C'est la rançon de la gloire : victorieux haut la main du championnat 2011-2012 et crédité d'une première place en poules de l'Europa League, le RSCA interpelle en cette fin de saison. Au même titre qu'en 2001, lorsque son effectif avait subi une saignée draconienne suite à des résultats probants en Ligue des Champions, le club risque de perdre cet été aussi quelques-uns de ses plus beaux atours.
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C'est la rançon de la gloire : victorieux haut la main du championnat 2011-2012 et crédité d'une première place en poules de l'Europa League, le RSCA interpelle en cette fin de saison. Au même titre qu'en 2001, lorsque son effectif avait subi une saignée draconienne suite à des résultats probants en Ligue des Champions, le club risque de perdre cet été aussi quelques-uns de ses plus beaux atours. Mais si, à l'époque, les Mauves avaient été pris au dépourvu, ils se sont mis cette fois très tôt en quête de solutions de rechange. Comme avec le défenseur saoudien Osama Hawsawi, par exemple, dont le transfert a déjà été conclu. D'autres noms circulent et, à l'image de ce qui s'était passé dans le cas de Milan Jovanovic et DieumerciMbokani, certains dossiers sont gelés en attendant le moment propice pour négocier. Silvio Proto aura fait partie des éléments les plus en vue cette saison, ce qui y est peu courant dans le chef d'un gardien. D'un bout à l'autre de la saison, le longiligne Louviérois se sera montré un modèle de constance, n'abandonnant que des miettes (3.420 minutes de jeu). Sauf blessure (ce qui lui est, malheureusement, déjà survenu), il est bien parti pour régner quelques années encore, entendu qu'il vient de renouveler son contrat jusqu'en 2017. Titularisé pour les besoins de la Coupe ainsi que pour le match de clôture des play-offs face au Standard, Davy Schollen a eu la malchance de faire partie du onze de base éliminé sans gloire (1-2) par Rupel Boom, modeste pensionnaire de D3, en huitièmes de finale de la Coupe. Une éviction qui a fait tache, à la fois pour lui et pour les autres repêchés à l'occasion de cette rencontre, Denis Odoi, Lukas Marecek et Tom De Sutter. A 34 ans et arrivé en fin de contrat, la direction a décidé de ne plus le prolonger. Idem pour Michael Cordier, ex-compagnon de route de Proto chez les Loups. Autant les deux hommes se tenaient de près au Tivoli, autant l'écart a grandi entre eux au fil des ans. Tandis que le premier s'est affirmé (il compte près de 200 matches au compteur), autant l'autre, avec 60 rencontres à peine au plus haut niveau, s'est fait discret. Dans la hiérarchie, il sera remplacé comme n°3 par Davy Roef, un jeune (18 ans) on ne peut plus prometteur. Devant lui, comme doublure de Proto, les Mauves tableront sur Thomas Kaminski, transféré l'été dernier du Germinal Beerschot mais casé d'emblée à Oud-Heverlee Louvain où il a largement contribué au maintien en D1. Paradoxalement, l'arrière-garde, souvent montrée du doigt ces derniers mois, a réalisé une campagne peu banale. Avec une moyenne de 0,71 but encaissé par match, aucune défense belge n'a fait mieux depuis le changement de millénaire. Par contre, avec un average d'1,95 goal par rencontre, le secteur offensif ne compte pas parmi les plus productifs de cette période. Seul le Standard champion en 2008 et 2009, avait fait moins bien avec, tour à tour 1,79 et 1,89. Sur le départ il y a un an, Marcin Wasilewski s'est rebiffé de manière autoritaire, au point de reléguer dans l'ombre Denis Odoi, pourtant acquis pour le remplacer au back droit. Repris en sélection dans le cadre de l'EURO 2012, Wasyl devrait également aller au bout de son contrat à Anderlecht, qui vient à échéance à la fin de l'exercice 2012-2013. Au même titre que son alter ego sur l'autre flanc, Olivier Deschacht, le joueur présente la particularité de se tirer d'affaire aussi dans l'axe central, où le Sporting était singulièrement à l'étroit. La même polyvalence est l'apanage d'Odoi, au demeurant, à cette nuance près que cet aspect multifonctionnel concerne uniquement les couloirs. Lors des play-offs, ce droitier avait brillé à gauche, par exemple. Reste qu'avec un temps de jeu limité (un peu plus de 1.000 minutes à peine), l'ancien Louvaniste se sent des fourmis dans les jambes. D'autant que le SC Heerenveen s'est mis sur les rangs. A gauche, outre Oli, qui a longuement dû panser ses blessures cette saison, le club dispose encore de Behrang Safari et, surtout, du prometteur Jordan Lukaku. Titularisé pour la première fois au Standard lors des play-offs, le frérot de Romelu a montré des qualités intéressantes ce jour-là, ainsi qu'à chacune de ses autres piges. A 17 ans, il a l'étoffe d'un back moderne. Au c£ur de la défense, Cheikhou Kouyaté devrait être le seul rescapé à l'échelon des valeurs sûres. Son compère Roland Juhasz, vieux briscard arrivé en 2005, ne s'éternisera sans doute pas. Courtisé par les Glasgow Rangers pendant l'hiver, le Hongrois avait accepté de jurer fidélité à la maison mauve en échange d'un bon de sortie modique (2,5 millions) cet été. Pas sûr qu'il ira en Ecosse, où la crise a frappé le club protestant, mais le grand Roland ne manquera sans doute pas d'offres. Le Borussia Mönchengladbach et les Ukrainiens de Dniepr Dniepropetrovsk se sont déjà manifestés. A quoi bon le retenir, dans la mesure où il a clairement ses idées ailleurs. La preuve par sa saison mi-figue mi-raisin qu'il a sauvée par l'un ou l'autre but important (face à Bursaspor et au Standard, durant la phase classique) plus que par ses prestations comme défenseur. Pour le remplacer, Anderlecht a jeté son dévolu sur le Saoudien Hawsawi, référence dans son pays ainsi que dans le golfe Persique, mais qui a tout à prouver en Europe. S'il n'a pas trouvé acquéreur avant ses 28 ans, c'est peut-être déjà un signe sur les craintes à son propos. Indépendamment de lui, le RSCA cherche encore une grosse pointure, un gaucher de préférence, et capable de sortir un bon ballon de la ligne arrière. En Belgique, seul le stoppeur Erwvin Zukanovic, de Courtrai, répond à ce profil. Mais en haut lieu, au Sporting, on doute quand même de ses aptitudes à la relance. Comme autre nom mentionné, on relèvera aussi le défenseur central du Club, Ryan Donk, qui présente encore un autre attrait, puisqu'il peut être aligné au back aussi. Mais dans son désir de réduire l'écart avec le Sporting, il y a fort à parier que la direction flandrienne se montrera inflexible. Reste à voir aussi si le nouveau coach, Georges Leekens, verrait d'un bon £il le Néerlandais partir à Anderlecht, qui restera de toute façon l'équipe à battre pour lui la saison prochaine. Des deux récupérateurs, Lucas Biglia et Sacha Kljestan, seul l'Américain est sûr de rester au stade Constant Vanden Stock. Vu ses états de service cette saison, son bail, qui arrive à terme en 2014, sera reconduit en principe jusqu'en 2016. L'Argentin, lui, ne cache pas qu'après 6 années à Anderlecht, il aspire à changer d'air (voir Témoin n°1). Lui-même se gausse d'un prétendu intérêt du Real Madrid. Mais il est plus plausible de le voir aboutir ailleurs. Et peut-être bien en Italie puisque la Fiorentina est sur la balle. Le départ du gaucho priverait le Sporting d'une courroie de transmission précieuse dans l'entrejeu. Ce n'est pas à son compère US qu'il faut demander d'acheminer des ballons vers l'avant. A moins, bien sûr, que Kanu ne soit associé à ses côtés. Au sein du club, pas mal de personnes sont en tout cas convaincues qu'il s'agit là de la meilleure place du gaucher Brésilien. Si son coup de patte et son habileté à conserver le ballon ne sont pas négligeables non plus au 10, numéro qu'il porte d'ailleurs, sa versatilité ne plaide pas en sa faveur. En revanche, le RSCA ne serait pas réfractaire au retour d'un joueur qu'il a snobé autrefois : Maarten Martens. Maître à jouer de l'AZ Alkmaar, celui-ci a fait mal à son club formateur cette saison en s'érigeant comme bourreau des Mauves, au Parc Astrid, lors du seizième de finale de l'Europa League. Le garçon, qui a passé 8 ans aux Pays-Bas, dont 6 à Alkmaar, estime y avoir fait le tour du propriétaire. Mais à près de 28 ans, il ne flashe pas nécessairement vers une compétition plus huppée. Et un retour au Parc Astrid, où il n'a jamais eu sa chance jadis, ne lui déplairait pas. Son apport doterait le club d'un véritable meneur comme l'était Pär Zetterberg. C'est à cette position, entre autres, que le bât a blessé à Anderlecht ces derniers mois. Le Sporting a effectivement opéré davantage avec un attaquant en retrait, type Matias Suarez, qu'avec un homme-orchestre au c£ur de la ligne médiane. L'Argentin, dont la cote a grimpé en flèche cette année, sera difficile à retenir. Mais, pour lui, le club a peut-être déjà un successeur dans ses rangs en la personne de l'infortuné Ronald Vargas. Sans oublier qu'il pourra compter aussi sur les services de Guillermo Molins, redevenu opérationnel après une opération aux ligaments croisés. Sur le flanc droit, le Suédois est appelé à concurrencer Guillaume Gillet, qui a choisi lui aussi de rester malgré des stats plaidant largement en sa faveur. Sur l'autre versant, la réserve est de rigueur concernant Milan Jovanovic. Le Serbe n'a guère apprécié d'avoir été mis sur le banc lors de certains matches des play-offs, alors qu'il avait été important dans la phase classique face aux mêmes équipes du top 6. Au même titre que Tom De Sutter, réduit au rôle de Super sub, l'avenir du Serpent pourrait malgré tout s'éclaircir, entendu qu' Ariel Jacobs arrête. Anderlecht a officié la plupart du temps avec une seule pointe cette saison : Dieumerci Mbokani. Le Congolais, qui avait joué un rôle prépondérant dans le sacre du Standard en 2008 et 2009, aura été d'une importance tout aussi capitale au Sporting. Au poste le plus avancé sur le terrain, Dieu n'a pas de rival en Belgique. Le seul qui se rapproche le plus de lui est Christian Benteke. Ce n'est dès lors pas un hasard si, en cas de départ de son meilleur artificier, Anderlecht songe précisément au puncheur de Genk comme alternative. Mais la concurrence ne sera pas piquée des vers : le Borussia Mönchengladbach l'a dans le collimateur également et voit en lui le successeur tout désigné de Marco Reus. Deux autres noms, qui reviennent avec insistance aussi, sont ceux de Mehdi Carcela et de Gohi Bi Cyriac. Le premier s'embête à Anzhi Makhatchkala et aimerait se rapprocher de la Belgique. Pour que l'affaire se concrétise, il faudrait cependant que le club et le joueur mettent pas mal d'eau dans leur vin. D'un côté, on voit mal les Russes brader un footballeur qu'ils ont acquis pour 6,5 millions d'euros. Quant au Belgo-Marocain, avec ses deux millions nets par an, il n'est pas à la portée non plus de la bourse des Mauves. Par contre, ceux-ci pourraient réaliser une bonne opération avec Cyriac. En échange d'une prolongation de contrat, paraphée en cours de saison, celui-ci a obtenu une clause libératoire à hauteur de 2 millions d'euros, portant sur le mercato d'été 2012 uniquement. Ce qui n'est pas lourd pour un joueur comme lui. Si ses qualités font l'unanimité au Sporting, on s'y interroge toutefois sur l'état de ses genoux, vu qu'il est écarté pour la deuxième fois des terrains en l'espace d'autant d'années, suite à une opération aux ligaments croisés. Anderlecht avait déjà pris un risque avec Vargas, qui a fait une rechute cette année. Pas sûr qu'il voudra s'exposer une fois encore à ce genre de déboires, avec un Rouche ce coup-ci. PAR BRUNO GOVERS