Penses-tu souvent au club de tes débuts, le Lierse, d'ores et déjà condamné aux PO3 ?

Seth De Witte : Un club au passé aussi riche ne peut disparaître. Personnellement, j'y ai vécu les débuts de Maged Samy. Il était temps que l'Egyptien arrive car les joueurs n'étaient plus payés depuis des mois. A l'époque, j'avais 17 ans, je vivais encore chez mes parents et mon contrat était modeste mais les autres devaient nourrir leur famille. Tout a changé avec le nouvel homme fort du club. Pendant un stage, il nous a présenté ses projets pour Wadi Degla. Il rêvait de l'élite mais il a sous-estimé la mentalité européenne. Avec lui, le Lierse a peut-être retrouvé l'élite mais il a fréquemment soufflé le chaud et le froid depuis lors. Avec les conséquences que l'on sait.
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Seth De Witte : Un club au passé aussi riche ne peut disparaître. Personnellement, j'y ai vécu les débuts de Maged Samy. Il était temps que l'Egyptien arrive car les joueurs n'étaient plus payés depuis des mois. A l'époque, j'avais 17 ans, je vivais encore chez mes parents et mon contrat était modeste mais les autres devaient nourrir leur famille. Tout a changé avec le nouvel homme fort du club. Pendant un stage, il nous a présenté ses projets pour Wadi Degla. Il rêvait de l'élite mais il a sous-estimé la mentalité européenne. Avec lui, le Lierse a peut-être retrouvé l'élite mais il a fréquemment soufflé le chaud et le froid depuis lors. Avec les conséquences que l'on sait. Oui, plutôt. J'avais toutes les raisons de rejoindre un club plus stable mais les fans ne l'ont pas compris. Ce passage était perçu comme une trahison pour eux. Récemment, avant le match ayant opposé les deux équipes, j'ai reçu pas mal de coups de fil de supporters lierrois, arguant que les Jaune et Noir n'en seraient pas là si je leur avais toujours juré fidélité. Comme si tout était de ma faute. Chez les Sang et Or, tout n'a pas toujours été simple non plus pour moi. Au départ, Marc Brys, l'entraîneur, m'a démoli quelques fois. A juste titre. J'étais sûr de ma place à la chaussée du Lisp, mais après une blessure, je me suis retrouvé sur le banc à Malines et j'ai commencé à douter. Brys m'a pris à part, en m'exposant en long et en large les exigences de mon métier. Avant, j'arrivais toujours à l'heure, par exemple. Je consacrais au club le minimum syndical. Avec Brys, j'ai commencé à m'investir beaucoup plus. J'essaie toujours d'être constructif car l'expérience m'a appris que c'était la meilleure formule. Un joueur qui n'est pas dans le match en est conscient. L'enguirlander ne sert à rien. Dans le vestiaire, j'essaie surtout de mettre de l'ambiance. Nous avons un groupe facile, qui s'entend bien. J'ai toujours été accessible, même sans brassard. Je me mêle aux supporters après le match. Le brassard a plus d'importance au sein de l'équipe : j'effectue la liaison entre le groupe et l'entraîneur. Certains coaches font souvent appel à leur capitaine, d'autres conservent une certaine distance. Il ne m'a pas dit pourquoi il m'a mis sur le banc en début de saison mais il m'a impressionné dès notre première rencontre : il avait très bien fait ses devoirs. Il connaissait les qualités et les défauts du groupe comme de ses adversaires. En dépit de ma position dans l'entrejeu, j'avais été le meilleur buteur et le capitaine de l'équipe. Je m'attendais donc à une certaine considération. Mais non, je ne représentais pas assez à ses yeux dans ce rôle-là. Après l'entraînement, j'avais parfois envie de tout démolir. Je n'étais pas à prendre avec des pincettes. Mais qu'est-ce que ça m'aurait apporté ? Ce n'est pas toujours mieux. ISM, mon bureau de management, et ma famille, m'ont apaisé. Je suis lié à Malines jusqu'en 2017 et le club m'a toujours respecté. Je ne pouvais pas le lâcher comme ça. Finalement, je suis passé en défense centrale et j'ai récupéré ma place. Non. D'ailleurs, je n'avais pas grand-chose à dire quand j'étais sur le banc car Jankovic étalait sa science. Ses paroles, c'est du petit lait. Sa vision du football, ses propos à l'entraînement, les interviews qu'il accordait en néerlandais au bout de quelques semaines... Il a forcé le respect. Nous sommes en bons termes. Je dois davantage diriger les autres. Dans l'entrejeu, on n'a généralement pas le temps d'analyser le jeu : on reste en mouvement. J'ai une meilleure vue depuis la dernière ligne. Je regarde régulièrement l'entraîneur pour voir comment résoudre certains problèmes en cours de match. La fatigue est plutôt mentale que physique. Il faut rester concentré 90 minutes car le moindre faux-pas peut être fatal. Beaucoup d'entraîneurs, comme Eric Van Meir au Lierse, m'ont dit : " Tu es un bon médian mais j'en connais des tas. Apprends à jouer au centre de la défense et tu iras plus loin. " Je suis grand, costaud, gaucher, pas trop lent. Je continue à penser à l'entrejeu car j'ai le sentiment de pouvoir y apporter quelque chose à l'équipe, grâce à mon physique mais je ne puis nier que ce rôle en défense me convient. Je m'y sens de mieux en mieux. Onze matches nuls, c'est trop. Nous concédons trop facilement des buts et nous manquons d'efficacité. Nous avons le même classement qu'il y a un an. Pas de quoi en faire un plat. Sauf qu'au niveau du jeu, c'est quand même plus plaisant. Nous avons été extrêmement déçus, d'autant qu'en demi-finale, contre le Cercle, nous avions une chance unique de nous qualifier pour la finale. Il y a un an, on t'a cité au Club Bruges. Le transfert a raté de justesse mais soyons réalistes : mon nom n'est pas en tête de liste dans les grands clubs. Je dois progresser de 10 % pour dissiper les derniers doutes.?PAR MATTHIAS STOCKMANS" Je suis fait pour le football anglais "