1 ROLAND DUCHÂTELET - MODÈLE STANDARD

Roland Duchâtelet mate tout ce qui bouge : les supporters (rapidement revenus après l'été de la contestation), les joueurs ayant des envies de départ (via des contrats revalorisés), les médias (qui n'arrivent pas à décrypter sa stratégie, une situation qui l'amuse). Et aussi la Ligue Pro qui, après avoir envisagé d'exclure le Standard suite à la plainte civile dans l'affaire Mehdi Carcela / Bjorn Ruytinx, réfléchit maintenant à la proposition liégeoise de faire analyser certaines fautes par des entreprises indépendantes. Duchâtelet est aujourd'hui le boss d'une constellation de clubs européens et son fleuron, le Standard, fonce vers le titre. Rien à dire.
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Roland Duchâtelet mate tout ce qui bouge : les supporters (rapidement revenus après l'été de la contestation), les joueurs ayant des envies de départ (via des contrats revalorisés), les médias (qui n'arrivent pas à décrypter sa stratégie, une situation qui l'amuse). Et aussi la Ligue Pro qui, après avoir envisagé d'exclure le Standard suite à la plainte civile dans l'affaire Mehdi Carcela / Bjorn Ruytinx, réfléchit maintenant à la proposition liégeoise de faire analyser certaines fautes par des entreprises indépendantes. Duchâtelet est aujourd'hui le boss d'une constellation de clubs européens et son fleuron, le Standard, fonce vers le titre. Rien à dire. Une sortie et c'est le buzz, même sans être sur le terrain. Quand il expédie un tweet anti-Bart De Wever, ça fait la une d'Ostende à Arlon en crochetant par Anvers. Quand il monte sur le terrain, en civil, après une victoire des Diables, on parle autant de son attachement à la Belgique que du buteur du soir. Vincent Kompany en a dans le pantalon, personne ne le fera jamais taire. Et pourquoi on essayerait, au fait ? Il a compris qu'il n'arriverait pas, dans l'immédiat, à concurrencer les chevaux de course de Bruxelles et de Liège. Alors, Bart Verhaeghe a choisi d'attaquer sur un autre terrain : celui des grandes envolées verbales - comme dans la série culte ! Il tacle le pouvoir politique qui le fait lanterner dans le dossier de son nouveau stade, la direction d'Anderlecht, etc. Le patron de Bruges a le même côté impitoyable quand il s'agit de faire le ménage au Breydel. On parie qu'il osera même se montrer impatient avec une icône comme Michel Preud'homme. Il y a bien l'un ou l'autre club belge où il est grillé. Pour le reste, Mogi Bayat a su s'introduire dans de nombreux bureaux en vue de notre foot. S'il va à Genk ou à Anderlecht, il est comme chez lui, se sert un café, sort la chemise du pantalon et pose les pieds sur la table de réunion. Dans cette famille de malins, il y en a un qui a commis une fameuse approximation : Abbas avait demandé la garantie que son chenapan de neveu ne se réinstallerait pas à Charleroi s'il revendait. Evidemment, il y refait ses coups fumants. Et cette fois sans rien devoir cacher à personne. Peu connu en Wallonie mais star en Flandre : Marc Coucke est diplômé en pharmacie et en gestion, il s'implique dans le sponsoring cycliste, et depuis le début de la saison, il est l'homme fort d'Ostende. Et v'la qu'je débarque, et v'la qu'je fais vite venir Frank Berrier et les autres. Objectif maintien. Atteint avant l'heure. Et avant une possible finale de Coupe. Son adresse mail commence par " misterjohnbico ". Tout est dit. L'homme se veut puissant, il est aussi proche du mister que du mystère. Un gabarit à la Mike Tyson, un regard qui peut être menaçant et l'art d'influencer l'un ou l'autre influençable. On en connaît à Anderlecht. Il y en a eu à Waregem (cf l'affaire du brassard de ThorganHazard) mais ceux-là se sont entre-temps ressaisis (cf l'affaire du transfert de Thorgan à Anderlecht). John Bico n'est pas un ingrat : il offre une grande interview d'Eden (fait exceptionnel) au journal qui l'a mis en avant pendant toute la saga Thorgan. Le rachat du Standard par Roland Duchâtelet, il ne l'a toujours pas avalé. Quand des supporters rouches réclament le départ du nouveau patron, l'ex n'est pas loin. Quand il faut conseiller Anderlecht, Lucien D'Onofrio est à nouveau là. Il garde la main sur les pépites des deux titres. Pour ces joueurs, il y a l'agent officiel (homme de paille dans le jargon) et le futé Lucien qui prend les vraies décisions - et un peu de beurre sans doute. Il fait dans la (très haute) qualité, pas dans la quantité. Christophe Henrotay n'a pas 50 footballeurs dans son écurie. Il trie et l'écrémage est sévère. Romelu Lukaku est chez lui. Daniel Van Buyten aussi. Il y a encore Kevin Mirallas. Et depuis peu, Michy Batshuayi et son frère anderlechtois Aaron. Rien que du lourd. Des journaux flamands ont des correspondants sportifs permanents en Angleterre et ils assistent à de nombreuses conférences de presse de José Mourinho pour le cuisiner sur ses Belges. Il reste toujours poli mais ses messages sont clairs. Il ne rate pas Romelu Lukaku, il vire Kevin De Bruyne, il ose s'en prendre (une seule fois...) à Eden Hazard, il s'approprie la propriété de Thibaut Courtois. " Next question please. " Il est là, lui ? En arrivant à la Fédération, l'ancien patron de notre tennis avait dit qu'il ne se mettrait pas en avant. Promesse tenue mais le travail hors des spots a été intense. Tout n'est pas encore parfait mais la vitrine est lumineuse. Mai 2011 : StevenMartens devient CEO, le Heysel est une mortuaire, les Diables sont 37e au ranking FIFA. Décembre 2013 : stade systématiquement sold-out en quelques minutes et 5e place pour le tirage du Mondial. Que dire ? PAR PIERRE DANVOYE - PHOTOS : IMAGEGLOBE