Il y a huit mois, quand la Commission d'éthique du football professionnel fut portée sur les fonts baptismaux, Stéphane Pauwels avait déclaré à Studio1-La Tribune que " cela n'irait pas loin avec deux journalistes parmi ses six membres ". La réalité a démontré le contraire. Les deux représentants de la presse, François Collin et Christian Carette, ont sauvé cette commission. Sans eux, elle serait déjà morte. Mais le foot pro a-t-il envie d'une autorité morale ? La question mérite d'être posée après ...

Il y a huit mois, quand la Commission d'éthique du football professionnel fut portée sur les fonts baptismaux, Stéphane Pauwels avait déclaré à Studio1-La Tribune que " cela n'irait pas loin avec deux journalistes parmi ses six membres ". La réalité a démontré le contraire. Les deux représentants de la presse, François Collin et Christian Carette, ont sauvé cette commission. Sans eux, elle serait déjà morte. Mais le foot pro a-t-il envie d'une autorité morale ? La question mérite d'être posée après la démission du président, Alex Ponnet. L'ex-arbitre était démotivé et ne s'était plus manifesté depuis des mois. Le Bruxellois estimait probablement que cette initiative était vouée à l'échec en raison de l'absence de tout moyen répressif. Pourtant, vendredi passé, cette commission a fait £uvre utile. Elle a convoqué la direction du Lierse à la suite de l'attitude raciste d'une partie de son public. Indiqué du doigt par la commission, ce club a réagi, organisé des actions auprès de ses supporters. La réflexion et l'attitude du Lierse ont été intéressantes. Et tout cela s'est fait sans sanction. Les médias en parlent et constituent en quelque sorte un lieu de débat public. Le Lierse n'ignorait pas que son image de marque serait écornée en cas d'apathie constatée par la Commission d'éthique et la presse. C'est souvent plus porteur qu'une sanction financière vite oubliée. A ses débuts, la commission aurait voulu intervenir dans l'affaire Ivan De Witte. On se souvient que le président de Gand avait agressé verbalement Stijn Stijnen, le gardien du Club Bruges, dans la zone neutre. Scandaleux car De Witte portait aussi le costume de président de la Ligue pro. Sans véritable cadre de travail, la Commission d'éthique était dans l'impossibilité de réagir de façon significative. Ce fut aussi le cas quand les relations se corsèrent entre Charleroi et le Cercle Bruges, qui refusa de recevoir la délégation carolo à la réception d'après-match. De même, il aurait été intéressant la saison passée de se pencher sur les arrangements (report d'un match) entre Anderlecht, Charleroi et le président de l'Union belge qui fit ensuite marche arrière après avoir engagé la Maison de verre. Poussé par ses deux membres journalistes, la Commission d'éthique espère devenir l'autorité morale du football pro belge. La Commission d'éthique est composée de six membres bénévoles (deux journalistes, deux juristes, deux personnalités du football : Paul Van Himst et... Ponnet avant sa démission). Or, suivre tout ce qui se passe au quotidien réclame du temps, des moyens financiers pour bien s'organiser, etc. Il s'agira aussi de désigner le successeur de Ponnet. Des noms circulent mais rien ne filtre. Le nouveau président sera issu du sérail sportif et se distinguera par ses valeurs morales. PIERRE BILIC Navrant : sans ses membres journalistes, la Commission d'éthique serait déjà morte !