres a plié face à Steffen, toute gênée de lui avoir volé la vedette. Elle ne manque pourtant pas de lettres de noblesse comme ce record du monde sur 100 m nage libre (53.30) dès 2006 (depuis lors, elle a été dépossédée de son bien). Et puis ? Plus grand-chose. " Je suis atteinte de la phobie de gagner. A tel point que je demandais à mon entraîneur de ne plus me parler de mes concurrentes, Libby Lenton ou Natalie Coughlin ", explique-t-elle. Mais le psychologue de l'ancienne championne Franziska Van Almsick est passé par là. Et le moins que l'on puisse écrire, c'est qu'il a réussi à la remettre sur les rails. " C'est une consécration tardive ", explique Cai Tore Philippsen, journaliste au Frankfurter Allgemeine Zeitung. " Steffen était une des meilleures nageuses lorsqu'elle évoluait chez les juniores mais son passage chez les pros fut laborieux. La succession de Van Almsick était trop lourde à porter. " Elle a alors profité de la vie. " Je voulais me construire comme être humain. Et je savais que mon rêve de nageuse renaîtrait un jour. Je suis revenue à la natation lorsque j'étais prête ", avance-t-elle aujourd'hui. L'Allemagne a donc retrouvé, en natation, une médaille qui la fuyait depuis 1992. Grâce à celle qui vit dans la région la plus pauvre de l'ex-Allemagne de l'Est, à Schwedt, là où elle ne bénéficie que d'une bourse de 400 euros par mois. " Largement suffisant car à l'université, les chèques repas ne coûtent que trois euros par jour. "Elle était arrivée à Pékin avec une étiquette sulfureuse. Bien loin de l'image de la sportive concentrée sur son sport, Stephanie Rice avait choqué son pays, l'Australie, en mettant sur Facebook des photos (assez sexy) d'elle en tenue de policière lors d'une fête avec des amis. Rien de bien grave en somme. Mais ces photos ont fait exploser internet (le journal australien le Daily Telegraph n'avait jamais connu autant de connexions pour des photos). Dans son pays, Rice est une star : sans doute grâce à son joli minois mais aussi grâce à sa relation (aujourd'hui terminée) avec le nageur Eamon Sullivan, rival d' Alain Bernard sur le 100m nage libre. " Je suis désormais la fille qui a mis des photos sur Facebook. Pas celle qui fait des performances en natation ", se lamentait-elle avant le début des JO. Et pour le coup, elle a remis les pendules à l'heure. Sur le plot de départ, les Chinois n'avaient d'yeux que pour sa rivale, l'Américaine Katie Hoff. En fin de compte, c'est la sulfureuse qui l'a emporté. Et pas une fois mais deux. Coup double : 200 et 400 m 4 nages, comme l'Ukrainienne Yana Klochkova en 2000 et 2004. Et cerise sur le gâteau (mais cela en devient banal en natation) : deux records du monde. Circulez, il n'y a plus rien à voir, la policière a fait le tri. Elle aurait pu constituer la perdante de ces Jeux. De la trempe de celles qui sont présentes sur tous les podiums sans jamais parvenir à grimper sur la plus haute marche. Mais les Jeux finissent toujours par consacrer les courtisanes les plus persévérantes. Comme Merlene Ottey. Comme Kirsty Coventry. Argent sur 100 m dos, argent sur 200 m 4 nages, argent sur 400 m 4 nages. Le Zimbabwe n'y croyait plus. Il a fallu attendre sa dernière course. Le 200 m dos, sa distance de prédilection qui l'avait vu, en février, au tout début des nouvelles combinaisons, s'approprier le vieux record du monde de 1991 de la Hongroise Kristina Egerszegi. Il a fallu attendre le vendredi et sortir le grand jeu. Pas tant que cela finalement puisque cette Blanche au pays du dictateur Robert Mugabe a dominé cette finale de la tête au pied. Une fois sa course terminée, son visage paisible dont les yeux reflètent si bien le bleu de la piscine, a pu s'illuminer d'un bonheur auquel elle n'osait plus trop croire. Quatre médailles et un titre qu'elle prolonge (puisqu'elle avait déjà été sacrée sur cette distance à Athènes). De quoi faire sourire son pays : " Le Zimbabwe ne va pas bien. J'en profite pour porter fièrement les couleurs de mon pays et pour le mettre un peu sous les projecteurs ", avait-elle déjà déclaré, il y a deux ans lors des championnats du monde de Manchester. Dans l'eau comme dans la vie, Coventry est une fille engagée. " Le pays doit changer ", a-t-elle notamment affirmé à Pékin " Mais on doit croire en nos rêves ". Depuis Athènes, celle qui a émigré aux Etats-Unis porte tous les espoirs du Zimbabwe, pays qui l'avait surnommé Threemedals après ses trois médailles en Grèce. Il faudra désormais l'appeler Fourmedals. On l'avait découverte par son exubérance. Elle faisait plaisir à voir, une fois sa première médaille en poche. Et puis, cela est devenu une habitude de la voir gagner. Elle enfile les records comme Serguei Bubka en son temps. Mais, on continue à l'aimer. Car, elle déborde d'émotion. Il suffisait de voir sa joie lors de son record du monde à 5,05m ou ses larmes sur le podium du saut à la perche féminine pour se rendre compte que la Russe Yelena Isinbayeva a quelque chose de spécial, quelque chose de magnétique. On ne s'en lasse pas. Malgré le manque de concurrence, elle ne se relâche pas pour autant, chassant toujours les records du monde. Comme à Rome en juillet (5,03m), puis à Monaco quinze jours plus tard ou à Pékin ces derniers jours. Pourtant, cela faisait trois ans qu'elle n'avait plus battu de records. " Pour nous, c'est devenu la tsarine. Elle est dans un stade comme dans la vie : passionnée et spontanée ", explique Dimitryy Andreev, journaliste à 24, un site internet russe. " Cependant, en 2005, on la sentait un peu lasse. Son changement d'entraîneur ( NDLR : Elle est désormais sous la coupe de l'ancien mentor de Bubka, Vitaly Petrov) lui a fait du bien. Désormais, elle se partage entre Monaco et Donetsk. Petrov a privilégié le travail par phases. En 2006, il s'est occupé de sa course d'élan et en 2007 de son impulsion. Elle a digéré son déménagement et s'est émancipée de sa famille (un père plombier et une mère caissière de magasin) et vise désormais le nombre de records du monde de Bubka. ". Elle est à 25. Lui en a battu 35. l par stéphane vande velde