L'annonce était prête, le secret avait été bien gardé. Restait l'espoir de partir sur un coup d'éclat (une victoire à Anderlecht, voire une quatrième place synonyme de barrages). Mais une fuite dans la presse et tout a capoté. Le scénario a été revu, les joueurs prévenus juste avant ce clasico qui a tourné au vinaigre, faute, une nouvelle fois, d'attaquants efficaces.

José Riga a donc surpris son monde en renonçant à sa dernière année de contrat, alors qu'il avait été conforté dans ses fonctions par le président Roland Duchâtelet. De plus en plus critiqué par les supporters, Riga s'en va avec un sentiment d'amertume, usé par cette saison qui ne lui a pas laissé une minute de répit. Il s'en va en laissant un bilan mitigé : des résultats décevants en play-offs mais un jeu intéressant au début de l'hiver ; des prestations parfois un peu légères lorsque l'infirmerie débordait mais une campagne européenne aboutie et remplie de succès. Riga laisse au Standard l'image d'un gentleman, franc, honnête et respecté par son vestiaire mais dont la communication a buté sur les réalités de résultats nécessaires pour un club prestigieux comme le Standard. Son président avait bien balisé le terrain en annonçant une année de transition mais rien n'y fit. Le Standard ne peut plus (ou pas) se permettre le luxe d'une construction qui prendrait quelques années alors que les supporters ressentent encore les effluves de deux titres, pas si lointains.

José Riga a toujours communiqué, expliqué son football, ses projets de jeu pour le Standard mais après la trêve, il fut confronté aux limites de son noyau. Comment développer du beau football, soigner la manière en devant sans cesse composer un onze de base avec des bouts de ficelle ? Ulcéré par les critiques qu'il jugeait parfois malhonnêtes, il semblait de plus en plus dépassé par un football belge qu'il trouvait obnubilé par le court terme et amnésique. Au bout d'un an à la tête d'un grand club, il n'a pas convaincu ses détracteurs mais n'a pas déçu ses défenseurs. Le débat entre pro et anti-Riga n'a donc pas livré de verdict même si son départ peut toujours être interprété comme un aveu de faiblesse.

Le mercato hivernal, premier tournant

Riga est finalement jugé sans avoir vraiment pu se défendre. Est-ce sa faute si, alors que la machine commençait à tourner, le Standard s'est vu privé coup sur coup de toutes ses forces vives ( Jelle Van Damme, Geoffrey Mujangi Bia, Luis Seijas, Mémé Tchitépuis Gohi Bi Cyriac) ? Est-ce sa faute si, pendant les play-offs, il dut encore se passer de Sinan Bolat, de Cyriac et de Tchité ? Est-ce sa faute si la direction a jugé digne de ne pas répondre à ses suppliques et à sa volonté d'attirer un nouvel attaquant, une fois les départs d' Aloys Nong et Mbaye Leye actés ? Est-ce sa faute si, à cause de ce manque d'attaquants, il dut lancer dans la bagarre un jeune joueur issu de deuxième division nigériane ( Imoh Ezequiel) face aux ténors du championnat ? Est-ce sa faute s'il dut aligner contre Gand une équipe sans attaquant spécifique ?

Riga avait hérité d'un noyau trop étriqué et trop limité qualitativement pour pouvoir faire mieux. Sans ces blessures, il aurait pu terminer troisième, tout au plus. Pourtant, l'entraîneur du Standard avait l'occasion de peaufiner son £uvre en prolongeant son aventure sur les bords de Meuse mais il en a décidé autrement. Pourquoi ? Sa première réflexion est à trouver dans le pauvre mercato hivernal réalisé par les dirigeants. Riga semblait avoir joué le jeu en acceptant le rôle de chef de chantier durant les six premiers mois mais il comptait sur le mercato hivernal pour véritablement lancer son équipe et pouvoir rivaliser à armes égales avec les ténors. Au lieu de cela, il a hérité d'un retour de prêt ( Rami Gherson), d'un attaquant de D2 (Ezequiel), de Birkir Bjarnason qui n'a pas convaincu et de Serge Gakpé, beaucoup trop inconstant.

Sa demande d'attaquant n'ayant pas été entendue, il a connu ses premières divergences de vue avec le directeur technique, Jean-François de Sart. Mais, entre les deux hommes, il ne fut pourtant pas question de guerre larvée. " Oui, il y a eu des divergences, notamment sur notre manque d'attaquants mais pas des tensions comme on a tenté de le faire croire ", nous lance un proche du staff. " Je ne me sens pas responsable de son départ. Cela n'a rien à voir avec moi ", se défend d'ailleurs de Sart. Riga a confirmé qu'il ne partait pas à cause de cela mais nul doute que sa réflexion de départ a débuté à partir du moment où il a vu qu'on ne prêtait pas attention à ses demandes.

Si la direction l'avait écouté, elle oblitérait définitivement cette politique de " collaboration étroite entre direction et staff sportif " défendue ardemment lors de la prise de fonction de Duchâtelet. Au lieu de cela, elle n'a pas transféré d'attaquants, n'a pas renforcé l'équipe. Résultat : Riga est sorti déforcé du mercato hivernal. Parce qu'il n'avait pas obtenu ce qu'il désirait et que cela renforçait l'image " de gentil coach qui n'élève jamais la voix ", étiquette dont il s'est toujours défendue. Au fil du temps, la collaboration entre direction et staff technique, excellente les premiers mois, s'est peu à peu distendue. Riga en a souffert et a préféré prendre les devants, avant une rupture inéluctable.

Le départ de Bruyninckx, deuxième tournant

Le départ de l'Académie de Michel Bruyninckx en février a également marqué un coup d'arrêt pour Riga. C'est lui qui avait insisté pour le faire venir, convaincu par sa méthode de soccerpal. " Certes, Bruyninckx n'est pas un directeur en soi car il s'occupe de peu de choses au niveau de l'organisation ", dit José Jeunechamps, ancien coach des U21, " mais sa méthode constituait un apport considérable pour le football belge. On aurait simplement dû lui adjoindre une personne. Il s'agissait d'une erreur de casting. Il suffisait de le déplacer à un autre fonction au sein de l'Académie car croyez-moi, sa méthode va faire des ravages dans les prochaines années. "

Le départ de Bruyninck, dont les idées sont partagées à 100 % par Riga, a encore rogné son influence dans les décisions sportives du Standard. " Avec de Sart, on n'avait pas la même vision ", explique Bruyninckx. " Dès le début, il m'a donné l'impression qu'il n'était pas d'accord avec mon travail. Or, si on n'est pas d'accord avec le directeur technique, cela n'a pas de sens de continuer. Avec José, on adore le football espagnol et on surveille ce qui se développe au plus haut niveau. Si on veut faire progresser le foot en Belgique, il faut se préoccuper de ce qui se fait au plus haut niveau. Or, quand on voit le nombre de jeunes belges qui cartonnent dans les grands championnats, on voit bien qu'il y a du talent. On manque simplement de structures. Il faut donc les changer ; ce qui prend du temps. José est quelqu'un d'intelligent et de courageux mais il avait besoin de temps et de confiance pour construire quelque chose. A un moment, il a peut-être senti que l'environnement ou la collaboration n'étaient plus optimales. Vous savez, lors d'un mes entretiens avec Duchâtelet, le président m'a dit - Michel, vous avez des idées intéressantes mais le Standard n'est pas encore prêt pour cela. Cela veut tout dire. "

Riga est toujours resté en contacts avancés avec Bruyninckx et c'est lui qui lui a proposé d'aller au Qatar. L'Académie Aspire a été convaincue par la méthode Bruyninckx et a offert un contrat d'un an, à lui et à Riga, pour préparer les jeunes en vue de la Coupe du Monde au Qatar en 2022.

" Je savais que son projet était en cours d'élaboration mais je ne pensais pas que cela irait si vite ", explique Bernard Smeets, l'adjoint et ami de Riga, qui ne le suivra pas au Qatar. C'est donc pour l'Académie Aspire, une des écoles de jeunes les plus modernes et luxueuses au monde, qui regroupe des centaines d'Africains et de Qataris, que Riga quitte le Standard. Il y sera accompagné de son fils, Grégory. Là, il y trouvera un projet à long terme et un endroit où il pourra développer ses idées à 100 %. La politique ne sera pas dictée par la pression des résultats, ni par celle des supporters.

Et au Standard, on en pense quoi ?

Officiellement, on regrette. Pierre François n'a pas fait de commentaires dimanche. De Sart s'est borné à dire " qu'ils avaient recherché de la stabilité mais qu'au bout de 12 mois, la collaboration s'arrêtait " et qu'il s'agissait " de la décision personnelle de Riga ". Tout le monde a attendu le lundi avant de se prononcer lors d'une conférence de presse où était notamment présent le président Duchâtelet. Pas de trace par contre de François, échaudé par l'article de Sport/Foot Magazine en faisant un calife à la place du calife. " J'en ai parfois marre de mettre des rustines sur les pneus d'un vélo et m'entendre dire par la suite que j'en fais trop ", s'est-il borné de dire.

Cette discrétion signifie que le Standard ne sait pas comment prendre cette décision. Une surprise ? Pas vraiment puisque l'arrêt de Riga était acté depuis une semaine.

Une délivrance ? Non plus car le maintien de Riga était dicté, non seulement pas la personnalité et ses idées de coaching qui gardaient la confiance du vestiaire, mais aussi par l'assurance de gagner du temps. En maintenant l'entraîneur, la direction pouvait s'atteler, dès la fin du championnat, à la préparation de la nouvelle saison. En perdant Riga, Duchâtelet est revenu au point de départ. Le voilà obligé de recommencer une partie de la construction et de perdre du temps à cibler le candidat idéal pour le poste d'entraîneur.

Une bonne chose ? Peut-être. Comme les play-offs furent un échec, on peut imaginer que ce départ enlève une épine du pied de François et Duchâtelet qui ne devront pas passer leur temps à défendre quelqu'un qui ne gagne plus. A l'intérieur du club, certains commençaient à se demander si Riga ne constituait pas, à l'instar de Bruyninckx, une erreur de casting.

En quelques jours, le Standard a donc perdu celui qui a conduit les U21 au titre de champion (José Jeunechamps), son médecin (le professeur Diverse) et son entraîneur principal. Pour le remplacer, de nombreux noms ont circulé. " Les critères valables il y a un an le sont toujours ", a déclaré de Sart qui pilotera les entretiens techniques. On s'oriente donc vers un profil similaire à celui de Riga (du moins dans l'approche du jeu, pas nécessairement dans la personnalité). Le nom d' Ariel Jacobs a circulé mais il ne fait pas du tout l'unanimité au sein de la direction car pour certains, " il faut quelqu'un qui fasse Standard ". De plus, ce choix aurait tendance à jeter de l'huile sur le feu vis-à-vis des supporters (plutôt qu'à les apaiser). Ceux-ci ont déjà marqué leur opposition et prévu des actions en cas de venue de l'ancien entraîneur d'Anderlecht. Le président n'écarte pas non plus l'idée de faire un coup en attirant un nom plus ronflant. On s'écarterait alors du profil de Riga.

Du nom du successeur dépend l'avenir du staff. Celui-ci, composé de Peter Balette, Smeets et Eric Deleu, a prolongé son contrat d'un an mais cela ne lui donne pas la garantie de continuer. Car, si le nouvel entraîneur exigeait d'arriver avec son staff, cela se ferait aux dépends des hommes en place.

PAR STÉPHANE VANDE VELDE

" C'est Bruyninckx qui a convaincu Riga de le suivre au Qatar. "

L'annonce était prête, le secret avait été bien gardé. Restait l'espoir de partir sur un coup d'éclat (une victoire à Anderlecht, voire une quatrième place synonyme de barrages). Mais une fuite dans la presse et tout a capoté. Le scénario a été revu, les joueurs prévenus juste avant ce clasico qui a tourné au vinaigre, faute, une nouvelle fois, d'attaquants efficaces. José Riga a donc surpris son monde en renonçant à sa dernière année de contrat, alors qu'il avait été conforté dans ses fonctions par le président Roland Duchâtelet. De plus en plus critiqué par les supporters, Riga s'en va avec un sentiment d'amertume, usé par cette saison qui ne lui a pas laissé une minute de répit. Il s'en va en laissant un bilan mitigé : des résultats décevants en play-offs mais un jeu intéressant au début de l'hiver ; des prestations parfois un peu légères lorsque l'infirmerie débordait mais une campagne européenne aboutie et remplie de succès. Riga laisse au Standard l'image d'un gentleman, franc, honnête et respecté par son vestiaire mais dont la communication a buté sur les réalités de résultats nécessaires pour un club prestigieux comme le Standard. Son président avait bien balisé le terrain en annonçant une année de transition mais rien n'y fit. Le Standard ne peut plus (ou pas) se permettre le luxe d'une construction qui prendrait quelques années alors que les supporters ressentent encore les effluves de deux titres, pas si lointains. José Riga a toujours communiqué, expliqué son football, ses projets de jeu pour le Standard mais après la trêve, il fut confronté aux limites de son noyau. Comment développer du beau football, soigner la manière en devant sans cesse composer un onze de base avec des bouts de ficelle ? Ulcéré par les critiques qu'il jugeait parfois malhonnêtes, il semblait de plus en plus dépassé par un football belge qu'il trouvait obnubilé par le court terme et amnésique. Au bout d'un an à la tête d'un grand club, il n'a pas convaincu ses détracteurs mais n'a pas déçu ses défenseurs. Le débat entre pro et anti-Riga n'a donc pas livré de verdict même si son départ peut toujours être interprété comme un aveu de faiblesse. Riga est finalement jugé sans avoir vraiment pu se défendre. Est-ce sa faute si, alors que la machine commençait à tourner, le Standard s'est vu privé coup sur coup de toutes ses forces vives ( Jelle Van Damme, Geoffrey Mujangi Bia, Luis Seijas, Mémé Tchitépuis Gohi Bi Cyriac) ? Est-ce sa faute si, pendant les play-offs, il dut encore se passer de Sinan Bolat, de Cyriac et de Tchité ? Est-ce sa faute si la direction a jugé digne de ne pas répondre à ses suppliques et à sa volonté d'attirer un nouvel attaquant, une fois les départs d' Aloys Nong et Mbaye Leye actés ? Est-ce sa faute si, à cause de ce manque d'attaquants, il dut lancer dans la bagarre un jeune joueur issu de deuxième division nigériane ( Imoh Ezequiel) face aux ténors du championnat ? Est-ce sa faute s'il dut aligner contre Gand une équipe sans attaquant spécifique ? Riga avait hérité d'un noyau trop étriqué et trop limité qualitativement pour pouvoir faire mieux. Sans ces blessures, il aurait pu terminer troisième, tout au plus. Pourtant, l'entraîneur du Standard avait l'occasion de peaufiner son £uvre en prolongeant son aventure sur les bords de Meuse mais il en a décidé autrement. Pourquoi ? Sa première réflexion est à trouver dans le pauvre mercato hivernal réalisé par les dirigeants. Riga semblait avoir joué le jeu en acceptant le rôle de chef de chantier durant les six premiers mois mais il comptait sur le mercato hivernal pour véritablement lancer son équipe et pouvoir rivaliser à armes égales avec les ténors. Au lieu de cela, il a hérité d'un retour de prêt ( Rami Gherson), d'un attaquant de D2 (Ezequiel), de Birkir Bjarnason qui n'a pas convaincu et de Serge Gakpé, beaucoup trop inconstant. Sa demande d'attaquant n'ayant pas été entendue, il a connu ses premières divergences de vue avec le directeur technique, Jean-François de Sart. Mais, entre les deux hommes, il ne fut pourtant pas question de guerre larvée. " Oui, il y a eu des divergences, notamment sur notre manque d'attaquants mais pas des tensions comme on a tenté de le faire croire ", nous lance un proche du staff. " Je ne me sens pas responsable de son départ. Cela n'a rien à voir avec moi ", se défend d'ailleurs de Sart. Riga a confirmé qu'il ne partait pas à cause de cela mais nul doute que sa réflexion de départ a débuté à partir du moment où il a vu qu'on ne prêtait pas attention à ses demandes. Si la direction l'avait écouté, elle oblitérait définitivement cette politique de " collaboration étroite entre direction et staff sportif " défendue ardemment lors de la prise de fonction de Duchâtelet. Au lieu de cela, elle n'a pas transféré d'attaquants, n'a pas renforcé l'équipe. Résultat : Riga est sorti déforcé du mercato hivernal. Parce qu'il n'avait pas obtenu ce qu'il désirait et que cela renforçait l'image " de gentil coach qui n'élève jamais la voix ", étiquette dont il s'est toujours défendue. Au fil du temps, la collaboration entre direction et staff technique, excellente les premiers mois, s'est peu à peu distendue. Riga en a souffert et a préféré prendre les devants, avant une rupture inéluctable. Le départ de l'Académie de Michel Bruyninckx en février a également marqué un coup d'arrêt pour Riga. C'est lui qui avait insisté pour le faire venir, convaincu par sa méthode de soccerpal. " Certes, Bruyninckx n'est pas un directeur en soi car il s'occupe de peu de choses au niveau de l'organisation ", dit José Jeunechamps, ancien coach des U21, " mais sa méthode constituait un apport considérable pour le football belge. On aurait simplement dû lui adjoindre une personne. Il s'agissait d'une erreur de casting. Il suffisait de le déplacer à un autre fonction au sein de l'Académie car croyez-moi, sa méthode va faire des ravages dans les prochaines années. " Le départ de Bruyninck, dont les idées sont partagées à 100 % par Riga, a encore rogné son influence dans les décisions sportives du Standard. " Avec de Sart, on n'avait pas la même vision ", explique Bruyninckx. " Dès le début, il m'a donné l'impression qu'il n'était pas d'accord avec mon travail. Or, si on n'est pas d'accord avec le directeur technique, cela n'a pas de sens de continuer. Avec José, on adore le football espagnol et on surveille ce qui se développe au plus haut niveau. Si on veut faire progresser le foot en Belgique, il faut se préoccuper de ce qui se fait au plus haut niveau. Or, quand on voit le nombre de jeunes belges qui cartonnent dans les grands championnats, on voit bien qu'il y a du talent. On manque simplement de structures. Il faut donc les changer ; ce qui prend du temps. José est quelqu'un d'intelligent et de courageux mais il avait besoin de temps et de confiance pour construire quelque chose. A un moment, il a peut-être senti que l'environnement ou la collaboration n'étaient plus optimales. Vous savez, lors d'un mes entretiens avec Duchâtelet, le président m'a dit - Michel, vous avez des idées intéressantes mais le Standard n'est pas encore prêt pour cela. Cela veut tout dire. " Riga est toujours resté en contacts avancés avec Bruyninckx et c'est lui qui lui a proposé d'aller au Qatar. L'Académie Aspire a été convaincue par la méthode Bruyninckx et a offert un contrat d'un an, à lui et à Riga, pour préparer les jeunes en vue de la Coupe du Monde au Qatar en 2022. " Je savais que son projet était en cours d'élaboration mais je ne pensais pas que cela irait si vite ", explique Bernard Smeets, l'adjoint et ami de Riga, qui ne le suivra pas au Qatar. C'est donc pour l'Académie Aspire, une des écoles de jeunes les plus modernes et luxueuses au monde, qui regroupe des centaines d'Africains et de Qataris, que Riga quitte le Standard. Il y sera accompagné de son fils, Grégory. Là, il y trouvera un projet à long terme et un endroit où il pourra développer ses idées à 100 %. La politique ne sera pas dictée par la pression des résultats, ni par celle des supporters. Officiellement, on regrette. Pierre François n'a pas fait de commentaires dimanche. De Sart s'est borné à dire " qu'ils avaient recherché de la stabilité mais qu'au bout de 12 mois, la collaboration s'arrêtait " et qu'il s'agissait " de la décision personnelle de Riga ". Tout le monde a attendu le lundi avant de se prononcer lors d'une conférence de presse où était notamment présent le président Duchâtelet. Pas de trace par contre de François, échaudé par l'article de Sport/Foot Magazine en faisant un calife à la place du calife. " J'en ai parfois marre de mettre des rustines sur les pneus d'un vélo et m'entendre dire par la suite que j'en fais trop ", s'est-il borné de dire. Cette discrétion signifie que le Standard ne sait pas comment prendre cette décision. Une surprise ? Pas vraiment puisque l'arrêt de Riga était acté depuis une semaine. Une délivrance ? Non plus car le maintien de Riga était dicté, non seulement pas la personnalité et ses idées de coaching qui gardaient la confiance du vestiaire, mais aussi par l'assurance de gagner du temps. En maintenant l'entraîneur, la direction pouvait s'atteler, dès la fin du championnat, à la préparation de la nouvelle saison. En perdant Riga, Duchâtelet est revenu au point de départ. Le voilà obligé de recommencer une partie de la construction et de perdre du temps à cibler le candidat idéal pour le poste d'entraîneur. Une bonne chose ? Peut-être. Comme les play-offs furent un échec, on peut imaginer que ce départ enlève une épine du pied de François et Duchâtelet qui ne devront pas passer leur temps à défendre quelqu'un qui ne gagne plus. A l'intérieur du club, certains commençaient à se demander si Riga ne constituait pas, à l'instar de Bruyninckx, une erreur de casting. En quelques jours, le Standard a donc perdu celui qui a conduit les U21 au titre de champion (José Jeunechamps), son médecin (le professeur Diverse) et son entraîneur principal. Pour le remplacer, de nombreux noms ont circulé. " Les critères valables il y a un an le sont toujours ", a déclaré de Sart qui pilotera les entretiens techniques. On s'oriente donc vers un profil similaire à celui de Riga (du moins dans l'approche du jeu, pas nécessairement dans la personnalité). Le nom d' Ariel Jacobs a circulé mais il ne fait pas du tout l'unanimité au sein de la direction car pour certains, " il faut quelqu'un qui fasse Standard ". De plus, ce choix aurait tendance à jeter de l'huile sur le feu vis-à-vis des supporters (plutôt qu'à les apaiser). Ceux-ci ont déjà marqué leur opposition et prévu des actions en cas de venue de l'ancien entraîneur d'Anderlecht. Le président n'écarte pas non plus l'idée de faire un coup en attirant un nom plus ronflant. On s'écarterait alors du profil de Riga. Du nom du successeur dépend l'avenir du staff. Celui-ci, composé de Peter Balette, Smeets et Eric Deleu, a prolongé son contrat d'un an mais cela ne lui donne pas la garantie de continuer. Car, si le nouvel entraîneur exigeait d'arriver avec son staff, cela se ferait aux dépends des hommes en place. PAR STÉPHANE VANDE VELDE" C'est Bruyninckx qui a convaincu Riga de le suivre au Qatar. "