Le 10 novembre 1990, à l'issue de la rencontre opposant Anderlecht au Standard et remportée sur le score de 5-1 par les Bruxellois, Daniel Camus, tout juste âgé de 19 ans et espoir du RWDM, emmène en voiture trois représentants du O-side du RSCA en direction de la gare de Schaerbeek. " Ils voulaient chambrer les supporters liégeois au passage du train et je n'ai pas réfléchi plus loin ", dit-il. Sur place, les siders du Sporting passent toutefois très vite des paroles aux actes en lançant notamment des projectiles sur la rame.
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Le 10 novembre 1990, à l'issue de la rencontre opposant Anderlecht au Standard et remportée sur le score de 5-1 par les Bruxellois, Daniel Camus, tout juste âgé de 19 ans et espoir du RWDM, emmène en voiture trois représentants du O-side du RSCA en direction de la gare de Schaerbeek. " Ils voulaient chambrer les supporters liégeois au passage du train et je n'ai pas réfléchi plus loin ", dit-il. Sur place, les siders du Sporting passent toutefois très vite des paroles aux actes en lançant notamment des projectiles sur la rame. " Je ne pouvais cautionner ce comportement et je suis retourné sur-le-champ à la voiture ", observe Daniel Camus. " Un des membres du trio avait remarqué mon manège et rejoignit mon véhicule avant moi. Il me prévint qu'il était exclu que je démarre sans ses deux copains. Sur ces entrefaites, une bagarre rangée avait éclaté entre partisans des deux camps, qui se poursuivit à même la rue. A un moment donné, ma voiture fut prise pour cible et une vitre vola en éclats. Après coup, j'ai eu tort de déclarer que ma voiture avait été abîmée devant un dancing et qu'un carreau avait été défoncé dans le but de chaparder un vêtement laissé sur l'un des sièges. Ce fut une bêtise sur une autre bêtise. Même si j'étais loin de me douter, au départ, de la portée des événements ". Au total, 15 hooligans anderlechtois furent poursuivis devant la 57e chambre correctionnelle de Bruxelles pour avoir participé à l'attaque du convoi de supporters du Standard. Daniel Camus écopa en définitive d'une peine de dix mois de prison, avec sursis, et d'une amende de 400 euros. Une note qui aurait pu être moins salée si, au même titre que 11 autres siders, il avait d'emblée accepté une suspension probatoire du prononcé moyennant la prestation de travaux d'intérêt général. " Je ne voyais pas pourquoi j'aurais dû accepter, dans la mesure où je me sentais davantage victime que coupable et sûrement pas un hooligan ", observe-t-il. " D'autre part, je ne voyais pas très bien comment combiner mes activités de footballeur avec la tâche susdite. J'aurais été plus inspiré d'accepter d'emblée les conditions qui avaient été suggérées. J'espérais l'absolution mais mon nom et mon statut ne m'ont pas aidé dans ce sens. Si je ne m'étais pas appelé Daniel Camus mais Octave Van Pyperzele et si je n'avais pas été un coming man dans le monde du football mais au contraire, monsieur tout-le-monde, jamais je ne me serais vu infliger une telle sanction. Mais bon, le passé est le passé. Après coup, j'ai eu droit à pas mal de réconfort et de soutien de gens vraiment formidables. Comme René Vandereycken, par exemple. Dans l'ensemble, j'ai travaillé avec des gens chouettes dans ma carrière. Comme Herman Van Holsbeeck,Trond Sollied, Herman Vermeulen ou encore Enzo Scifo. Je n'oublierai jamais qu'il y est allé de sa poche pour me payer à Charleroi, le Sporting n'en ayant pas les moyens. Après tout ce qui a été raconté et colporté sur lui, cela méritait d'être dit aussi ".