La France a envoyé au Nord, dans une région mise à mal jadis par les batailles glorieuses de Louis XIV, de nouveaux Cadets de Gascogne. Les footballeurs hexagonaux sont les mousquetaires des temps modernes. Ceux qui, forgés à bonne école, celle de l'honneur, de la bravoure et de la victoire, s'en vont glaner des succès aux quatre coins du monde. Mons a bien compris ce qu'il pouvait tirer de l'école française et n'a eu aucun scrupule à y puiser les forces vives capables de sauver le club dans sa lutte contre la relégation. Désormais, les Quatre Mousquetaires se nomment Benjamin Nicaise, qui tel D'Artagnan est arrivé en retard pour compléter un trio déjà existant, Hocine Ragued, Fadel Brahami et Wilfried Dalmat. Sur le terrain, de droite à gauche, c'est Dalmat-Ragued-Nicaise-Brahami.
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La France a envoyé au Nord, dans une région mise à mal jadis par les batailles glorieuses de Louis XIV, de nouveaux Cadets de Gascogne. Les footballeurs hexagonaux sont les mousquetaires des temps modernes. Ceux qui, forgés à bonne école, celle de l'honneur, de la bravoure et de la victoire, s'en vont glaner des succès aux quatre coins du monde. Mons a bien compris ce qu'il pouvait tirer de l'école française et n'a eu aucun scrupule à y puiser les forces vives capables de sauver le club dans sa lutte contre la relégation. Désormais, les Quatre Mousquetaires se nomment Benjamin Nicaise, qui tel D'Artagnan est arrivé en retard pour compléter un trio déjà existant, Hocine Ragued, Fadel Brahami et Wilfried Dalmat. Sur le terrain, de droite à gauche, c'est Dalmat-Ragued-Nicaise-Brahami. " Pour moi, il s'agit clairement d'une des meilleures lignes médianes de Belgique. Et elle est encore en devenir ", clame le directeur technique de Mons, Jean-Paul Colonval. Le trait est certes partisan mais il n'est pas dénué de vérité. Depuis les deux victoires références contre Bruges et Genk, l'Albert a retrouvé des couleurs et de l'ambition et il le doit à son entrejeu, un des plus complets de D1. Composé d'éléments très ressemblants lors du premier tour, il a été rééquilibré à la trêve. " Un seul médian devant la défense, c'était insuffisant pour une formation comme la nôtre ", continue Colonval. " Maintenant, on a un bunker défensif avec Nicaise et Ragued. De plus, on disposait de trop de techniciens. Quand ils étaient bien inspirés et qu'ils étaient opposés à des adversaires qui les laissaient jouer, cela allait mais dès qu'ils avaient affaire à des gens plus agressifs, ils étaient submergés ". Depuis l'entame du championnat, José Riga a souvent dû changer son fusil d'épaule. " Dans le milieu du jeu, on peut évoluer en losange avec un médian défensif et un offensif ", explique l'entraîneur. " On peut aussi choisir un entrejeu à quatre à plat. Les latéraux deviennent alors davantage des joueurs de couloir. Ou alors, à quatre avec deux médians défensifs et deux créateurs sur le côté, comme c'est le cas actuellement. Dans un premier temps, on nous a souvent dit qu'on s'inscrivait en losange. Cependant, même si Alessandro Cordaro, qui évoluait la plupart du temps aux côtés de Ragued dans l'axe, donnait l'impression d'être plus offensif, il devait également combler l'espace et reculait parfois très bas. En début de saison, j'ai misé davantage sur la technique, la vitesse et la percussion des petits formats. Comme Ragued était l'unique garde-fou, les joueurs offensifs devaient défendre davantage. Puis lors de la trêve, on a voulu apporter plus de puissance. C'est dans cette optique que Nicaise et Ilja Stolica devant, sont arrivés. Je ne peux pas reprocher aux petits formats de n'avoir pas comblé les espaces sur le plan défensif mais dans le football moderne, la notion de phases arrêtées est tellement importante que le physique devait rentrer en compte ". Si l'arrivée de Nicaise constituait le chaînon manquant, le retour en forme de Brahami est un autre paramètre. " Je voulais absolument que Fadel rallie le stade Tondreau ", explique Colonval, " A La Louvière, j'avais été séduit. Il est totalement imprévisible mais il est arrivé tardivement, tracassé par une petite blessure et avec quatre ou cinq kilos de trop. Il a accepté de travailler et cela a commencé à porter ses fruits au début du second tour ". Si quelqu'un a réussi à faire la différence au premier tour, c'est bien lui. Par ses dribbles en mouvement et sa faculté à déborder. C'est lui aussi qui inscrivait les buts importants grâce à sa frappe sèche. Après un petit passage à vide, il revient à un haut niveau. Son avis : " Je dois apporter le plus de ballons possibles aux attaquants et me situer en position de frappe. Je néglige encore parfois le côté défensif. Or, il m'incombe de bloquer le couloir droit, d'autant plus que Michaël Wiggers monte assez souvent. On dit souvent de moi que je suis un accélérateur et dans le vestiaire, on me surnomme le GPS car quand je me mets en mouvement, je vais tout droit et j'accélère. Je prends rarement la parole sur un terrain car je n'ai jamais été un leader mais ce sont mes performances qui parlent pour moi ". Que veut-il améliorer ? " Je ne ressens pas spécialement de coup de fatigue en deuxième mi-temps mais j'ai un jeu avec beaucoup d'absences et des coups d'éclat. Je ne le fais pas exprès. Ce sont les circonstances du match qui m'amènent à disparaître. Je dois donc éviter ces absences ". José Riga : " C'est la classe. Il a tout : vitesse, frappe, dribble et il sait faire des accélérations à répétition. Il ne s'épargne pas et est fort introverti. Ses efforts peuvent être coûteux. Il doit parfois mieux rentabiliser son potentiel et rester concentré même quand il n'est pas sollicité. Sur le plan défensif, il a fait beaucoup de progrès. Il n'utilise jamais son jeu de tête mais on voit qu'il a de bonnes intentions dans son repositionnement ". Jean-Paul Colonval : " Sa puissance et sa technique font basculer une rencontre quand il est dans un bon jour ". Le médian défensif tunisien constitue certainement la bonne surprise de la saison. Pendant tout le premier tour, il a tenu le centre à lui tout seul. Il aboie, il court, ratisse et relance. Sa pugnacité lui a déjà valu quelques remontrances arbitrales puisqu'il a écopé de trois cartons rouges et six jaunes cette saison. Son avis : " On me dit trop fougueux mais cela fait partie de ma nature et c'est aussi ce qui constitue mon point fort. L'arrivée de Nicaise a apporté une certaine homogénéité. La récupération est plus facile mais je ne me sentais pas dépassé au premier tour. Cela me faisait plaisir de travailler pour les autres médians car je savais que, grâce à leurs qualités, ils allaient faire quelque chose du ballon. On dit de moi que je charbonne mais les autres le font aussi. Notamment, quand par exemple Brahami fait un crochet et qu'il fait perdre deux côtes aux défenseurs ( sic). Avec Nicaise, mon rôle n'a pas vraiment évolué. Cordaro était plus offensif que le Français qui joue juste un peu plus devant moi pour éviter que l'on se mange l'espace. Si le premier loupe le ballon, on sait que le deuxième va le récupérer. La différence entre nous réside dans le fait qu'il prend plus la construction à sa charge ". Que veut-il améliorer ? " Je dois veiller à avoir moins d'absence en début de match. Je ne rentre dans la partie que petit à petit avant de monter en puissance. Quand les autres s'écroulent, je suis encore frais. C'est aussi pour cette raison que je joue très simplement en début de rencontre ". José Riga : " Son volume de jeu est impressionnant. C'est un ratisseur et un aspirateur. Il est complet car il possède de grosses qualités techniques. Il fait déjouer l'adversaire et jouer Mons. Par contre, il doit encore gagner en puissance, améliorer son jeu de tête et apporter plus de danger par sa frappe de balle. Il doit aussi apprendre à gérer son agressivité même si cela ne doit pas se faire aux détriment de ses qualités ". Jean-Paul Colonval : " C'est un combiné d'intelligence, de technique, d'altruisme avec une puissance de travail phénoménal ". Il manquait du gabarit, de la personnalité et Nicaise est arrivé. Considéré comme un des plus gros contrats de Mons, il ne pouvait pas se louper. Et il a pleinement réussi. Nicaise sait se placer, remporter des duels mais aussi donner une passe précise. Sans compter qu'il est également dangereux sur phases arrêtées. Son avis : " Je me suis facilement adapté à Mons. Je trouve que les joueurs qui composent l'entrejeu ont tous des profils différents. Pour l'entraîneur, cela ne peut que constituer un plus. Ragued reste toujours derrière. Il ratisse un maximum de ballons. Moi, je dois lui donner un coup de main mais je dois également surgir et apporter le danger sur le plan offensif. Dans le football actuel, les médians doivent savoir tout faire : récupérer, défendre, attaquer et marquer. On le voit avec des joueurs comme Steven Gerrard ou Frank Lampard. Ces éléments sont des modèles car ils disposent de qualités athlétiques non négligeables. Cependant, sur l'ensemble d'un match, mon rôle est avant tout défensif. A cause de ma position plus centrale, je suis amené à parler. Et comme je suis plus âgé que Ragued, je le fais de façon plus naturelle. Le temps de jeu commun rend les choses plus faciles. Moi, je ne suis là que depuis deux mois, Brahami n'avait pas beaucoup joué au premier tour. On a appris à se connaître et depuis un mois, on en ressent les bienfaits. Ce n'est pas en changeant 50 joueurs que cela fonctionne. Lyon marche bien car le club a gardé le même bloc tout en ajoutant chaque saison trois ou quatre joueurs ". Que veut-il améliorer ? " Je suis quelqu'un de polyvalent. J'ai évolué à toutes les positions sauf comme gardien de but. Cependant, si j'ai joué comme médian gauche à Charleroi, je sentais que ce n'était pas ma place de prédilection. Je n'avais eu qu'un entraînement spécifique pour trouver mes marques. Je peux dépanner là-bas mais je suis plus habitué à l'axe ". José Riga : " C'est avant tout une personnalité. Il a du caractère que ce soit sur le terrain ou dans le vestiaire. Il ne dit pas amen à tout et impose le respect par son bon sens du jeu. Il faut rajouter un gros potentiel. Il manie aussi bien le ballon du pied gauche que du droit. Avec Rabesandratana, il dispose de cette faculté à utiliser les diagonales et les longs ballons. Mais il peut gagner en vivacité et en régularité ". Jean-Paul Colonval : " C'est de la subtilité, de la technique, de l'engagement physique et de la vista ". Après avoir vécu le naufrage louviérois, Brahami est arrivé en juillet au stade Tondreau. Depuis l'entame du deuxième tour, on retrouve l'artiste en action, celui qui selon ses dires arrose ses équipiers : dribbles, passes tranchantes et buts. Ce qui est nouveau pour lui car quand il évoluait pour la RAAL, il traînait une image de joueur improductif. Son avis : " A La Louvière, on me plaçait souvent à droite ou dans l'axe. J'étais plus libre et on me demandait rarement de défendre. Ici, je suis milieu gauche et je dois prêter main forte lors de la reconversion défensive. Je me suis adapté et je crois ne pas avoir perdu d'influx dans les phases offensives. Je retrouve seulement mon niveau. J'étais arrivé 10 jours avant la reprise et de ce fait, j'avais manqué le stage. J'ai payé ce retard de condition durant tout le premier tour. L'équipe était en place et j'ai dû attendre le deuxième match après la trêve pour me faire une place dans le onze. Mon rôle, c'est de garder le ballon, de calmer le jeu et d'offrir les bonnes dernières passes ". Que veut-il améliorer ? " Je dois encore mieux me positionner lorsque je défends ". José Riga : " Ce n'est pas vraiment le pendant de Dalmat à gauche. Je ne lui demande pas de s'exprimer de la même manière. Lui, il va rentrer plus souvent dans l'axe alors que Dalmat va déborder sur son côté. Il n'a pas les mêmes qualités physiques que les autres mais il a un toucher de balle qui impose le respect. Il a cette faculté de ne faire qu'un avec le ballon. Ce qui complique évidemment la tâche de l'adversaire. De plus, on a souvent une mauvaise image de lui. C'est un gagneur sur le terrain mais en dehors, c'est vraiment un chouette gars dans toute son expression. Il connaît les valeurs des choses et est conscience de la chance qu'il a ". Jean-Paul Colonval : " C'est un inventeur qui a toujours dans sa besace quatre ou cinq coups de génie ". par stéphane vande velde : photos: reporters