Dimanche soir, Guy Luzon écumait de rage après le match nul 2-2 du Standard à Genk. Il s'en est pris à l'arbitrage, relevant trois décisions qui avaient désavantagé les Liégeois. Il a encore rappelé le match de la semaine précédente, à Zulte Waregem, durant lequel IdrissaSylla avait impunément marché sur la jambe de Laurent Ciman. Et dimanche, d'après Luzon, Yoni Buyens avait été exclu alors qu'il n'avait même pas touché Jelle Vossen.
...

Dimanche soir, Guy Luzon écumait de rage après le match nul 2-2 du Standard à Genk. Il s'en est pris à l'arbitrage, relevant trois décisions qui avaient désavantagé les Liégeois. Il a encore rappelé le match de la semaine précédente, à Zulte Waregem, durant lequel IdrissaSylla avait impunément marché sur la jambe de Laurent Ciman. Et dimanche, d'après Luzon, Yoni Buyens avait été exclu alors qu'il n'avait même pas touché Jelle Vossen. Le Standard et l'arbitrage, c'est une longue histoire. Dans le passé, Luciano D'Onofrio a souvent fustigé les fautes des assistants, et l'énervement de Luzon n'était pas tout à fait incompréhensible. Par contre, parler de complot, c'est très dangereux. Cela risque d'empoisonner l'ambiance et de focaliser l'attention générale sur toutes les décisions arbitrales, même s'il faut reconnaître que la génération actuelle des arbitres n'atteint pas un niveau très élevé. Il y a eu pas mal d'irritations durant le championnat régulier et elles sont accentuées durant cette phase cruciale du championnat. Il est difficile de conserver son calme en plein stress. Samedi, même Francky Dury a crié au quatrième officiel que ses compères et lui avaient peur des ténors. C'est dû à la pression, énorme. Les play-offs 1 rendent tout le monde nerveux. Les dirigeants, les entraîneurs et les joueurs se laissent irriter, ils ne parviennent plus à penser de manière rationnelle et ils doivent souvent prendre garde à ne pas déraper. Au fil des années, le football a changé d'image. Où donc est le temps où les entraîneurs étaient le calme personnifié avant les matches ? Par exemple, au Club Bruges, Ernst Happel jouait aux cartes, comme pour montrer aux joueurs que rien ne pouvait leur arriver. Il l'avait même fait avant les demi-finales de Coupe d'Europe des Clubs Champions, contre la Juventus. Maintenant, le Club Bruges a également du mal à gérer la pression croissante mais après deux victoires d'affilée à domicile, tout peut changer. Ces play-offs, avec quatre candidats au titre après trois journées, sont complètement fous. Les clubs sont enterrés puis ressuscités, certains, comme Zulte Waregem, ne s'accordaient pas l'ombre d'une chance mais sont en train de lutter pour le titre. Ces play-offs prouvent plus que jamais que le championnat régulier n'est plus qu'une tiède entrée et que tout se décide en l'espace de dix matches. Le titre reviendra-t-il au champion le plus méritant sur l'ensemble de la saison ? Ce sera encore l'objet de moult discussions et polémiques. Le mécontentement des clubs est une constante, cette saison. Dix entraîneurs ont été remplacés : c'est un coup de poing à la figure des dirigeants de nombreux clubs. Ils cherchent de nouvelles briques sans avoir posé de fondations. Souvent, ces remplacements n'apportent pas grand-chose. Ainsi, à Mons, CedomirJanevski a tout au plus suscité quelques frémissements. La danse des entraîneurs se poursuit interminablement. Plusieurs clubs de l'élite vont travailler avec un nouvel entraîneur la saison prochaine. Gand présentera son sixième coach en l'espace de deux ans, sans tenir compte de l'intérim de Manu Ferrera. Le bulletin négatif de Mircea Rednic, enrôlé avec beaucoup d'égards, est effrayant : pas de continuité, pas d'automatismes, des occupations de terrain constamment modifiées, des joueurs livrés en pâture à la presse. Gand ferait bien de faire le ménage dans son vestiaire et de se débarrasser des pseudo-vedettes qui bafouent les règles élémentaires de discipline et d'engagement. Il serait aussi grand temps que la direction délègue et répartisse davantage les responsabilités. Où a disparu le bon scouting de jadis ? Pourquoi opte-t-on pour la quantité au détriment de la qualité ? Longtemps, trop longtemps, Gand s'est dissimulé derrière la construction de son stade. L'excuse est éculée. Le club doit remettre l'accent sur l'aspect sportif. L'embauche du bon entraîneur constituera un pas important.?PAR JACQUES SYSLe mécontentement des clubs est une constante cette saison.