1 IVAN DE WITTE MANAGER DE L'ANNÉE

Quand Ivan De Witte s'installe à la présidence du club de Gand en 1999, il y a 23 millions de dette à éponger, un public difficile à attirer, un stade vétuste et un rival brugeois écrasant. Seize ans plus tard, ses Buffalos raflent le titre, l'argent de la Ligue des Champions, les louanges et frustrent encore un peu plus Bruges qui chasse le sacre depuis onze longues années. Le business-plan gantois élaboré par le duo De Witte-Louwagie devrait être calqué par des " grands " à la traîne.
...

Quand Ivan De Witte s'installe à la présidence du club de Gand en 1999, il y a 23 millions de dette à éponger, un public difficile à attirer, un stade vétuste et un rival brugeois écrasant. Seize ans plus tard, ses Buffalos raflent le titre, l'argent de la Ligue des Champions, les louanges et frustrent encore un peu plus Bruges qui chasse le sacre depuis onze longues années. Le business-plan gantois élaboré par le duo De Witte-Louwagie devrait être calqué par des " grands " à la traîne. Sous ses dehors d'éternel étudiant mal dégrossi, Marc Coucke est un businessman richissime - surtout depuis la vente de son bébé Omega-Pharma pour 3,7 milliards d'euros - et un tueur en affaires. Mais dès qu'il revêt sa casquette de supporter-président d'Ostende, l'homme se transforme en une sorte de Patrick Sébastien flamand. Chansons paillardes, queue leu leu et soirées arrosées, tout le manuel de la kermesse y passe. Mais derrière cette excentricité, on en oublierait presque son ambition dévorante pour le KVO. On ne s'est pas toujours amusé en regardant les matches de nos Diables, c'est vrai. Tout comme ça manque souvent d'idées et de jeu. C'est vrai aussi que nos Diables n'ont pas encore remporté ce fameux match de légende face à un cador et que cette place de n°1 mondial est donc trompeuse. Mais faudrait quand même pas oublier l'essentiel : si la Belgique est aujourd'hui une nation respectée et crainte de tous, le capitaine d'un navire, qui enchaîne les succès depuis quatre ans, doit certainement y être pour quelque chose... Mogi doit être touché par le don d'ubiquité. Ou alors comment expliquer son omniprésence lors de chaque mercato. Le neveu à Tonton Abbas est fourré partout ou presque même si Anderlecht, Gand, Charleroi restent ses terrains de prédilection. Mogi fait aussi partie de ces nouveaux agents souvent plus proches des clubs que des joueurs. Car si le joueur cherche une nounou, il fait fausse route. Son but, à lui, c'est de faire des deals et un maximum. Et peu importe la manière. On vous la fait courte : Guillaume Gillet blesse Steve Colpaert qui part avec son agent, Patrick De Koster se requinquer au Sénégal où sa femme rencontre le père de son futur beau-fils Dimitri Daeseleire, promesse de Genk, équipier d'un jeune rouquin qui lui tape dans l'oeil très vite. Sept ans plus tard, le rouquin vire au blond, devient King Kev et a coûté plus de 70 millions d'euros. Vous n'avez rien compris, c'est normal. Mais De Koster, lui, sait et se dit que les hasards de la vie font parfois bien les choses.On a tout entendu, ou presque, au sujet de l'homme le plus influent d'AB Inbev. " Un homme grand et athlétique ", " non un petit chauve qui ne paie pas de mine ". Depuis l'émission de Questions à la Une consacrée aux grosses fortunes du royaume, on peut enfin mettre un nom sur un visage. Et si sa discrétion obsessionnelle le rend toujours autant mystérieux, on est certain d'une chose : la main (invisible) de l'homme le plus riche de Belgique est de plus en plus présente dans la maison mauve. Le TPO ( la tierce-propriété des droits économiques des footballeurs ) étant interdit par la FIFA, il fallait donc trouver un autre moyen pour se remplir les poches. Le dernière combine consiste donc à racheter un club et espérer que les joueurs du réseau prennent de la valeur. Mouscron est la dernière plaque tournante de l'agent de joueurs israélien, l'un des plus puissants au monde. Mais pas sûr que les sympathisants hurlus s'y retrouvent... Malgré un palmarès avantageux qui compte sept titres en onze ans, HVH reste une cible idéale de ses supporters. Même au sein du club, on est devenu plus méfiant, ce qui explique notamment l'arrivée de sa belle-mère, Jo Van Biesbroeck pour épier les comptes. Et on peut dire que ça fonctionne puisque l'absence de Ligue des Champions a été largement compensée par la vente du duo Mitrovic-Mbemba vers Newcastle qui a permis d'injecter près de 25 millions dans les caisses. On l'imagine bien plus à l'aise, place du châtelain à Ixelles avec un verre d'aperol spritz à la main qu'à boire des pintes place Charles II à Charleroi. Et pourtant, le Carolos are back, c'est lui et c'est très loin d'être une arnaque. Son assurance, voire arrogance, en irrite plus d'un. Les mêmes, sûrement, qui s'inquiètent de la montée en puissance du Sporting désormais habituel prétendant au TOP 6. Aux côtés des cadors, le patron zébré, lui, s'y sent à merveille. Sa réussite est évidemment indissociable de l'arrivée de son vieux complice, Toby Alderweireld. Les deux ex-Ajacides forment aujourd'hui le duo de défenseurs centraux le plus performant de Premier League (Tottenham étant la défense la moins perméable de l'élite). Si Toby est plus spectaculaire, et plus percutant, Super Jantje combine désormais assurance, élégance et efficacité.