1 MOGI BAYAT - MOGI MONEY

Il n'hésite pas à se comparer à Gandhi ou à Kennedy, aime s'afficher devant les photographes aux côtés des nouveaux arrivants et brasse des millions d'euros chaque année. De Gand à Anderlecht en passant par Genk ou Charleroi, il est de tous les coups, il est l'agent maison avec qui il semble falloir s'acoquiner pour espérer faire affaire. Ce véritable bourreau de travail, éternel petit roquet, a mieux compris que quiconque les règles et les codes d'un florissant business.
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Il n'hésite pas à se comparer à Gandhi ou à Kennedy, aime s'afficher devant les photographes aux côtés des nouveaux arrivants et brasse des millions d'euros chaque année. De Gand à Anderlecht en passant par Genk ou Charleroi, il est de tous les coups, il est l'agent maison avec qui il semble falloir s'acoquiner pour espérer faire affaire. Ce véritable bourreau de travail, éternel petit roquet, a mieux compris que quiconque les règles et les codes d'un florissant business. Sous ses dehors de milliardaire fantasque, agrippant le micro dès qu'il peut pour entonner une chanson paillarde du Nord ou revisiter Claude François, Marc Coucke est avant tout un redoutable businessman. Dr Jekyll et Mister Hyde, en quelque sorte, amateur de bons mots mais aussi négociateur au sang-froid, dont la percée dans le monde du sport est redoutable et spectaculaire. Car Ostende n'est plus cette petite équipe sympathique mais un club qui compte désormais. A l'époque d'Abbas Bayat, il était le responsable commercial, celui qui posait les pieds en éventail sur son bureau, portait le cheveu long, la chaîne en or qui brille et les lunettes de soleil sous les néons dans le cultissime " Vie en rose au Pays noir ". C'était le petit dernier, celui qu'on ne prenait pas vraiment au sérieux. Aujourd'hui, le costume est cintré, la communication habile. Mehdi Bayat est le boss d'un Sporting zébré ambitieux, mais aussi le bras droit de Bart Verhaeghe à la Fédération. S'il n'est pas aussi caricatural que son homologue français, Guy Roux, il possède plus ou moins les mêmes états de services : une longévité quasi sans faille depuis près de 20 ans à Zulte Waregem, et une omniprésence à tous les étages qui rappelle que c'est lui le véritable maître à bord d'un club de plus en plus ambitieux. Dans le Texas flamand, Franky Dury fait régner l'ordre. Pour le plus grand bien de la population. En s'installant à la barre du club de son coeur le 24 juin 2015, Bruno Venanzi ne s'imaginait peut-être pas les galères qui allaient suivre : une lanterne rouche, des sorties médiatiques maladroites, une non-participation aux PO1... Des échecs en partie compensés par une victoire en Coupe de Belgique. Si le jeune président liégeois manque encore d'expérience pour concurrencer les vieux briscards du métier, il semble enfin avoir constitué enfin l'équipe dirigeante pour avancer. Arrivé à Sclessin le 17 février dernier, après s'être fait les dents du côté de Maines, Olivier Renard a connu un mercato estival particulièrement turbulent avec comme point d'orgue le licenciement de Yannick Ferrera. Avec des moyens limités, l'ex-portier s'est montré inventif et a sorti quelques jolis coups de son chapeau (Belfodil, Sa). Le duo qu'il forme avec Daniel Van Buyten n'a pas toujours été des plus clairs même s'il semblerait que les lignes soient mieux définies désormais. Sa future paternité ne devrait pas lui ôter ce visage de poupon. Et pourtant, Youri Tielemans a bien grandi depuis cet après midi du 28 juillet 2013 face à Lokeren pour ses débuts chez les pros. Tielemans, c'est désormais plus de 150 matches aux compteur, des premières convocations chez les Diables, et une multitude de coups de pattes géniaux. Rien d'étonnant donc que tous les plus grands cercles européens font la file pour dénicher la jeune star du Sporting. Qui de Roger Vanden Stock, Philippe Collin, Herman Van Holsbeeck, Alexandre Van Damme (les mauvaises langues rajouteront Mogi Bayat) pilote aujourd'hui le vaisseau mauve ? Chez le rival brugeois, tout est beaucoup plus clair avec Bart Verhaeghe en véritable patron et Vincent Mannaert en premier renfort. À Anderlecht, les fortes têtes sont nombreuses au sein d'un club où l'on se refile la patate chaude des derniers échecs sportifs. Si le club souhaite retrouver son lustre d'antan, ça passe aussi par le retour d'un vrai patron. Johan Timmermans n'hésite jamais à sortir les crocs. Dans le landerneau du football belge, il fait partie des forts en gueule. L'imposant président malinois aux joues ballantes aime tout autant dégainer un bon cigare que les saillies verbales. Olivier Renard (avant son retour derrière les casernes avec le Standard) ou Marc Wilmots (Timmermans étant membre du CA de la Fédé) peuvent en témoigner. Mieux vaut ne pas s'y frotter de trop près. Ses cheveux placardés en arrière ou ses élans trop bataves ne devaient pas en faire un personnage sympathique. Et pourtant, il est peut-être le préféré du public brugeois qui s'identifie à son milieu hollandais accrocheur et efficace, symbole d'un Club à nouveau sacré. S'il ne sera jamais un poète, Ruuuuuuud ( ! ), clamé par les irréductibles Blauw en Zwart dès qu'il s'apprête à envoyer un pétard, est peut être l'élément le plus important du onze de MPH.