"Ce que nous réalisons, est un petit miracle. " Une phrase que l'on entend souvent dans la bouche des joueurs, des coaches et des dirigeants du Basic-Fit Brussels. Avec un budget d'environ 1,5 million d'euros, mais surtout une salle beaucoup trop petite (1.000 places) située à Neder-Over-Heembeek, le Brussels est en réalité un Petit Poucet de notre championnat.

Pourtant, il y a deux ans, les Bruxellois avaient atteint la finale des play-offs contre Ostende, ont déjà disputé deux campagnes européennes et ont même occupé, cette saison, temporairement la tête du classement après une série de 12 victoires d'affilée. Seule l'élimination en demi-finale de la Coupe de Belgique - qui était un objectif important - des oeuvres des Antwerp Giants a constitué une petite déception, ces derniers mois.

Domien Loubry, qui est depuis cinq ans le distributeur et le dépositaire du jeu bruxellois, explique ce succès sportif : " Nous avons un groupe très équilibré, avec une base de joueurs belges expérimentés comme Guy Muya, Alex Lichodzijewski et moi-même, qui donne un gage de stabilité, complétée par quelques joueurs américains qui apportent réellement un plus ( à l'image d'Amin Stevens, nommé parmi les candidats à l'élection du MVP de la saison, ndlr) et quelques jeunes qui reçoivent la possibilité de s'exprimer, comme les frères Niels et JonasFoerts et William Robeyns.

Nos infrastructures nous empêchent de grandir davantage. C'est un souci quotidien. " André De Kandelaer

C'est le mérite du coach Serge Crevecoeur, qui compose lui-même son groupe. J'estime que, vu le jeu proposé, nous sommes à notre place dans le Top 4. Ostende et Anvers sont en principe trop forts pour nous, mais nous nous maintenons dans leur sillage, avec Charleroi. Les autres équipes suivent. Mais, dans les play-offs, tout le monde repart de zéro. Qui sait si nous ne pourrons pas surprendre une nouvelle fois, comme il y a deux ans ? "

A l'étroit à Neder

" Sur le plan sportif, nous pouvons déjà être très satisfaits de cette campagne, car seuls Ostende et Anvers nous ont été supérieurs ", confirme André De Kandelaer, président de l'Excelsior Bruxelles de 1978 à 1988 puis, de1998 à nos jours, du Basic-Fit Brussels qui a succédé à l'Excelsior. "Notre principal problème réside dans les infrastructures, qui nous empêchent de grandir davantage. C'est un souci quotidien."

Le Basic-Fit Brussels dispute ses matches à domicile dans le complexe communal de Neder-Over-Heembeek, où il doit partager la salle avec les écoles des environs. "Nous devons rassembler dix collaborateurs du club dans un bureau de 6 mètres sur 4. C'est là aussi que les leçons de théorie sont données aux joueurs. Et souvent, des cours de zumba sont organisés dans la petite salle d'à côté, avec tout le bruit que cela implique", regrette De Kandelaer.

" L'absence d'espace VIP, où l'on pourrait accueillir les sponsors, constitue un autre obstacle dans le développement du club. Et certains supporters font parfois demi-tour parce qu'ils ne trouvent pas de place de parking dans les environs ", poursuit le chairman du club. " Ils tournent parfois en rond pendant une demi-heure, puis renoncent. Ces infrastructures sont d'un autre temps. Aujourd'hui, les gens demandent du confort. Et, s'ils le pouvaient, ils aimeraient rouler jusque dans la salle avec leur voiture."

Serge Crevecoeur, qui cumule les fonctions de coach et de directeur général, a d'ailleurs poussé un cri de désespoir dans la presse, il y a quelques mois. " Si nous ne trouvons pas de solution à notre problème d'infrastructures endéans deux ou trois ans, il vaut mieux arrêter. Je me demande souvent si tous nos efforts en valent bien la peine. Pour s'entraîner une heure et demie le lundi ? Nous avons atteint nos limites. Il n'y a rien, dans cette salle, que nous n'avons pas piqué aux écoles."

L'Europe au Heysel ?

Depuis cette sortie médiatique, il y a eu quelques rendez-vous avec le nouvel échevin des sports de la ville de Bruxelles, Benoit Hellings. De Kandelaer : "Les discussions ont été positives, comme elles l'étaient déjà avec le collège communal précédent. Mais il est temps de proposer du concret. Il y a cinq ans que nous promettons du changement à nos sponsors, mais à un moment donné, nous perdrons notre crédibilité. Au terme de cette saison, notre sponsor principal, Basic-Fit, arrêtera d'ailleurs les frais."

Une nouvelle salle multi-fonctionnelle constituerait la meilleure solution, mais le projet a déjà été enterré autant de fois qu'il a été lancé. " Cette nouvelle salle ne sera pas construite ", se lamente le président du club, réaliste. " Le nouvel échevin nous a déjà averti. Mais une modernisation et un agrandissement de la salle actuelle restent de l'ordre du possible, à court terme."

C'est d'ailleurs nécessaire, car la place dans le Top 4 assure au Basic-Fit Brussels une participation européenne la saison prochaine. Seulement voilà : le complexe sportif de Neder-Over-Heembeek n'est pas conforme aux normes exigées par la FIBA. " Nous avons déjà demandé à la FIBA quels aménagements devraient être effectués pour que la salle soit homologuée, afin de pouvoir transmettre ces exigences aux autorités communales", poursuit De Kandelaer.

" Si ces aménagements ne peuvent pas être réalisés, il reste la possibilité d'émigrer au Palais 12 sur le plateau du Heysel, mais cela coûte cher. Ou alors, nous devrons louer la salle d'Anvers, d'Ostende ou de Mons. Ce serait tout de même ridicule, pour un club bruxellois, de devoir aller jouer là-bas."

" Et doublement dommage, car le public bruxellois crée une ambiance spéciale dans la salle ", affirme Loubry, qui a joué à Gand et à Anvers dans le passé. " A Bruxelles, on trouve un mix entre l'ambition flamande et le côté festif des Wallons. A Anvers ou à Gand, lorsque les résultats ne répondent pas à l'attente, les spectateurs font entendre leur mécontentement. A Bruxelles, on s'attarde plus sur l'aspect humain. Même après une défaite, les supporters continuent à nous encourager. Il y a un noyau dur qui porte l'équipe. On retrouve également ce phénomène dans les clubs wallons, alors qu'à Gand ou à Anvers, les gens viennent d'abord au basket pour voir un spectacle."

Domien Loubry : " Même après une défaite, les supporters bruxellois continuent à nous encourager.", BELGAIMAGE
Domien Loubry : " Même après une défaite, les supporters bruxellois continuent à nous encourager." © BELGAIMAGE

Un potentiel inexploité

Malgré son problème d'infrastructures, le Basic-Fit Brussels démontre qu'il est un club à haut potentiel. Un géant endormi. Ce n'est qu'une question de temps avant qu'il ne se réveille, comme cela s'est produit à Anvers avec les Giants. Le Brussels compte 24 équipes de jeunes, pour un total de 350 joueurs. Le club a lancé cette saison sa TalentAcademy et travaille désormais en collaboration avec les écoles de la région. Les joueurs de l'équipe A vont régulièrement donner des cours d'initiation.

" C'est là que l'on constate que Bruxelles regorge de talents ", affirme Domien Loubry. " Mais ces jeunes doivent recevoir la possibilité de développer ce talent. Comme Anvers, Bruxelles est une ville multiculturelle, où le sport reste un bon moyen d'intégration sociale. Les Antwerp Giants démontrent aujourd'hui tous les bénéfices qu'on peut retirer d'un nouveau centre d'entraînement pour les jeunes. Pourquoi cela ne serait-il pas possible à Bruxelles ? "

Alexandre De Meeter, qui était ces dernières années responsable de la communication, des réseaux sociaux et du marketing au Basic-Fit Brussels avec sa société Sportimize (et qui travaille depuis 2016 pour le club de football de l'Union Saint-Gilloise), confirme lui aussi que le manque d'infrastructures pour le sport de haut niveau constitue un gros problème au sein de la Région de Bruxelles Capitale.

" Le Basic-Fit Brussels possède la page Facebook la plus visitée de tous les clubs de première division, et l'Union Saint-Gilloise est, sur le net, l'équipe la plus populaire du football professionnel belge en dehors des grands clubs traditionnels. L'enthousiasme des supporters bruxellois est donc prouvé, mais il ne peut s'exprimer nulle part. Bruxelles ne dispose d'aucun stade et d'aucune salle susceptible d'accueillir des événements européens de haut niveau. C'est tout de même incroyable, non ? Mais bon, il y a 19 communes à Bruxelles, et celles-ci travaillent de manière différente que la Région qui, elle, est bel et bien disposée à miser sur des événements sportifs."

Succès des Wilink-games

Puisqu'il n'existe pas de plan concret pour la construction d'une nouvelle salle multi-fonctionnelle à Bruxelles, le Basic-Fit Brussels s'efforce d'entretenir la flamme des supporters en organisant des événements en dehors de Neder-Over-Heembeek. Les Wilink-games en sont les meilleurs exemples. Depuis trois ans, le Brussels organise chaque année un match de prestige au Palais 12 ou à Forest National. A chaque fois, plus de 5.000 spectateurs se pressent à l'entrée.

Le 26 décembre 2018, traditionnellement appelé le BoxingDay en football, un premier Eloya Christmas Game a été organisé à Forest National avec Alost pour adversaire. A cette occasion-là aussi, la salle de spectacle a quasiment fait le plein. Et vendredi dernier, le Brussels a été le premier club belge à délocaliser un match de championnat à l'étranger : il a accueilli Charleroi à Dudelange, au Grand-Duché de Luxembourg.

Le coach Serge Crevecoeur a de la suite dans les idées. Avec toutes ces initiatives, il espère ouvrir les yeux des politiciens bruxellois. " Je suis persuadé que Bruxelles recèle le même potentiel qu'Anvers. La métropole est capable de réunir 17.000 spectateurs au Sportpaleis pour un match de basket. Le succès de nos Wilink-games démontre que le public bruxellois est également enclin à répondre à l'appel. Mais, pour réussir, nous avons besoin du soutien de la ville, comme à Anvers ".

Il lance donc un nouvel appel du pied en direction des hommes politiques locaux. Entre-temps, il continue à faire des miracles sportifs à la tête du Basic-Fit Brussels. Pour briller une nouvelle fois en play-offs, à partir de vendredi ?

Serge Crevecoeur, le Maurizio Sarri du basket belge

Au Basic-Fit Brussels, tout tourne autour de Serge Crevecoeur (47 ans). Il a hissé le club de troisième en première division, et a même atteint la finale des play-offs contre Ostende, il y a deux ans. Crevecoeur est bien plus qu'un coach : il s'occupe du recrutement, attire des sponsors, organise des événements, donne des conférences, réaménage les structures du club, engage des diététiciens et des professionels à tous les niveaux.

" C'est quelqu'un d'unique ", affirment pratiquement toutes les personnes qui ont eu l'occasion de collaborer avec lui. Ce qui est encore plus remarquable : Crevecoeur a sacrifié un job lucratif dans le secteur financier pour s'occuper de basket. Comme Maurizio Sarri, l'entraîneur italien de Chelsea, l'a fait également.

Ancien directeur de banque, Sarri est devenu l'un des entraîneurs les plus respectés dans le football moderne. Crevecoeur a, lui aussi, commencé une nouvelle vie : " J'en avais marre de cette vie trépidante et stressante qui était la mienne jusque-là : j'habitais à Londres mais je voyageais partout dans le monde, en Asie, au Moyen-Orient ou aux états-Unis. J'étais déjà le coach de l'Excelsior Bruxelles depuis 2008 et, à partir de 2010, j'ai tout laissé de côté pour me consacrer au basket et commencer un nouveau projet. étape par étape. Nous ne nous sommes jamais endettés et je n'ai jamais investi un euro de ma bourse personnelle, mais j'ai amené des sponsors. Depuis, le Brussels est devenu un club stable de première division."

Il a appris en regardant constamment des matches, en discutant avec des joueurs, des collègues et des experts. Pour devenir le coach de haut niveau qu'il est aujourd'hui. DomienLoubry, qui travaille déjà avec lui depuis cinq ans, le décrit comme "un savant mélange entre un people-manager et un tacticien. Il croit très fort dans l'approche individuelle : certains joueurs ont besoin d'être bien encadrés et de recevoir des consignes strictes, d'autres préfèrent être encouragés et recevoir des messages positifs. Il est très fort dans la gestion humaine. Sur le plan tactique, il part toujours de la défense, et nous accorde une certaine liberté en attaque. Il y a une certaine collaboration avec les anciens de l'équipe : Guy Muya, Alex Lichodzijewski et moi-même. Je suis certain qu'au début, il a appris de nous également, car il ne possédait pas d'expérience de joueur au plus haut niveau. A l'inverse, c'est très agréable pour nous d'être autant impliqués dans le processus."

" Si je devais décrire Serge Crevecoeur en un mot, le premier qui me viendrait à l'esprit serait : ambition ", conclut le meneur de jeu anversois du Brussels. Ce que le coach lui-même confirme. Sa devise : "Je veux être meilleur demain qu'aujourd'hui, c'est presque une obsession. Et c'est aussi ce que je souhaite à mes joueurs et à mon club."

Amin Stevens tente de bloquer Tyler Kalinoski des Antwerp Giants., BELGAIMAGE
Amin Stevens tente de bloquer Tyler Kalinoski des Antwerp Giants. © BELGAIMAGE
"Ce que nous réalisons, est un petit miracle. " Une phrase que l'on entend souvent dans la bouche des joueurs, des coaches et des dirigeants du Basic-Fit Brussels. Avec un budget d'environ 1,5 million d'euros, mais surtout une salle beaucoup trop petite (1.000 places) située à Neder-Over-Heembeek, le Brussels est en réalité un Petit Poucet de notre championnat. Pourtant, il y a deux ans, les Bruxellois avaient atteint la finale des play-offs contre Ostende, ont déjà disputé deux campagnes européennes et ont même occupé, cette saison, temporairement la tête du classement après une série de 12 victoires d'affilée. Seule l'élimination en demi-finale de la Coupe de Belgique - qui était un objectif important - des oeuvres des Antwerp Giants a constitué une petite déception, ces derniers mois. Domien Loubry, qui est depuis cinq ans le distributeur et le dépositaire du jeu bruxellois, explique ce succès sportif : " Nous avons un groupe très équilibré, avec une base de joueurs belges expérimentés comme Guy Muya, Alex Lichodzijewski et moi-même, qui donne un gage de stabilité, complétée par quelques joueurs américains qui apportent réellement un plus ( à l'image d'Amin Stevens, nommé parmi les candidats à l'élection du MVP de la saison, ndlr) et quelques jeunes qui reçoivent la possibilité de s'exprimer, comme les frères Niels et JonasFoerts et William Robeyns. C'est le mérite du coach Serge Crevecoeur, qui compose lui-même son groupe. J'estime que, vu le jeu proposé, nous sommes à notre place dans le Top 4. Ostende et Anvers sont en principe trop forts pour nous, mais nous nous maintenons dans leur sillage, avec Charleroi. Les autres équipes suivent. Mais, dans les play-offs, tout le monde repart de zéro. Qui sait si nous ne pourrons pas surprendre une nouvelle fois, comme il y a deux ans ? " " Sur le plan sportif, nous pouvons déjà être très satisfaits de cette campagne, car seuls Ostende et Anvers nous ont été supérieurs ", confirme André De Kandelaer, président de l'Excelsior Bruxelles de 1978 à 1988 puis, de1998 à nos jours, du Basic-Fit Brussels qui a succédé à l'Excelsior. "Notre principal problème réside dans les infrastructures, qui nous empêchent de grandir davantage. C'est un souci quotidien." Le Basic-Fit Brussels dispute ses matches à domicile dans le complexe communal de Neder-Over-Heembeek, où il doit partager la salle avec les écoles des environs. "Nous devons rassembler dix collaborateurs du club dans un bureau de 6 mètres sur 4. C'est là aussi que les leçons de théorie sont données aux joueurs. Et souvent, des cours de zumba sont organisés dans la petite salle d'à côté, avec tout le bruit que cela implique", regrette De Kandelaer. " L'absence d'espace VIP, où l'on pourrait accueillir les sponsors, constitue un autre obstacle dans le développement du club. Et certains supporters font parfois demi-tour parce qu'ils ne trouvent pas de place de parking dans les environs ", poursuit le chairman du club. " Ils tournent parfois en rond pendant une demi-heure, puis renoncent. Ces infrastructures sont d'un autre temps. Aujourd'hui, les gens demandent du confort. Et, s'ils le pouvaient, ils aimeraient rouler jusque dans la salle avec leur voiture." Serge Crevecoeur, qui cumule les fonctions de coach et de directeur général, a d'ailleurs poussé un cri de désespoir dans la presse, il y a quelques mois. " Si nous ne trouvons pas de solution à notre problème d'infrastructures endéans deux ou trois ans, il vaut mieux arrêter. Je me demande souvent si tous nos efforts en valent bien la peine. Pour s'entraîner une heure et demie le lundi ? Nous avons atteint nos limites. Il n'y a rien, dans cette salle, que nous n'avons pas piqué aux écoles." Depuis cette sortie médiatique, il y a eu quelques rendez-vous avec le nouvel échevin des sports de la ville de Bruxelles, Benoit Hellings. De Kandelaer : "Les discussions ont été positives, comme elles l'étaient déjà avec le collège communal précédent. Mais il est temps de proposer du concret. Il y a cinq ans que nous promettons du changement à nos sponsors, mais à un moment donné, nous perdrons notre crédibilité. Au terme de cette saison, notre sponsor principal, Basic-Fit, arrêtera d'ailleurs les frais." Une nouvelle salle multi-fonctionnelle constituerait la meilleure solution, mais le projet a déjà été enterré autant de fois qu'il a été lancé. " Cette nouvelle salle ne sera pas construite ", se lamente le président du club, réaliste. " Le nouvel échevin nous a déjà averti. Mais une modernisation et un agrandissement de la salle actuelle restent de l'ordre du possible, à court terme." C'est d'ailleurs nécessaire, car la place dans le Top 4 assure au Basic-Fit Brussels une participation européenne la saison prochaine. Seulement voilà : le complexe sportif de Neder-Over-Heembeek n'est pas conforme aux normes exigées par la FIBA. " Nous avons déjà demandé à la FIBA quels aménagements devraient être effectués pour que la salle soit homologuée, afin de pouvoir transmettre ces exigences aux autorités communales", poursuit De Kandelaer. " Si ces aménagements ne peuvent pas être réalisés, il reste la possibilité d'émigrer au Palais 12 sur le plateau du Heysel, mais cela coûte cher. Ou alors, nous devrons louer la salle d'Anvers, d'Ostende ou de Mons. Ce serait tout de même ridicule, pour un club bruxellois, de devoir aller jouer là-bas." " Et doublement dommage, car le public bruxellois crée une ambiance spéciale dans la salle ", affirme Loubry, qui a joué à Gand et à Anvers dans le passé. " A Bruxelles, on trouve un mix entre l'ambition flamande et le côté festif des Wallons. A Anvers ou à Gand, lorsque les résultats ne répondent pas à l'attente, les spectateurs font entendre leur mécontentement. A Bruxelles, on s'attarde plus sur l'aspect humain. Même après une défaite, les supporters continuent à nous encourager. Il y a un noyau dur qui porte l'équipe. On retrouve également ce phénomène dans les clubs wallons, alors qu'à Gand ou à Anvers, les gens viennent d'abord au basket pour voir un spectacle." Malgré son problème d'infrastructures, le Basic-Fit Brussels démontre qu'il est un club à haut potentiel. Un géant endormi. Ce n'est qu'une question de temps avant qu'il ne se réveille, comme cela s'est produit à Anvers avec les Giants. Le Brussels compte 24 équipes de jeunes, pour un total de 350 joueurs. Le club a lancé cette saison sa TalentAcademy et travaille désormais en collaboration avec les écoles de la région. Les joueurs de l'équipe A vont régulièrement donner des cours d'initiation. " C'est là que l'on constate que Bruxelles regorge de talents ", affirme Domien Loubry. " Mais ces jeunes doivent recevoir la possibilité de développer ce talent. Comme Anvers, Bruxelles est une ville multiculturelle, où le sport reste un bon moyen d'intégration sociale. Les Antwerp Giants démontrent aujourd'hui tous les bénéfices qu'on peut retirer d'un nouveau centre d'entraînement pour les jeunes. Pourquoi cela ne serait-il pas possible à Bruxelles ? " Alexandre De Meeter, qui était ces dernières années responsable de la communication, des réseaux sociaux et du marketing au Basic-Fit Brussels avec sa société Sportimize (et qui travaille depuis 2016 pour le club de football de l'Union Saint-Gilloise), confirme lui aussi que le manque d'infrastructures pour le sport de haut niveau constitue un gros problème au sein de la Région de Bruxelles Capitale. " Le Basic-Fit Brussels possède la page Facebook la plus visitée de tous les clubs de première division, et l'Union Saint-Gilloise est, sur le net, l'équipe la plus populaire du football professionnel belge en dehors des grands clubs traditionnels. L'enthousiasme des supporters bruxellois est donc prouvé, mais il ne peut s'exprimer nulle part. Bruxelles ne dispose d'aucun stade et d'aucune salle susceptible d'accueillir des événements européens de haut niveau. C'est tout de même incroyable, non ? Mais bon, il y a 19 communes à Bruxelles, et celles-ci travaillent de manière différente que la Région qui, elle, est bel et bien disposée à miser sur des événements sportifs." Puisqu'il n'existe pas de plan concret pour la construction d'une nouvelle salle multi-fonctionnelle à Bruxelles, le Basic-Fit Brussels s'efforce d'entretenir la flamme des supporters en organisant des événements en dehors de Neder-Over-Heembeek. Les Wilink-games en sont les meilleurs exemples. Depuis trois ans, le Brussels organise chaque année un match de prestige au Palais 12 ou à Forest National. A chaque fois, plus de 5.000 spectateurs se pressent à l'entrée. Le 26 décembre 2018, traditionnellement appelé le BoxingDay en football, un premier Eloya Christmas Game a été organisé à Forest National avec Alost pour adversaire. A cette occasion-là aussi, la salle de spectacle a quasiment fait le plein. Et vendredi dernier, le Brussels a été le premier club belge à délocaliser un match de championnat à l'étranger : il a accueilli Charleroi à Dudelange, au Grand-Duché de Luxembourg. Le coach Serge Crevecoeur a de la suite dans les idées. Avec toutes ces initiatives, il espère ouvrir les yeux des politiciens bruxellois. " Je suis persuadé que Bruxelles recèle le même potentiel qu'Anvers. La métropole est capable de réunir 17.000 spectateurs au Sportpaleis pour un match de basket. Le succès de nos Wilink-games démontre que le public bruxellois est également enclin à répondre à l'appel. Mais, pour réussir, nous avons besoin du soutien de la ville, comme à Anvers ". Il lance donc un nouvel appel du pied en direction des hommes politiques locaux. Entre-temps, il continue à faire des miracles sportifs à la tête du Basic-Fit Brussels. Pour briller une nouvelle fois en play-offs, à partir de vendredi ?