Au Ranking de la FIFA, le Mexique occupe une très flatteuse quatrième place. De quoi donner raison à RenéVandereycken, qui estime que ce classement n'a qu'une valeur très relative ? Les Mexicains apparaissent bien seuls sur leur île de la Concacaf et accumulent des points au fil de victoires contre Cuba, le Guatemala ou le Nicaragua. Une autre statistique semble toutefois plus révélatrice : le Mexique reste, à ce jour, la dernière équipe à avoir battu le Brésil en match officiel. L'exploit remonte au 19 juin 2005, il y a tout juste un an donc, dans le cadre du premier tour de la Coupe des Confédérations, à Hanovre. Les Tricolores l'avaient emporté 1-0 face aux Auriverdes et ne s'étaient inclinés qu'aux tirs au but (6-7) face à l'Argentine, en demi-finales.
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Au Ranking de la FIFA, le Mexique occupe une très flatteuse quatrième place. De quoi donner raison à RenéVandereycken, qui estime que ce classement n'a qu'une valeur très relative ? Les Mexicains apparaissent bien seuls sur leur île de la Concacaf et accumulent des points au fil de victoires contre Cuba, le Guatemala ou le Nicaragua. Une autre statistique semble toutefois plus révélatrice : le Mexique reste, à ce jour, la dernière équipe à avoir battu le Brésil en match officiel. L'exploit remonte au 19 juin 2005, il y a tout juste un an donc, dans le cadre du premier tour de la Coupe des Confédérations, à Hanovre. Les Tricolores l'avaient emporté 1-0 face aux Auriverdes et ne s'étaient inclinés qu'aux tirs au but (6-7) face à l'Argentine, en demi-finales. Tête de série au tirage au sort du Mondial, le Mexique a hérité d'un groupe facile, avec l'Iran, l'Angola et le Portugal. " C'était peut-être le plus grand danger ", poursuit notre interlocuteur, car personne ne pouvait imaginer un échec. Les Mexicains devaient à tout prix éviter l'excès de confiance. Il fallait, dans les têtes des joueurs, se persuader que les deux premiers rivaux, l'Iran et l'Angola, étaient des adversaires coriaces. Ce n'était pas évident ". " On espère beaucoup de cette Coupe du Monde ", confirme notre confrère Victor Delgadillo, du journal Milenio/La Aficion. " Beaucoup de bonnes choses. C'est la Coupe du Monde qui a été la mieux préparée : les joueurs étaient en stage deux mois avant le début de l'épreuve. Ils ont aussi rejoint l'Europe deux semaines avant le début de la Coupe du Monde, avec un stage près de Saint-Etienne, et des matches contre la France et les Pays-Bas. C'est une équipe très solidaire. J'ai eu la chance de fréquenter ces joueurs et je peux témoigner de l'état d'esprit. Il y a aussi un bon mélange d'expérience et de jeunesse, c'est très intéressant. C'est aussi une équipe capable de très bien jouer au ballon : elle peut remonter de la défense vers l'attaque avec le ballon au pied, sans dégager à l'emporte-pièce. Si les adversaires ne cassent pas le jeu et ne commettent pas trop de fautes brutales, le Mexique est capable d'aller très loin. L'un des points forts réside, selon moi, dans la science tactique du sélectionneur Ricardo La Volpe. Si je devais citer un point faible, ce serait la finition. L'équipe se crée beaucoup d'occasions, mais a parfois du mal à les concrétiser. On a essayé GuillermoFranco, OmarBravo et JaredBorgetti, mais aucun n'a vraiment convaincu ". Borgetti est pourtant le meilleur réalisateur des éliminatoires de la Coupe du Monde 2006, toutes zones confondues, avec 14 buts à son actif, et aussi l'un des rares joueurs tricolores à évoluer à l'étranger, mais il n'est pas toujours titulaire à Bolton. Le sélectionneur La Volpe (54 ans) est Argentin. Il fut le gardien de but remplaçant de l'équipe championne du monde en 1978. N'y a-t-il pas de bons entraîneurs au Mexique ? " Si, et même de très bons entraîneurs ", estime Delgadillo. " La nomination de La Volpe a d'ailleurs suscité de nombreuses controverses. Et entre-temps, il y a aussi eu la sélection d'un naturalisé, Franco, lui aussi d'origine argentine, qui a divisé l'opinion. La Volpe a fait ses preuves au Mexique. Il a connu beaucoup de succès avec le club de l'Atlas. C'est un fin tacticien, il est aussi capable de former un groupe, et en règle générale, il analyse très bien le jeu de l'adversaire. Tactiquement, il est très fort. Vis-à-vis de la presse, il se montre très distant. En tant que journaliste, ce n'est pas facile de communiquer avec lui. Pendant la période de préparation, il n'a fait aucune déclaration durant 20 ou 30 jours. Il y a très peu d'atomes crochus entre les journalistes et lui. Cela ne l'intéresse pas ". Dans cette équipe mexicaine, le capitaine RafaelAlvarezMarquez remplit un rôle très libre. Sur papier, les Tricolores alignent quatre défenseurs, mais dans les faits, c'est plutôt un trio qui est chargé de verrouiller l'arrière-garde car le joueur du FC Barcelone se balade le plus souvent dans l'entrejeu. Il se joint aux deux médians récupérateurs pour former une sorte de 3-3-3-1 (avec généralement Borgetti en pointe) qui, en possession du ballon, se convertit parfois en 3-3-4. Un dispositif très offensif qui permet d'occuper les couloirs et d'empêcher, les débordements adverses par les flancs. Marquez, qui a commencé sa carrière à l'Atlas de Guadalajara, a posé ses valises à Monaco en 1999. Alors âgé d'à peine 20 ans, il ne met pas beaucoup de temps à s'imposer. Dès sa première saison, il forme une charnière centrale solide avec PhilippeCristanval. En 2000, grâce à un football offensif et spectaculaire, il devient champion de France. Il avait alors, parmi ses coéquipiers, des joueurs du talent de FabienBarthez, ThierryHenry ou DavidTrezeguet. Il continuera à progresser durant les deux saisons suivantes et deviendra également un titulaire incontestable en équipe nationale. Lors de la Coupe du Monde 2002, le sélectionneur d'alors, JavierAguirre (qui a hissé Osasuna au rang de révélation de la Liga espagnole cette saison et qui partira à l'Atletico Madrid la saison prochaine) décida de lui confier le brassard de capitaine alors qu'il n'avait que 23 ans. Une saison après cette Coupe du Monde asiatique, Marquez quitte Monaco pour rejoindre le FC Barcelone, où il s'impose également comme l'un des leaders de la charnière défensive. La Volpe lui a maintenu sa confiance et le capitanat : " Rafael a une réelle influence sur le reste de l'équipe. Il s'adapte aussi très facilement au poste de médian axial et a énormément de charisme ". La Volpe a promis une qualification pour les quarts de finale au peuple mexicain. Jamais, en 13 participations, les Tricolores n'avaient franchi le cap des huitièmes précédemment. Comme l'appétit vient en mangeant, certains se mettent à rêver. Après avoir été champion d'Espagne et champion d'Europe, Marquez peut-il devenir... champion du monde ? " En football, rien n'est impossible ", rétorque-t-il diplomatiquement. " Ce serait un rêve, bien sûr. Mais il faut être réaliste ". La saison a été longue pour le capitaine mexicain. " J'ai joué beaucoup de matches dans une compétition aussi forte que la Liga espagnole et je n'ai pas eu d'interruption après la finale de la Ligue des Champions. J'ai eu très peu de repos. Mais je ne me plains pas : c'est la vie de footballeur et une Coupe du Monde vaut bien un effort supplémentaire ". DANIEL DEVOS, ENVOYé SPÉCIAL AU MEXIQUE