Quatre victoires à une en faveur de l'outsider. Le dénouement de la finale (au meilleur de 7 rencontres) a surpris et donc marqué les esprits. On s'en souviendra pour plusieurs raisons : la plus grande surprise depuis près de 30 ans (voir plus loin), le triomphe de l'esprit de corps et de l'altruisme, le succès de la stratégie défensive, la mise sous l'éteignoir des grandes vedettes adverses, le premier titre d'un coach âgé de 63 ans et û peut-être ...

Quatre victoires à une en faveur de l'outsider. Le dénouement de la finale (au meilleur de 7 rencontres) a surpris et donc marqué les esprits. On s'en souviendra pour plusieurs raisons : la plus grande surprise depuis près de 30 ans (voir plus loin), le triomphe de l'esprit de corps et de l'altruisme, le succès de la stratégie défensive, la mise sous l'éteignoir des grandes vedettes adverses, le premier titre d'un coach âgé de 63 ans et û peut-être û la fin d'une dynastie, celle des Lakers ! Formée de bric et de broc par Joe Dumars, le directeur des opérations, l'équipe de Detroit ne propose pas de noms ronflants. Cette absence de vedette(s) fait que le danger provient de partout. C'est essentiellement le bel équilibre et la belle complémentarité de l'ensemble û y compris celui du banc(les réservistes) û qui ont fait pencher la balance. La tactique aussi, bien entendu. Avec surtout une remarquable efficacité défensive. On se souviendra en particulier du troisième match (88-68) qui a vu les Lakers confinés sous les 70 points pour la toute première fois de leurs nombreuses apparitions en phase finale. Une défense superbement régie, plus dynamique qu'agressive et tout aussi tactique que physique. Et qui surtout n'a jamais bridé l'élan offensif ni le tempo général. Le bonheur des uns faisant le malheur des autres, il est possible û probable même û que la défaite des Lakers laissera des traces. Blessé tant au genou que dans son amour-propre, le pauvre Karl Malone (40 ans) aura-t-il la volonté nécessaire pour rempiler et poursuivre une fois encore un titre national qu'il cherche depuis 20 ans ? On prête à Kobe Bryant l'intention de devenir free agent cet été et de pouvoir choisir un nouveau club qui devra le payer quelque 20 millions de dollars par saison. Gary Payton, dont l'expérience à LA n'a pas été fructueuse, changera probablement d'air lui aussi. Après avoir échoué si près de son but (dépasser les 9 titres de Red Auerbach), Phil Jackson (58 ans) ne devrait pas remettre le couvert. La direction des Lakers en tout cas ne lui a pas encore fait de proposition. Il devrait toutefois rebondir : même si ses prétentions salariales avoisinent les 10 millions de dollars par an, il a de belles références. Par Bernard Geenen, à Chicago