Deux extases en moins d'un mois. Dans un stade de foot. Je crois rêver. Ça m'est pourtant arrivé. Y a 15 jours, je vous parlais de la partie d'échecs que fut le derby de Manchester. Une fascinante réflexion de coaches parfaitement appliquée par les pions. Au final, personne mat. Seulement moi, maté par la triste beauté tactique. Ma deuxième extase s'est passée chez nous. Et si ! Chez les nouveaux " Rois de Belgique devenus p'tits Princes d'Europe ". J'étais à Gand. Donc normal d'assister à une leçon de foot. Moins normal que ce soient les visiteurs qui la donnent.
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Deux extases en moins d'un mois. Dans un stade de foot. Je crois rêver. Ça m'est pourtant arrivé. Y a 15 jours, je vous parlais de la partie d'échecs que fut le derby de Manchester. Une fascinante réflexion de coaches parfaitement appliquée par les pions. Au final, personne mat. Seulement moi, maté par la triste beauté tactique. Ma deuxième extase s'est passée chez nous. Et si ! Chez les nouveaux " Rois de Belgique devenus p'tits Princes d'Europe ". J'étais à Gand. Donc normal d'assister à une leçon de foot. Moins normal que ce soient les visiteurs qui la donnent. Signée Z comme... Zèbres, paraphée M non pas le Maudit mais M le Mazzu béni par l'osmose entre le discours et la méthode. Même sentiment qu'à Manchester, celui d'assister à l'application parfaite de ce qu'avait demandé l'entraîneur. Du tableau noir à la pelouse verte, un galop de gala répété par les équidés zélés. L'essentiel, c'est d'être " at the place to be ".Hein et Felice semblent être à la bonne place. Celle qui leur permet de rayonner tout en faisant vivre la maison qui les accueille. Deux hommes en recherche de stabilité mais qui, auto-bluffés par leurs compétences, se mettent sans doute à rêver d'ailleurs. Etre là au bon moment, DavidMoyes en a rêvé aussi. Mais ses rêves sont devenus cauchemars dans le théâtre des rêves d'Old Trafford. Même pas une année passée sous le silence assourdissant de Sir Alex. Parti mais sans laisser de place. Moyes part en Liga pour en retrouver une. Sauf que le silence fut tout aussi assourdissant sur la côte basque. Même pas une année de rédemption. 364 jours pour se voir signifier que les oreilles et la queue, c'est lui, qui entre les jambes, devra les trimballer jusqu'au domicile familial. Pas bien loin d'Everton où sa famille footballistique avait fait de lui un matador. La Real Sociedad fut aussi " The wrong place at the wrong time ". Mais sa sortie fut assortie de classe de la part du club. Après la défaite à Las Palmas, la direction décide de le virer mais la décision ne sera communiquée que trois jours plus tard. Le temps, pour Moyes, de revenir au Pays Basque après avoir passé le week-end à fêter l'anniversaire de sa fille. Les dirigeants voulaient le lui dire en face avant de le divulguer à la face du monde. Un soupçon de classe dans ce monde de brutes. Un monde où les entraîneurs passent de tout à rien, au mieux. De rien à rien, au pire. Un grand entraîneur est celui qui transforme les incertitudes en certitudes. JoséMourinho a été le plus grand réducteur d'incertitudes de la profession. Il ne l'est plus à force de n'être certain que de lui. A force de se croire au-dessus de tout et de tous. Il s'est même cru plus fort que le football et les footballeurs. Erreur. A la fin, ce sont toujours les joueurs qui décident. Il se retrouve sans réponse face aux questions qu'il a initiées. Pourquoi humilier JohnTerry ? Un joueur loyal que Mourinho avait, avant ce 19 août, titularisé 179 fois sans jamais le remplacer. Pour la 180e, il sort son capitaine à la mi-temps à Man City. Histoire de pointer du doigt son taulier. On a déjà vu plus subtil pour débuter une saison. C'est le début de : " C'est leur faute, pas la mienne ".Pourquoi accuser publiquement EdenHazard de ne pas jouer pour le collectif ? Eden ne défend pas moins ni plus qu'avant. Eden est exactement le même joueur. Sauf qu'il est cramé. La question n'est pas pourquoi Eden joue moins bien. Mais comment a-t-il fait pour jouer aussi bien depuis tant de temps. Mourinho le sait mieux que personne mais il le balance aussi. Et là, grosse erreur. Il a cassé le jouet d'Eden. Un jouet nommé plaisir. De jouer. L'insouciance est une de ses qualités. Le cynisme de José l'a ramené à la réalité. Il n'en avait pas envie. Une certitude que Mourinho vient de transformer en incertitude. Les doutes, un grand coach doit les gérer. Pas les générer. A moins d'être un " Banal One ". PAR FREDERIC WASEIGE