Mercredi dernier, Sepp Blatter avait l'air fatigué, quand, peu avant midi, il a fait son apparition à Zurich, où se tenaient les séances des commissions permanentes de la FIFA. Il avait effectué un vol de nuit depuis le Sri Lanka, où il avait inauguré le nouveau stade multifonctionnel de Colombo et, en outre, une série de dossiers chauds l'attendait au siège de la FIFA.
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Mercredi dernier, Sepp Blatter avait l'air fatigué, quand, peu avant midi, il a fait son apparition à Zurich, où se tenaient les séances des commissions permanentes de la FIFA. Il avait effectué un vol de nuit depuis le Sri Lanka, où il avait inauguré le nouveau stade multifonctionnel de Colombo et, en outre, une série de dossiers chauds l'attendait au siège de la FIFA. Le patron de la fédération mondiale paraissait plutôt serein par rapport à la mise en faillite d'ISL, prononcée la veille à Zug. La FIFA travaillait avec cette entreprise de marketing depuis sa fondation par Horst Dassler. Il a déclaré que les successeurs de son fondateur, trop tôt décédé, avaient suivi les idées de celui-ci sans avoir sa vision du sport et ses aptitudes commerciales. Blatter ne s'en est pas moins montré optimiste en prévision de l'avenir. La FIFA a déjà fondé sa propre société de marketing et va engager trente personnes. Elle est également en train d'élaborer avec Vivendi, la société qui regroupe Canal+, RTL et UFA, un contrat pour les droits de retransmission des deux prochaines Coupes du Monde. Ces droits constituent une véritable mine d'or pour ceux qui les décrochent mais leur portée politique est telle que toutes les parties impliquées dans la discussion sont extrêmement prudentes. Le président de la FIFA s'inquiétait bien davantage de la sécurité dans les stades. L'inefficacité des mesures dans le monde entier, mais surtout en Afrique, vient de coûter la vie à 210 personnes au moins. Blatter a déclaré que la FIFA n'avait aucune prise sur ces événements dramatiques mais que tout allait être mis en oeuvre pour stopper cette succession de catastrophes dans les stades par l'intermédiaire des confédérations, des fédérations nationales et des autorités politiques locales.La première exigence, à chaque match, sera de ne pas donner le coup d'envoi tant que le public n'aura pas quitté les environs immédiats du stade. On va interdire l'usage des bombes lacrymogènes et les grilles qui entourent les terrains, a fortiori quand elles sont surmontées de fil barbelé. En Afrique, la FIFA peut user de sa grande influence morale sur les autorités. Là-bas, elle est l'une des organisations mondiales les plus respectées. Le problème se situe plutôt au niveau financier. Tous les stades de football sont victimes d'un état endémique d'insécurité. Les bâtiments sont vétustes, usés, on ne les rénove jamais. Tout simplement parce que les contrats de construction, généralement conclus avec des entrepreneurs et architectes chinois, sont dépourvus de clauses d'entretien et que les Africains ne peuvent en supporter les frais. Les autorités, politiques et militaires, n'interviennent pas à titre préventif non plus. Leurs actions se bornent à l'aspect répressif. Du coup, l'incident le plus banal peut être à l'origine de drames imprévisibles. La sécurité dans les stades sera en tout cas un des points les plus importants de l'agenda du congrès de la FIFA qui a lieu à Buenos Aires en juillet.Ce congrès sera aussi l'occasion de dévoiler la version définitive des accords sur les modalités de transfert. La FIFA a d'ailleurs appris avec stupéfaction, il y a quelques jours, que Me Misson et la FIFPRO avaient l'intention d'intenter un procès contre ce règlement avant même d'en connaître le contenu exact. Enfin, le patron de la FIFA ne doit plus guère nourrir de soucis quant à sa réélection, l'année prochaine, à Séoul. Son principal rival, le Dr. Chung Mong-Joon, le vice-président coréen, a rompu son alliance avec l'Afrique l'année dernière, au moment du vote pour l'attribution de la Coupe du Monde 2006. Chung avait conseillé à l'Asie de se prononcer en faveur de l'Allemagne. Il en paiera les conséquences dans son propre pays. Mick Michels