J ocelyne Fraselle : " Je me suis toujours voulue discrète face au battage médiatique dont Vincent fait l'objet mais je sors de ma réserve parce que j'ai relevé, ces derniers temps pas mal d'inepties. En tant que mère, je me devais de réagir. Sous prétexte que Vince arrive parfois en retard à l'entraînement, ou qu'il oublie de mettre une cravate, d'aucuns affirment qu'il se laisse subitement griser par le succès. A ceux-là, je répondrai que mon aîné a toujours été indolent, voire négligent. Depuis sa plus tendre enfance, le réveil n'a jamais été son meilleur ami. C'est inscrit dans ses gènes, sans doute, car moi-même j'éprouve constamment les pires difficultés à me lever chaque matin. Son nouveau statut n'a absolument rien changé en la matière. Quant à sa distraction, elle n'est pas neuve non plus. Vincent a toujours eu la tête ailleurs. Gamin, je ne compte plus le nombre de poteaux qu'il s'est pris en flânant en rue parce qu'il était plongé à ce moment-là dans ses pensées. Et il ne se passait guère de semaine non plus sans qu'il oublie ses chaussures de football ou un survêtement dans un vestiaire. Dès lors, quand je lis qu'il se présente à un rendez-vous de l'équipe nationale avec un sac de sport dont la marque ne correspond pas à l'équipementier officiel, ...

J ocelyne Fraselle : " Je me suis toujours voulue discrète face au battage médiatique dont Vincent fait l'objet mais je sors de ma réserve parce que j'ai relevé, ces derniers temps pas mal d'inepties. En tant que mère, je me devais de réagir. Sous prétexte que Vince arrive parfois en retard à l'entraînement, ou qu'il oublie de mettre une cravate, d'aucuns affirment qu'il se laisse subitement griser par le succès. A ceux-là, je répondrai que mon aîné a toujours été indolent, voire négligent. Depuis sa plus tendre enfance, le réveil n'a jamais été son meilleur ami. C'est inscrit dans ses gènes, sans doute, car moi-même j'éprouve constamment les pires difficultés à me lever chaque matin. Son nouveau statut n'a absolument rien changé en la matière. Quant à sa distraction, elle n'est pas neuve non plus. Vincent a toujours eu la tête ailleurs. Gamin, je ne compte plus le nombre de poteaux qu'il s'est pris en flânant en rue parce qu'il était plongé à ce moment-là dans ses pensées. Et il ne se passait guère de semaine non plus sans qu'il oublie ses chaussures de football ou un survêtement dans un vestiaire. Dès lors, quand je lis qu'il se présente à un rendez-vous de l'équipe nationale avec un sac de sport dont la marque ne correspond pas à l'équipementier officiel, je me dis que c'est lui tout craché alors que d'autres y voient un manque de sérieux de sa part. La nuance est importante. Mon fils n'a pas changé d'un iota. La seule chose qui a évolué, c'est son habillement. Jeune, il n'aimait rien tant que de porter des jeans rapiécés et troués. A présent, il apprécie les belles fringues. Certains peuvent trouver qu'il veut se donner un genre, mais moi j'estime qu'il a, comme d'autres jeunes, le droit d'aimer les fringues. D'autant plus qu'il veut être un digne ambassadeur de son club, non seulement sur le terrain mais également dans la vie de tous les jours. Ce rôle emblématique, il le joue aussi, à l'évidence, sur le plan scolaire. Autrefois, le football servait très fréquemment d'alibi, chez lui, pour expliquer l'une ou l'autre mauvaise notes. De nos jours, alors que beaucoup comprendraient qu'il délaisse définitivement les bancs, je le surprends à être très motivé, afin de mener à bien sa dernière année d'étude. Comme s'il voulait inciter d'autres adolescents à aller eux aussi au bout de leurs humanités. Je ne cache pas que moi-même, j'ai toujours fait de l'école la priorité absolue. Je n'ai jamais voulu courir le risque que Vincent se retrouve les mains vides au cas où le ballon rond ne lui aurait pas offert de débouchés. Je me suis toujours insurgée contre ce que j'appellerais la dictature des clubs, et plus particulièrement de Neerpede par rapport à Vince. Là-bas, les entraîneurs des jeunes n'avaient de cesse de répéter, d'année en année, que l'enseignement, était le plus important... alors que dans les faits, il passait toujours au deuxième plan. Tout était inféodé au football et je ne pouvais le supporter. Par moments, je suis montée aux créneaux pour dire ma façon de penser. De plus, malgré le succès présent, tout n'a pas toujours été rose pour Vince à l'école des jeunes du RSCA. Lui aussi en a bavé, par moments. C'est pourquoi sa réussite n'efface pas tout, chez moi ". " Autant j'étais assidue lorsque mon fils évoluait chez les jeunes, autant j'ai pris mes distances avec la compétition depuis qu'il joue au plus haut niveau au Sporting. Ce n'est pas que sa carrière ne m'intéresse pas. Au contraire, je m'érige en sa toute première fan. Mais ses prestations, je les suis par le truchement de la petite lucarne. A la limite, je vois mieux mon fils sous cet angle-là qu'en étant dans une tribune, puisque les caméras font de temps à autre un gros plan sur lui (elle rit). Je n'ai toujours pas assisté live au moindre match de mon fils. Ni en championnat, ni en Ligue des Champions. Je n'ai jamais aimé la foule. Chez les jeunes, déjà, je me tenais à l'écart. Je ne supportais ni certaines attitudes de l'un ou l'autre entraîneurs ni les critiques voire les méchancetés ou les insultes parfois racistes des autres parents. J'en ai entendu des vertes et des pas mûres. Cet aspect-là, je ne vois pas non plus pourquoi l'occulter. Je n'ai jamais été une spécialiste du football, contrairement au papa de Vince. Mais je me suis quand même rendu compte très tôt qu'il avait des qualités : intelligence dans ses interventions, rapidité et élégance. Dans ces conditions, je ne suis pas surprise qu'il fasse son chemin. En revanche, ce qui me surprend, c'est l'effervescence qui l'entoure à présent. En dépit du fait que mes enfants Christel, Vincent et François vivent avec leur père à Bruxelles tandis que j'ai refait ma vie et que j'habite dans le Hainaut, j'ai toujours gardé un contact régulier avec eux. Chaque jour, on s'appelle plusieurs fois. A cette nuance près que, ces derniers temps, j'ai de plus en plus de peine à joindre Vincent car il est toujours pendu à son portable. Le jour de sa désignation comme Soulier d'Or, il m'a avoué qu'il avait reçu 15 demandes d'interviews. Dans ces conditions, il est aisément compréhensible qu'il ne puisse les honorer toutes. Avec le risque qu'il passe pour un petit prétentieux ! C'est pourquoi je suis contente que le club ait détaché une personne auprès de lui pour effectuer un tri. Car Vince est incapable de dire non. Quelques-uns prétendront que sa mimique dissuade parfois mais ce masque dissimule son aspect réservé. Car mon fils est avant tout un grand timide. Et pour ce qui est de sa prétendue nonchalance, elle est due ni plus ni moins à une hyper concentration au moment où il entame un match. L'avenir ? J'espère que Vincent pourra s'exprimer le plus tôt possible à sa place de prédilection, au demi défensif. Davantage qu'au poste de dernier homme, c'est là qu'il est susceptible de réparer les petites erreurs qui entachent encore son jeu. Quoi de plus normal, quand on a 18 ans ! Pour le reste, je lui souhaite la plus belle carrière en l'encourageant à rester avant tout lui-même. Je le crois sur parole quand il dit qu'il ne va pas se mettre à planer. Mais, qu'il le veuille ou non, il va être amené dans les mois et années à venir à côtoyer un tout autre monde que celui qu'il a connu dans le quartier Nord. Je dis ça, je dis rien, mais sans le football et la gloire, Christian Karembeu n'aurait sans doute pas rencontré, puis épousé Adriana. Pour Vince, il n'est pas interdit de penser qu'il sera appelé, lui aussi, à fréquenter d'autres milieux, comme celui de la mode. A lui de faire la part des choses. Car tout le monde il est beau, mais pas forcément gentil ou bien intentionné ". Bruno Govers" Tout le monde il est beau, mais PAS FORCéMENT GENTIL "