C'est une institution qui s'est quasiment effondrée il y a quinze jours. Les Glasgow Rangers ont été placés en redressement judiciaire, incapables de faire face à une dette qui ne cesse de gonfler devant le peu d'intérêt de la compétition écossaise, réduite depuis 1985 à un mano a mano avec le Celtic. Actuellement, le club proche de la communauté protestante de Glasgow, doit au fisc entre 60 et 90 millions d'euros. Le président Craig Whyte, qui avait déjà bazardé en été les quelques actions d'Arsenal qu'historiquement le club a toujours possédées, a reconnu que le club perdait chaque saison 1...

C'est une institution qui s'est quasiment effondrée il y a quinze jours. Les Glasgow Rangers ont été placés en redressement judiciaire, incapables de faire face à une dette qui ne cesse de gonfler devant le peu d'intérêt de la compétition écossaise, réduite depuis 1985 à un mano a mano avec le Celtic. Actuellement, le club proche de la communauté protestante de Glasgow, doit au fisc entre 60 et 90 millions d'euros. Le président Craig Whyte, qui avait déjà bazardé en été les quelques actions d'Arsenal qu'historiquement le club a toujours possédées, a reconnu que le club perdait chaque saison 12 millions d'euros. Ce redressement judiciaire a eu pour effet immédiat de donner les clés du club à des administrateurs judiciaires, qui vont examiner les propositions de reprise, et a conduit la Ligue écossaise à suivre ses règlements et à pénaliser les Rangers de dix points. Le Celtic bénéficie largement de ce retrait puisqu'avec désormais 20 points d'avance, on ne voit pas ce qui pourrait priver les Bhoys du titre. Pour les Rangers, si cela met fin à leur espoir de titre, cela n'a aucune incidence sur leur classement puisque l'écart entre le deuxième et le troisième était tel que les Gers comptent encore trois points d'avance sur Motherwell (3e). Au niveau financier, la situation est telle que même la police, plus payée par le club, menace de ne plus assurer la sécurité. Les Rangers ont garanti que les prochains matches à Ibrox Park auraient bien lieu. Mais jusqu'à quand ? Le président Craig Whyte, qui a acheté le club en 2011, est particulièrement visé car il a avoué avoir réglé la reprise en demandant à la société qui gère le ticketing de lui avancer 30 millions d'euros, somme qui correspond à la recette-guichet de l'année en cours. Les réviseurs ont annoncé que plusieurs candidats à la reprise s'étaient manifestés et un consortium de fans pourrait se lancer dans la course afin de sauver le club le plus titré d'Ecosse (54 titres). Mais comment les Rangers, qui arrivent pourtant à accueillir plus de 40.000 supporters chaque semaine, en sont-ils arrivés là ? En grande partie à cause du manque d'attractivité de la compétition. Pendant des années, les Rangers (comme le Celtic) ont lutté et ont dû débourser plus que nécessaire pour convaincre de bons joueurs (pas des stars) de rejoindre le championnat écossais. Ces joueurs comme Dado Prso, Michaël Mols ou Lorenzo Amoruso avaient les émoluments de stars de la Premier League mais pas leur niveau. C'est tout le football écossais qui dépérit. Les stars se font de plus en plus rares et les jeunes Ecossais de talent aussi. Ainsi, lors de la publication de la dernière sélection, seuls quatre joueurs évoluaient au pays. La faillite de la sélection au chardon, qui n'a plus connu de grand tournoi depuis la Coupe du Monde 1998, a emmené le championnat dans sa chute. Les deux grands clubs ont tenté de juguler cette descente aux enfers mais leur appel à rallier la Premier League n'a jamais été entendu. STÉPHANE VANDE VELDE La police, qui n'est plus payée par le club, menace de ne plus assurer la sécurité.