Une large rasade d'alcool de prunes de Dalmatie, deux dés à coudre de genièvre du Limbourg, un filet de porto de la vallée du Douro : il ne faut pas être barman à l'Hilton pour deviner que ce cocktail fait tourner les têtes. Quand l'un ou l'autre n'est pas là, la différence saute aux yeux sur le terrain. Sans l'un d'eux, le Standard n'est plus tout à fait on the rocks.
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Une large rasade d'alcool de prunes de Dalmatie, deux dés à coudre de genièvre du Limbourg, un filet de porto de la vallée du Douro : il ne faut pas être barman à l'Hilton pour deviner que ce cocktail fait tourner les têtes. Quand l'un ou l'autre n'est pas là, la différence saute aux yeux sur le terrain. Sans l'un d'eux, le Standard n'est plus tout à fait on the rocks. A 29 ans, Vedran Runje a pris de la bouteille, se donne, se domine, maîtrise de mieux en mieux son tempérament de feu et dirige parfaitement sa défense. Karel Geraerts n'accuse que 23 ans et tout indique que son talent tranquille, sa force de travail et sa facilité à surgir de la deuxième ligne, ne peuvent que mûrir : dans deux ou trois ans, ce sera un nectar. A 31 ans, qu'il fêtera le 15 novembre, Sergio Conceição a remporté des tas de médailles tout en gardant du piquant - parfois trop -, une chaleur et une couleur de jeu qu'il ne garde pas dans les caves de sa carrière, préférant l'offrir et le partager généreusement autour de lui. Sans son capitaine, ne dit-on pas que le Standard perd le nord, ne soigne plus la circulation du ballon au ras du sol, abuse du trafic aérien, joue plus au rugby qu'au football ? Ces trois hommes si différents composent la colonne vertébrale, le centre nerveux et vital du Standard. Leur importance, déjà si évidente la saison passée, a atteint toute sa dimension depuis le début de la campagne actuelle. Pour nous, c'est clair, ce sont des patrons. Pour une majorité des techniciens interviewés aussi... sauf qu'il y a quelques précautions oratoires du côté du staff du club (voir encadré). Les témoins : le coach du Standard, Dominique D'Onofrio, deux membres de son staff technique, Stéphane Demol et Claudy Dardenne ainsi que le duo qui était à ses côtés la saison passée : José Riga et Christian Piot. Nous avons également sondé l'ex-stopper du club Ivica Dragutinovic et le mythique gardien Jean Nicolay. Il est arrivé au Standard en 1998 en même temps que Tomislav Ivic quand Luciano D'Onofrio a repris le club des mains d'André Duchêne, Jean Wauters et Robert Lesman. A 22 ans, l'ancien gardien de but cherchait à décoller. Son caractère entier l'avait empêché de faire son trou à Hajduk Split. Il n'avait pas envie de jouer au lèche-botte et savait que son avenir passait par l'étranger. Son style fit tout de suite l'unanimité à Sclessin : réflexes, rapidité au sol, facilite dans le jeu au pied, intransigeance dans ses sorties. Cela lui a valu deux titres de Gardien de l'Année, en 1999 et en 2001. Cette année-là, il signe à Marseille, devient un des préférés du public de l'OM mais se frotte au coach, Alain Perrin, qui lui lance alors un monument du football français dans les quilles : Fabien Barthez. Runje entame alors sa traversée du désert. Luciano D'Onofrio l'a fait revenir en Belgique la saison passée. Après avoir cherché ses marques durant deux ou trois semaines, il retrouva sa superbe d'autrefois même s'il s'énerva parfois sur le terrain et dans le vestiaire. Depuis le début de ce championnat, Vedran Runje se distingue par son calme et sa maîtrise des événements.Dominique D'Onofrio : " Quand on a un gardien de but de ce niveau dans sa cage, c'est plus facile. Son talent et son envie de gagner rassurent une défense et, par corollaire, toute l'équipe. Il gagne des points et la maison est bien gardée. Son impact est grand dans son équipe mais aussi auprès des adversaires. Il en impose. C'est un homme de caractère et cela ne me dérange pas, au contraire. Notre keeper dégage cette énergie pour le collectif. Vedran Runje connaît parfaitement le football belge. C'est un patron qui a su gérer le départ d'Ivica Dragutinovic qui occupait une place importante devant lui. La différence est importante. Dans sa zone d'influence la plus immédiate, il peut compter sur la présence d'un autre chef : Philippe Léonard. Notre back gauche a lui aussi du métier à revendre et est toujours animé par l'envie de gagner. C'est le même genre de battants. Ce sont deux leaders. Vedran approche de ses 30 ans. Ce n'est plus un gamin et il sait que l'heure des plus importantes récoltes approche. Les plus belles lignes de sa carte de visite, c'est pour maintenant. Après, ce sera trop tard. Je le trouve de plus en plus serein et positif. Il n'a pas trop de caractère mais du caractère, c'est différent. Il s'est parfaitement pris en charge et je devine beaucoup de plaisir dans son comportement ". Stéphane Demol : " Pour moi, c'est le meilleur gardien de but de D1 avec Bertrand Laquait de Charleroi. Vedran n'est pas un homme difficile. C'est un plaisir de travailler avec lui. Pas du tout même si on le comprend et on le respecte. Il faut parfois le suivre de près car il peut profiter d'un relâchement. Liège est une ville latine. Tout est vite plus chaud qu'à Bruxelles ou à Bruges. On explose plus vite. C'est ainsi, c'est une tradition. Dominique D'Onofrio a du sang italien et il connaît ce tempérament. J'ai passé la moitié de ma carrière de joueur dans le sud de l'Europe et je maîtrise ces changements d'humeur aussi. Alors, comme Dominique, je sais comment fonctionnent des joueurs comme Sergio ou Vedran. Pour eux, la fierté et l'émotionnel sont importants. A Bruges et à Anderlecht, il y a eu des problèmes avec Nenad Jestrovic, Serhat Akin, Bosko Balaban ou Javier Portillo. Ils n'ont pas la même habitude que nous avec les joueurs qui viennent du sud... " Claudy Dardenne : " Je n'ai pas fait un gardien de but de Vedran : c'est un dernier rempart formé et de classe dont j'ai hérité, si je puis dire. C'est à moi de veiller à entretenir son niveau sportif et mental. Le sportif et l'homme dégagent des qualités très intéressantes. Je ne le connais que depuis cinq mois et son côté vrai et entier sur le terrain et dans la vie m'ont tout de suite épaté. Un compétiteur va loin, jusqu'au bout de ses frontières physiques et mentales. Il peut donner l'impression d'aller trop loin mais c'est pour cela que c'est un champion. Vedran se dépasse et veut que les autres en fassent autant. Nerveusement, il donne tout de lui en match. Il ne cesse de crier et de s'investir. A la fin de chaque match, il est quasiment aphone. C'est doublement difficile pour un gardien de but. A cette place, il faut beaucoup s'occuper de soi, réagir individuellement. Même si le football est un sport collectif, le gardien de but a un rôle différent. Il reste quelque part le dernier soliste du football. A l'heure actuelle, Vedran guide plus la défense que quand Dragutinovic était là. Philippe Léonard et Eric Deflandre ont du métier mais ils ne jouent pas dans l'axe. Oguchi Onyewu et Mathieu Beda sont jeunes et n'ont pas encore ça. Vedran doit parfois réfléchir pour cinq : réagir comme un gardien de but et se mettre dans la tête de ses quatre arrières, c'est épuisant. Il manque quelqu'un devant lui afin d'alléger sa tâche. La distance entre le gardien et l'attaque est trop grande. D'autres leaders doivent occuper cet espace. Cela dit, il est au sommet de son art. C'est une référence pour tout le groupe. En D1, il domine son sujet avec Bertrand Laquait, devant Silvio Proto et Tomislav Butina ". José Riga : " Vedran donne parfois l'impression d'être un ours mal léché mais c'est faux : c'est un gars vrai, entier, déterminé. Il dégage une grosse assurance. Ses qualités sont connues. A mon avis, il aurait également réussi en tant que joueur du champ. Cela lui donne un temps de réflexion d'avance par rapport aux autres gardiens de la D1 car sa lecture est meilleure et plus rapide. Il est, plus que ses collègues, le premier attaquant de son équipe. Tout est naturel chez lui. C'est une grosse personnalité. J'ai toujours été frappé par son bon sens et sa détermination ". Christian Piot : " Il n'y a pas de grande équipe sans gardien de but à la hauteur des événements. Quand il est revenu de Marseille, Vedran avait des bleus au c£ur. Il souffrait probablement de ne pas avoir été compris là-bas. Cela l'a marqué mais renforcé aussi. Après s'être resitué, il est redevenu lui-même. C'est le patron de la défense. Il est écouté, respecté, suivi. Vedran a gardé ce côté intrépide qui en fait un gardien de but pas comme les autres avec ses réflexes, ses sorties, sa lecture du jeu, sa hargne. Quand il pousse une hurlante, ce n'est pas gratuit. L'homme n'est pas sournois. Il dit ce qu'il a sur le c£ur. Cela sort naturellement et il ne faut pas chercher autre chose que ce qu'il a voulu dire. C'est un sportif généreux et quand on a cela dans une équipe, c'est important. Il déteste la défaite ". Jean Nicolay : " Avec mon fils, on a été les premiers entraîneurs de gardiens de Vedran en Belgique. Il était doué mais si jeune. Nous avons beaucoup travaillé afin de lui permettre de s'installer en D1. Cela a été vite fait car il avait la rage au ventre. Vedran voulait prouver, je crois, qu'on avait eu tort de ne pas lui faire confiance à Split. C'est un gardien de but complet. Il a su rebondir après son passage à Marseille. A 29 ans, il connaît bien son job ". Ivica Dragutinovic : " Pour un arrière, c'est un bonheur d'avoir dans son dos un gardien comme Vedran. C'est un des meilleurs portiers européens. Il n'est pas souvent en difficulté. Vedran est toujours concentré et dialogue sans cesse avec sa défense. J'étais sur la même longueur d'onde que lui. Un coup d'£il suffisait pour se comprendre. La défense du Standard a du talent à revendre. Oguchi Onyewu est un très grand arrière central en devenir. A gauche et à droite, Philippe Léonard et Eric Deflandre ont beaucoup de métier ". Karel Geraerts (23 ans) a éclaté la saison passée. Le directeur technique Michel Preud'homme avait été le chercher au Club Bruges. Là-bas, personne ne croyait trop en lui. En janvier 2004, le Limbourgeois avait même été prêté à Lokeren. Le Standard a réalisé une affaire en or. Son jeune médian a pris part à 32 matches de championnat la saison passée, marqua six buts, devint international. Son entente avec Sergio Conceiçao fut souvent remarquable. Il vole désormais de ses propres ailes, prend de plus en plus de place dans la ligne médiane rouge. Les avis sont cependant partagés à son propos. Ce très gros travailleur est-il patron ou peut-il le devenir ?Christian Piot : " Je n'hésiterai pas une seconde : Karel est le moteur du Standard. C'est la plus grosse cylindrée car il apporte sa force de travail partout : au milieu, devant, derrière, à la finition, à la récupération. Je me demande où il va chercher cette énergie. Il s'impose par son travail et le public aime cela. Karel ne parle pas beaucoup mais dans son cas, ce n'est pas nécessaire tant il montre l'exemple. C'est un infiltreur et dans le football moderne, ce rôle est ultra important. Karel est déjà une locomotive mais à 23 ans, on ne peut pas lui demander d'être le seul machiniste du train, c'est impossible. Le Limbourgeois offre de l'oxygène à tout le monde. C'est un jeune joueur moderne. Son impact sur le jeu du Standard est important. Sans lui, il y a des digues qui cèderaient plus facilement. Il est intelligent, ne tire jamais la couverture à lui. Jan Ceulemans ne disait jamais rien non plus sur un terrain : il est devenu un géant par son travail. Quand Karel Geraerts n'est pas là, il manque un poumon au Standard ". José Riga : " Son potentiel est très important. C'est un joueur fiable qui abat son travail à la perfection. Il sait être direct, simple, efficace. Il devine où cela va chauffer, où il faut être. Cet instinct l'aide beaucoup. Il me fait penser, toutes proportions gardées, à Frank Lampard. A Chelsea, ce dernier surgit aussi de la ligne médiane pour faire la différence. Milan a aussi ce type de joueur avec Kakà. Karel Geraerts n'est ni l'un nu l'autre mais c'est un joueur de ce type-là ". Jean Nicolay : " Dans la ligne médiane, Geraerts abat un gros boulot. Pour moi, Karel peut devenir un Wilfried Van Moer. Il travaille autant que Kitchie. Karel, c'est de la graine de bon joueur limbourgeois. Avec lui, le travail est toujours fait, par tous les temps. C'est une machine ". Ivica Dragutinovic : " Karel Geraerts ne peut que grandir dans son rôle. Il m'a épaté la saison passée ". Avec une barbe comme en début de saison ou rasé de près, Sergio (31 ans) est le guide, le chef, le patron du Standard, celui devant qui la Mer Rouge s'ouvre pour permettre à son peuple de gagner la Terre promise. C'est dire si son rôle de Messie est important. Trop important si on songe à la place que cet artiste laisse quand il ne joue pas. Après avoir tout connu au Portugal et en Italie, ce crooner des pelouses n'est pas venu en Belgique pour une dernière tournée d'adieux. Sa technique et sa présence ont épaté la saison passée. Hélas, pour lui, il a raté le penalty de la qualification pour la Coupe de l'UEFA la saison passée à Ostende. Suspendu, il ne prit pas part à la deuxième manche des matches de barrage contre Genk. Il fut aussi l'auteur de quelques frasques dans un restaurant, crut utile de s'en prendre stupidement à un journaliste, etc. Etait-il dépassé par ses responsabilités ? Son impact sur le jeu est considérable. Ce poids est-il facile à gérer dans le cadre d'une équipe où tout le monde sait qu'il entretient de bonnes relations avec la haute direction ? Dominique D'Onofrio : " Je souhaite à tous les entraîneurs de travailler avec des joueurs comme Conceição. Son vécu lui permet de réagir très vite, de comprendre en une fraction de seconde ce qui se passe. Et il trouve les solutions. Il est le prolongement du coach sur le terrain. A son âge, et avec son vécu, il pourrait se contenter d'assurer, de se ménager, de jouer pour lui. Sergio fait exactement le contraire : il s'engage, s'investit, donne le meilleur de lui-même. Il ne se repose jamais sur ses lauriers. Il réveille sans cesse ses équipiers. Si quelque chose cloche, il réagit dans la seconde : quel temps gagné. Avec lui, on ne dort pas sur un terrain. Un match n'est jamais gagné ou perdu. C'est un malin. La saison passée, il a étudié le football belge. J'ai parfois dû lui expliquer certaines choses. On dit que l'équipe penche à droite, vers Sergio : il est présent, veut participer mais cela ne signifie pas que tous les ballons doivent passer par ses pieds. Je l'ai souvent rappelé. Mais Sergio est tellement présent qu'il obtient ce qu'il veut. Je ne vais quand même pas me plaindre de son importance. Tout le monde veut des joueurs imposants. Rien n'interdit aux autres d'être aussi actifs que lui. Les jeunes l'ont bien compris. Si Mémé Tchite casse la baraque, il le doit en partie à Sergio Conceição qui lui ouvre des espaces, lui distille de bons centres. Il aide tout le monde. Sa grinta lui joue parfois des tours. Sergio en veut, récolte parfois des cartes jaunes pour rouspétances, jamais pour des fautes graves sur l'adversaire. Par contre, il a droit, lui, à des traitements spéciaux. Les échanges sont formidables et riches avec lui. Il donne ses idées mais cela se fait dans un profond respect à l'égard du coach et du staff technique ". Claudy Dardenne : " Sergio, c'est... 75 % de l'équipe. C'est rare de voir un joueur de cette qualité dans une équipe. Il a encore faim de succès et n'envisage pas de jouer en Belgique sans gagner quelque chose. Gagner, c'est sa vie. En le regardant, on mesure bien ce qui manque aux jeunes joueurs belges : le goût du dépassement de soi. Sergio le fait en permanence. Il est respecté mais pas craint. Il me fait évidemment penser à Eric Gerets qui jouait aussi à du 1.000 % de volonté. Même genre d'hommes, mêmes ambitions... " Stéphane Demol : " Je serai bref : Sergio est le meilleur joueur de D1. De loin. S'il ne gagne pas le prochain Soulier d'Or, ce sera difficile à comprendre. Il est tombé amoureux du Standard. Les spectateurs l'adorent. Le Standard c'est lui et, lui, c'est le Standard ". Christian Piot : " Techniquement, c'est du très haut de gamme. Il détient un talent exceptionnel. Sergio est doté d'un caractère pas piqué des vers. A mon avis, il est beaucoup plus difficile à gérer que Vedran Runje. Quand Vedran a la moutarde au nez, cela se voit, les nuages s'accumulent à l'horizon : il va y avoir de l'orage. Sergio éclate sans prévenir. C'est une affaire sur le terrain. D'habitude, les artistes ont moins de caractère que les joueurs moyens. Lui, il a tout : la classe et la volonté. Je mets à la place de ses adversaires : ils ne savent jamais ce qu'il leur réservera. Son travail, c'est du cousu mains, de l'artisanat ". José Riga : " C'est l'âme du Standard. Il rappelle tout le monde à l'ordre. Il n'est pas blasé et est l'accélérateur d'ambitions de tous les joueurs. Sergio ne veut pas avoir de regrets sur un terrain et quand on se donne à fond, on n'a rien à se reprocher. Il n'est jamais spectateur d'un match, c'est un acteur, quelqu'un qui désire avoir un impact sur la pelouse ". Jean Nicolay : " J'adore Sergio Conceição. Quel joueur. Moi, je le trouve très poli. Quand je le croise, il n'oublie jamais de me saluer. Il approche de la caste des meilleurs joueurs étrangers de l'histoire du Standard : Johny Crossan, Istvan Sztani, Milan Galic, Arie Haan, Simon Tahamata. Il ne lui manque qu'une chose pour les rejoindre dans la légende : gagner quelque chose avec le Standard ". Ivica Dragutinovic : " Sergio Conceição est un formidable capitaine. Il entraîne tout le monde vers le succès. Il montre l'exemple sur le terrain mais aussi en semaine et dans l'approche d'un match. Il faut en profiter, le regarder, l'imiter. Quand un jeune a un guide comme lui dans un vestiaire, il gagne deux ou trois ans en une saison ". PIERRE BILIC" Vedran Runje n'a pas trop de caractÈre mais du caractÈre, c'est diffÉrent " (DOMINIQUE D'ONOFRIO) " GERAERTS PEUT DEVENIR UN VAN MOER " (JEAN NICOLAY) " Sergio ConceiçÃo, c'est... 75 % de l'Équipe " (Claudy dardenne)