Nieuwegein, dans la banlieue d'Utrecht. Le petit stade est la propriété d'un club amateur, dans un décor champêtre mais doté, comme souvent aux Pays-Bas, d'une pelouse qui ressemble à un billard. C'est là, face au FC Utrecht désormais entraîné par ErwinKoeman, où JanWuytens a enfilé le brassard de capitaine et où l'ex-Malinois NanaAsaré évolue sur le flanc... droit, que Malaga, en stage à Mierlo, a disputé mercredi passé sa troisième rencontre de préparation qu'il a, comme les deux précédentes (6-1 face aux Qataris d'Al-Rayyan et 0-1 à Xerez), remporté facilement (0-3). Malaga, c'est le nouveau riche du football espagnol.
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Nieuwegein, dans la banlieue d'Utrecht. Le petit stade est la propriété d'un club amateur, dans un décor champêtre mais doté, comme souvent aux Pays-Bas, d'une pelouse qui ressemble à un billard. C'est là, face au FC Utrecht désormais entraîné par ErwinKoeman, où JanWuytens a enfilé le brassard de capitaine et où l'ex-Malinois NanaAsaré évolue sur le flanc... droit, que Malaga, en stage à Mierlo, a disputé mercredi passé sa troisième rencontre de préparation qu'il a, comme les deux précédentes (6-1 face aux Qataris d'Al-Rayyan et 0-1 à Xerez), remporté facilement (0-3). Malaga, c'est le nouveau riche du football espagnol. " C'est tout simplement le club qui, en Europe et pas seulement en Espagne, a le plus investi cet été ", constate notre confrère PedroLuisAlonso, de TVSur, la télévision d'Andalousie. " Même des clubs comme Manchester United, Chelsea ou le Bayern Munich n'ont pas dépensé autant d'argent en transferts. Malaga n'a, en outre, rien vendu et n'a donc enregistré aucune rentrée financière. Il est clair que l'arrivée, l'an passé, du cheikh qatari AbdullahBenNasserAl- Thani a procuré de grands moyens au club. Il avait déjà affiché de grandes ambitions la saison dernière, mais les premiers transferts qu'il a réalisés n'ont pas répondu à l'attente. L'entraîneur JesualdoFerreira n'était sans doute pas, lui non plus, l'homme de la situation. En novembre, ManuelPellegrini est arrivé. Et là, tout a changé. Mais l'équipe était tombée tellement bas qu'elle ne pouvait plus nourrir d'autres ambitions que le maintien. Et encore, cela n'a pas été simple. Peu de gens croyaient encore que Malaga échapperait à la relégation. Mais l'équipe a gagné cinq matches d'affilée, et après des mois de souffrance, est finalement parvenue à ses fins. " Les ambitions actuelles constituent un changement radical pour ce club plus habitué à regarder vers le bas que vers le haut. " Effectivement ", poursuit notre interlocuteur. " Malaga n'a jamais remporté aucun trophée. Son meilleur classement fut la 8e place (en 2000-2001) et, en Coupe du Roi, il n'est jamais allé plus loin que les demi-finales. Le club n'est jamais resté plus de sept saisons consécutives en D1, et ce record est récent (entre 1999 et 2005). Il doit exister, en Espagne, une quarantaine de clubs qui ont un meilleur palmarès que Malaga. Cette saison, le club ambitionne une qualification européenne. Officiellement, on parle de l'Europa League, mais les supporters exigeront peut-être davantage, à savoir la Ligue des Champions. Surtout depuis la signature, toute récente, de SantiCazorla dont ils attendent beaucoup. Visiblement, ils croient dans ce projet, car le club a déjà battu tous ses records en matière d'abonnements. " Malaga, est-ce un peu le Manchester City du football espagnol, dont il porte d'ailleurs les couleurs bleu ciel et blanc ? " Il y a certaines similitudes, mais je ne comparerais pas les deux clubs ", affirme Alonso. " A Malaga, on garde tout de même une certaine mesure. On réalise des transferts ciblés, on n'achète pas pour le plaisir d'acheter, en jetant l'argent par les fenêtres. Avant de signer, on négocie longuement, on pèse le pour et le contre. "Si le cheikh a élu Malaga pour investir dans le football, est-ce uniquement parce qu'il est tombé amoureux de la Costa Del Sol ? " En fait, le président précédent, FernandoSanz (un ancien joueur du Real Madrid) a remué la terre entière pour trouver un repreneur l'année dernière. Malaga connaissait de grosses difficultés économiques et devait lutter chaque année pour assurer son maintien avec de très petits moyens. Ses contacts l'ont mené vers ce cheikh qatari. Je dois avouer que Malaga a eu beaucoup de chance, car la majorité des clubs espagnols qui se sont tournés vers des investisseurs étrangers ont été loin de résoudre leurs problèmes. Al-Thani n'est pas présent au quotidien, il laisse la gestion du club à son bras droit, le vice-président AbdullahGhubn. C'est lui, en fait, qui prend les décisions importantes. C'est un homme encore jeune, d'une trentaine d'années, très intelligent. Les changements les plus visibles, pour le grand public, se situent évidemment au niveau de l'équipe Première, mais de grandes améliorations ont été apportées à d'autres niveaux également. Des entraîneurs de qualité ont été engagés pour les formations de jeunes, et administrativement aussi, une restructuration en profondeur a été entamée. Il y a aussi un projet d'agrandissement du stade. " Comment ce nouveau riche est-il perçu en Espagne ? " Il suscite en tout cas la curiosité. L'an passé, Malaga n'intéressait encore que la presse régionale. Mais, cet été, on sent que l'intérêt s'accroît au niveau national. L'arrivée de FernandoHierro au poste de directeur général n'y est pas étranger. Il jouit d'un grand prestige. Il ne travaille pas encore à temps plein pour le club, mais sa présence se fait déjà ressentir. S'il a accepté de quitter la fédération pour s'occuper de Malaga, c'est que lui aussi croit au projet. Sa venue peut sembler étonnante, mais il faut savoir qu'il est originaire de la région. Il n'a jamais joué à Malaga, car le statut du club ne correspondait pas à son talent, mais il est né dans un village des environs. " Durant le stage aux Pays-Bas, RuudvanNistelrooy fut l'attraction. Les fans locaux n'avaient d'yeux que pour lui. Tout le monde voulait un autographe ou se faire prendre en photo. Son épouse et ses enfants étaient là également, et l'ancien attaquant de Hambourg leur a logiquement consacré quelques instants avant de répondre aux sollicitations des médias. " Cela fait plaisir d'être de retour au pays, l'espace d'une semaine ", concède-t-il. " On a battu le FC Utrecht assez facilement, mais c'est une équipe qui a perdu plusieurs joueurs importants (NDLR : dont notre compatriote DriesMertens) et qui est en pleine reconstruction sous la houlette d'un nouvel entraîneur. Malaga est un club ambitieux. Tout est très bien organisé, de façon très professionnelle. Je pense que tous les ingrédients sont réunis pour réaliser une très belle saison. Personnellement, je me réjouis de mon retour en Espagne. J'avais envie d'y retourner, et lorsque le projet de Malaga m'a été présenté, je n'ai pas hésité longtemps. Je n'ai signé que pour un an, histoire de voir comment le club évolue, mais j'espère rester plus longtemps si tout se passe bien. Au-delà du défi sportif, j'admets que Malaga n'est pas l'endroit le plus désagréable pour séjourner. A priori, je peux donner l'impression d'effectuer un pas en arrière, mais c'est surtout parce que la réputation du club n'est pas encore bien établie. C'est sûr, Malaga ne jouit pas du même prestige que le Real Madrid ou même Hambourg, mais les ambitions sont là. J'espère que les bonnes dispositions que nous avons déjà laissé entrevoir dans les matches de préparation trouveront un prolongement lorsque le championnat commencera. Au vu des investissements réalisés, je pense que nous pouvons voir l'avenir avec optimisme. Certes, comme il y a beaucoup de nouveaux joueurs, un peu de temps sera peut-être nécessaire, mais si la sauce prend, Malaga peut viser haut. L'Europe ? Oui, c'est l'objectif. Et ce serait une première, car le club n'a jamais disputé de compétition européenne. C'est sans doute pour cela qu'on ne parle encore que de l'Europa League. Mais je sais que, secrètement, Manuel Pellegrini espère réaliser à Malaga ce qu'il a réalisé à Villarreal. Un tel entraîneur constitue aussi, à priori, une garantie de succès. Pour autant, je ne ressens aucune pression. On laisse le temps au projet de se mettre en place. La sérénité est présente, on ne nous a placé devant aucune obligation en matière de classement, mais nous savons parfaitement où nous voulons aller. Les transferts sont ciblés. La direction a bien évalué à quelle position du renfort était nécessaire. Ce n'est pas un hasard, non plus, si des éléments d'expérience ont été acquis, comme JérémyToulalan ou Santi Cazorla. Ce sont des joueurs qui peuvent être opérationnels tout de suite. " L'arrière gauche NachoMonreal, ancien joueur d'Osasuna qui a déjà été appelé quelques fois en équipe nationale, s'intègre au groupe également. " On est sur la bonne voie " constate- t-il. " Ce n'est encore, pour nous, que le début de la préparation et nous ne sommes certainement pas encore à 100 %, mais on continue à progresser. Ces victoires dans les matches amicaux n'ont, en soi, qu'une importance relative, mais elles contribuent à mettre l'équipe en confiance. Nous acquerrons, petit à petit, le bon rythme et je pense qu'au-delà du résultat, nous avons aussi laissé une impression positive. Personnellement, je commence à trouver mes marques. Je suis entouré de joueurs aux références impressionnantes, beaucoup plus qu'à Osasuna, et cela facilite les combinaisons. J'ai été très bien accueilli, et au fur et à mesure de mon intégration, je prends des responsabilités offensives. Je ne sais pas si l'on peut déjà considérer Malaga comme une grande équipe, mais en tout cas, c'est déjà une bonne équipe. " " On aura besoin de temps pour mettre les automatismes au point ", ajoute Toulalan, arrivé de Lyon. " Personnellement, je m'habitue progressivement à mes nouveaux partenaires. J'éprouve encore un peu de difficultés avec la langue espagnole, mais cela viendra. Avant de signer, j'avais discuté avec Pellegrini qui m'a affirmé m'avoir visionné à plusieurs reprises et qu'il aimerait beaucoup travailler avec moi. J'ai déjà constaté qu'on touchait davantage le ballon qu'en France durant les entraînements d'avant-saison, ce qui n'est pas pour me déplaire. Le jeu me semble plus rapide également. Une autre différence est selon moi qu'en Espagne, même les équipes de bas de classement essaient de jouer au football. Elles sont orientées vers l'offensive, avec un jeu basé davantage sur la technique que sur la puissance. " " Le projet de Malaga est sérieux et s'articule sur le long terme ", affirme le directeur sportif AntonioFernandez. " La prolongation de contrat de Pellegrini, jusqu'en 2015, en témoigne. Forcément, cette prolongation indique que nous sommes satisfaits de son travail. Nous disposons de l'un des meilleurs entraîneurs du monde et nous comptons sur lui pour faire de Malaga un grand du football espagnol. " Fernandez lève un voile sur la manière dont le recrutement a été opéré. " Un profil a été établi pour une position déterminée. Nous avons eu la chance de pouvoir transférer, à chaque poste, le joueur qui était notre premier choix. Il est certain que, lorsqu'on a de l'argent, c'est plus facile. Mais ce n'est pas pour cela qu'on va acheter n'importe qui, à n'importe quel prix. Nous essayons de faire preuve de sagesse et de bon sens. Nous attendons le début du championnat avec sérénité. Notre campagne de transferts est bouclée, sauf si une bonne opportunité devait se présenter. Nous restons attentifs. Mais, cet été, j'ai lu et entendu un peu tout et n'importe quoi. Avec 80 % des joueurs cités, il n'y a même pas eu de contact. Nous n'étions même pas intéressés. "L'arrivée de Hierro apportera encore un plus à Malaga : " C'est une icône du football international. Parler de lui, c'est parler d'excellence. Il n'y a pas d'autre terme pour qualifier ce qu'il a accompli sur les pelouses et dans les bureaux de la fédération au cours des quatre dernières années. "Le club se restructure en profondeur. " Au niveau de l'Académie, il reste beaucoup de travail. C'est le club le moins bien classé d'Espagne en matière de formation. Nous avons engagé un nouveau directeur pour l'Académie, ManelCasanova, et il sera assisté par Antonio Benitez, une figure bien connue de la région. Ce n'est qu'un début, tout l'organigramme va être revu. " Des accords ont aussi été conclus avec d'autres clubs andalous pour prendre en charge une partie des frais de formation des joueurs, voire de leur salaire. " Je pense qu'à terme, cela peut se révéler bénéfique pour Malaga. "PAR DANIEL DEVOS" Nous avons eu la chance de pouvoir transférer, à chaque poste, le joueur qui était notre premier choix. "( Antonio Fernandez, directeur sportif)" Je sais que Manuel Pellegrini veut réaliser à Malaga ce qu'il a réussi à Villarreal. "(Ruud van Nistelrooy)" Le projet de Malaga est sérieux et s'articule sur le long terme. "( Antonio Fernandez, directeur sportif)