Une bière en salle de presse ne suffit pas à consoler Bob Peeters (31 ans). Il enrage. La fête que Genk s'apprêtait à vivre à la 80e minute, quand Peeters quitta le terrain sous les applaudissements, a été annihilée par l'égalisation inattendue du Club Bruges (2-2).
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Une bière en salle de presse ne suffit pas à consoler Bob Peeters (31 ans). Il enrage. La fête que Genk s'apprêtait à vivre à la 80e minute, quand Peeters quitta le terrain sous les applaudissements, a été annihilée par l'égalisation inattendue du Club Bruges (2-2). Bob n'a pu que jurer. Son but aurait dû suffire pour conserver une victoire amplement méritée. " Nous développons le plus beau football de D1. Nous aurions dû conserver notre avance ", soupire l'avant. Après 50 minutes, il aurait d'ailleurs dû tuer le match. Au lieu d'inscrire le 2-0, il tira sur la transversale. Une minute plus tard, le Club égalisait. Malgré ce partage des points, Genk a le vent en poupe. Cette progression est-elle partiellement imputable à Bob Peeters ? Le directeur technique Ariel Jacobs grimace quand on lui pose la question. " Quelques jours avant ce match contre Bruges, j'ai entendu un reporter poser le même genre de question à Orlando Engelaar : nos progrès étaient-ils dus à son retour ? Peeters et Engelaar sont revenus au même moment dans l'équipe. Ils constituent deux explications parmi beaucoup d'autres de notre progression. Plusieurs autres blessés sont revenus, ce qui a permis à Genk de retrouver ses repères ". Quand Genk a enrôlé Peeters, à la troisième journée de championnat, Jacobs savait que l'ancien international aurait besoin de temps avant de retrouver son niveau. " On doutait de lui. On racontait que Genk avait embauché un joueur blessé. Il n'avait plus joué depuis un an et demi parce qu'on avait mal soigné sa blessure au pied. Ensuite, il avait recouvré ses moyens mais n'entrait pas dans les projets de l'entraîneur de Millwall. Les tests physiques ont toutefois démontré qu'il avait une bonne condition. Jusqu'à présent, il n'a été blessé qu'une fois, après avoir fêté avec excès son but contre le Germinal Beerschot ". Jacobs poursuit : en début de saison, Genk avait besoin d'un attaquant comme Peeters. " Nous ne l'avons pas engagé pour jouer le contre. Son boulot est d'être dans le rectangle quand des ballons y parviennent. Nous avions besoin d'un homme qui sache démanteler une défense. Bob avait l'avantage de connaître le football belge et de savoir ce que nous attendions de lui ". Hugo Broos estime que Peeters n'a pas encore retrouvé son meilleur niveau. " Ces dernières semaines, selon moi, il est à 80 % de ses possibilités réelles. Nous ne verrons le vrai Bob Peeters qu'après le Nouvel An. Nous savions pertinemment qu'il aurait besoin de temps, après une telle blessure. Le problème, c'est qu'il était ultra motivé à l'idée de montrer ce dont il était capable. On l'avait un peu oublié en Belgique et il voulait se rappeler au souvenir des gens. Chez Bob, l'orgueil joue un rôle non négligeable. Il veut prendre une revanche. En fait, nous aurions dû le ménager et le faire entrer progressivement mais nous n'avons pas pu lui donner cette chance. Les nombreuses blessures qui ont affecté le noyau nous ont pratiquement obligés à l'aligner. Nous n'avions guère d'autre choix. Son premier match, avec les Réserves contre Anderlecht, lui a valu un bon bulletin. Cela a quelque peu faussé l'image car dans les matches suivants, on a vu qu'il n'avait pas encore le rythme requis. Bob doit conserver le ballon en attaque. Au début, il n'y parvenait pas. Cela changera après la trêve hivernale. Parfois, il ne se trouve pas dans le rectangle alors qu'il le devrait. C'est parce qu'il veut trop en faire pour aider l'équipe quand elle ne tourne pas. Alors, il recule, il se déporte vers les flancs où il n'a rien à faire, en fait. Il sait qu'il quitte son poste et qu'il ne peut alors pas développer son propre jeu ". Contre le Club aussi, Peeters s'est souvent replié jusque dans le rectangle de Genk, afin de s'acquitter de sa part de tâches défensives. Cette fois, on ne le lui a pas reproché. Le public de Genk l'a hué à plusieurs reprises, dans le passé. " Il a fait avec ", explique Ariel Jacobs. " Car il savait qu'il n'était pas bon. On le voit immédiatement, quand ça ne va pas. C'est le cas depuis sa jeunesse. On le remarque toujours. On ne peut évidemment pas demander à un joueur de son gabarit de se déplacer avec élégance sur le terrain ". Broos le souligne : Peeters n'est pas dé- stabilisé par les sifflets. " Ce qui compte, c'est qu'il sache ce que les responsables sportifs pensent de lui. Bob n'est pas élégant sur un terrain mais ce n'est pas ce que nous attendons de lui non plus ". Ce qui plaît à Jacobs et à Broos, c'est que Peeters ne s'occupe pas que de lui-même : il dirige aussi les autres. Broos : " C'est en lui. Bob est un communicateur, sur le terrain comme en dehors. Cela prend d'ailleurs de telles proportions que les autres lui disent parfois : -Bob, tais-toi un peu. Car il n'arrête pas une minute de parler. On ne parviendra jamais à le faire taire. Nous avons trop peu de footballeurs de son acabit dans l'équipe. C'est une bonne chose pour moi qu'il parle autant car le groupe est très calme. Ce sont évidemment des choses qu'on ne peut pas forcer. Quand Koen Daerden et Gert Claessens seront de retour, cet aspect s'améliorera. Pour le moment, en perte de balle, personne ne dirige la man£uvre, personne ne crie. Bob le fait, d'une manière très humaine. Il n'insulte personne ". Contre Bruges, Broos a laissé Kevin Vandenbergh moisir sur le banc jusqu'en fin de rencontre. Genk doit-il jouer en fonction de Peeters ou Peeters doit-il jouer en fonction de Genk ? Broos : " Le Racing ne doit pas jouer en fonction d'une personne. Bob est un de nos atouts parce qu'il sait conserver le ballon. Kevin marque très facilement mais n'a pas cette aptitude, pas plus que Nenad Stojanovic. Un type comme Bob nous faisait défaut. Soit on joue le contre et on a besoin de footballeurs rapides à envoyer en profondeur ; nous avons ces éléments sur les ailes mais pas en pointe. Soit on campe aux alentours du rectangle et alors, un joueur comme Bob est extrêmement utile. Engelaar est sûr ballon au pied mais il a besoin de le passer, il ne peut pas le conserver. Maintenant, il a le choix : il peut combiner avec Steven Defour, le renvoyer aux flancs ou viser Bob en profondeur. Il a beaucoup plus d'options qu'il y a quelques mois ". GEERT FOUTRÉ