Un nouvel homme peut-il suffire à expliquer une nouvelle idée ? Cet été, Charleroi a perdu Damien Marcq, et l'a remplacé par Marco Ilaimaharitra. Un contrôleur au football posé, parfois lent, et toujours prudent, troqué contre un milieu de terrain plus ambitieux, placé plus haut sur le terrain et toujours concerné par l'accélération du rythme de jeu. Marco joue plus haut que Marcq, et le nouveau Charleroi s'installe donc plus haut que l'ancien. Les Zèbres n'ont toujours pas la possession, mais ils parviennent à dominer leurs rencontres en empêchant l'adversaire de s'installer avec le ballon dans leur moitié de terrain, là où ils préféraient résister devant le...

Un nouvel homme peut-il suffire à expliquer une nouvelle idée ? Cet été, Charleroi a perdu Damien Marcq, et l'a remplacé par Marco Ilaimaharitra. Un contrôleur au football posé, parfois lent, et toujours prudent, troqué contre un milieu de terrain plus ambitieux, placé plus haut sur le terrain et toujours concerné par l'accélération du rythme de jeu. Marco joue plus haut que Marcq, et le nouveau Charleroi s'installe donc plus haut que l'ancien. Les Zèbres n'ont toujours pas la possession, mais ils parviennent à dominer leurs rencontres en empêchant l'adversaire de s'installer avec le ballon dans leur moitié de terrain, là où ils préféraient résister devant leur rectangle la saison dernière. Pour survivre plus haut, il faut aussi pouvoir mettre le pied sur le ballon dans le camp adverse. Felice Mazzù le fait avec Dodi Lukebakio, sa caution " technicité ", capable de contrôler entre les lignes, puis de gagner des mètres balle au pied grâce à ses dribbles et ses changements de rythme. De l'autre côté du terrain, c'est Amara Baby qui remplit le même rôle, dans un style moins élégant, mais encore plus efficace. Le Sénégalais aligne les rushes tout en puissance, et l'adversaire doit mobiliser deux, voire trois joueurs pour tenter de stopper sa course. Là où il s'écartait souvent dans le couloir par le passé, Baby est plus présent dans les intervalles, pour ouvrir le flanc aux déboulés de Nurio. Le 4-4-2 mis en place par Mazzù exploite à merveille la largeur du terrain, et ses moments de forte pression obligent l'adversaire à se replier pour éviter d'être frappé par une vague qui déboule en continu. Lukebakio et Baby profitent à merveille de leur nouveau rôle. À eux deux, ils ont déjà empilé 21 tirs au but depuis le début de saison, trouvant chacun le chemin des filets à deux reprises. Leur présence rend le positionnement de l'adversaire plus complexe, par cette façon de se placer hors de portée du latéral, sans pour autant devenir une proie accessible pour l'arrière central ou le milieu défensif adverse. La base des différences créées par Charleroi est là, et complétée par un Nurio qui oblige à défendre des ailiers droits qui n'aiment généralement pas ça. Parfois brouillon quand il s'approche du rectangle adverse, le Portugais sera une menace décuplée quand il enchaînera les bons choix dans la zone de vérité, preuve que Charleroi se ménage encore une marge de progression. L'atout de Charleroi, c'est de parvenir à gouverner de longues parties de matches (la première mi-temps à Genk, la seconde contre Anderlecht) grâce à cette " domination par la pression ", avant de relâcher le rouleau-compresseur une fois la différence faite au marquoir. Là, comme dans la dernière demi-heure à la Luminus Arena, Charleroi retrouve ses principes de la saison dernière et se regroupe devant son rectangle, là où la défense gagne les duels avant de voir Cristophe Diandy dévorer tous les deuxièmes ballons. C'est souvent à ce moment que Mazzù lance Cristian Benavente sur le terrain. Parce que le Péruvien est capable de transformer une passe anodine en occasion de but, quelques dribbles plus loin. Le plan est affûté, et aucun adversaire n'y trouve la parade. Zulte Waregem semblait avoir trouvé la clé, mais le Essevee n'a pas résisté au dernier coup de pression du stade du Pays de Charleroi. Guillaume Gautier