Charleroi a réalisé le doublé coupe-championnat. Son 4e, après ceux de 1996, 1999 et 2003, pour un 8e titre. Et c'est logique, car il était le plus fort. Pourtant, les Spirous ont eu besoin de deux miracles pour en arriver là. En demi-finale retour de la Coupe de Belgique à Alost, ils étaient virtuellement éliminés à deux secondes du terme et il avait fallu un panier à trois points exceptionnel de MattWalsh pour qu'ils s'en sortent. Mardi passé, lors de la première manche de la finale des playoffs au Spiroudôme, il ne pouvait en principe plus rien arriver à Mons lorsqu'à 11 secondes de la fin, le marquoir indiquait 74-75 avec remise en jeu pour l'Union. En principe... Car KelvinTorbert, voyant ses coéquipiers incapables de se dépêtrer du marquage carolo, ne lâcha pas son ballon et se vit siffler une violation des " cinq secondes ". JerryJohnson ne se fit pas faute d'en profiter...
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Charleroi a réalisé le doublé coupe-championnat. Son 4e, après ceux de 1996, 1999 et 2003, pour un 8e titre. Et c'est logique, car il était le plus fort. Pourtant, les Spirous ont eu besoin de deux miracles pour en arriver là. En demi-finale retour de la Coupe de Belgique à Alost, ils étaient virtuellement éliminés à deux secondes du terme et il avait fallu un panier à trois points exceptionnel de MattWalsh pour qu'ils s'en sortent. Mardi passé, lors de la première manche de la finale des playoffs au Spiroudôme, il ne pouvait en principe plus rien arriver à Mons lorsqu'à 11 secondes de la fin, le marquoir indiquait 74-75 avec remise en jeu pour l'Union. En principe... Car KelvinTorbert, voyant ses coéquipiers incapables de se dépêtrer du marquage carolo, ne lâcha pas son ballon et se vit siffler une violation des " cinq secondes ". JerryJohnson ne se fit pas faute d'en profiter... La chance de Mons était passée et elle ne se représentera plus. Au bout du compte, l'Union subira un sweep (défaite 3-0). Les regrets sont éternels. Car, outre ce fait de jeu, les Borains avaient hérité d'autres occasions de tuer le match. A 1min30 du terme, alors que c'était 71-75, NateReinking avait pris un tir ouvert à trois points à une position d'où, généralement, il ne rate jamais. Torbert avait également loupé deux lancers francs à un moment crucial, une carence récurrente durant ces playoffs. Après coup, les joueurs ont longuement médité tout cela en silence dans leur vestiaire où l'on aurait entendu une mouche voler. Ce scénario cauchemardesque, celui d'une défaite sur le fil, avait déjà été vécu dans un passé récent. En finale de l'Eurocoupe 2008 à Limassol, par exemple. Ou encore en finale de la Coupe de Belgique 2008. Du côté carolo, on était conscient d'être passé par le chas de l'aiguille dans cette première manche alors que, à 29-9 à la fin du premier quart, tout indiquait une victoire facile. Le titre avait, déjà, choisi son camp. Qu'est-ce qui a permis aux Spirous de triompher ? Leur budget, d'abord. Par rapport à celui de Mons, c'est le double : six millions contre trois. Cela permet de construire l'équipe différemment, qualitativement comme quantitativement. " On n'a pas les moyens d'engager des joueurs comme Johnson ou Walsh ", reconnaît le président montois GuyLheureux. Pas les moyens, non plus, d'engager 12 joueurs compétitifs comme Charleroi, qui en a même compté 13 et a dû en sacrifier un à chaque match. Cela peut être assimilé à du gaspillage, mais cela a aussi permis aux Spirous d'effectuer d'incessantes rotations qui, à la longue, ont usé l'adversaire. Mons n'a pas, non plus, les moyens d'engager les meilleurs joueurs belges. Là où Charleroi peut se payer JonathanTabu, SachaMassot et GerritMajor, l'Union doit se contenter d'Espoirs issus de son centre de formation. " En plus des trois précités, Charleroi a aussi sous contrat d'autres joueurs belges évoluant ailleurs, et non des moindres ", rappelle Lheureux. " C'est le cas du Joueur de l'Année ChristopheBeghin qui joue à Anvers, de l'Espoir de l'Année MaximeDezeeuw qui joue à Pepinster et de cinq autres Espoirs pépins. " En la personne du Croate DrazenAnzulovic, Charleroi possède un coach brevetéEuroligue. En un an et demi en Belgique, il a tout gagné sur la scène nationale : deux titres, une Coupe et une Supercoupe. Il a, en revanche, échoué dans sa tentative de qualifier les Spirous pour le FinalEight de l'Eurocoupe, l'une des missions qui lui avait été confiée. Ce n'est pourtant pas en raison de cet échec qu'il s'en ira, en principe, malgré l'année de contrat qu'il lui reste, mais pour une question financière. Egalement touché par la crise, Charleroi lui a proposé une révision à la baisse de son contrat, ce qu'il refuse. GiovanniBozzi pourrait-il retrouver le Spiroudôme ? JacquesStas, jusqu'ici assistant-coach, deviendra manager à la place de DavidDesy. Le processus de renouvellement des contrats des joueurs a été entamé, preuve que les Spirous miseront encore sur la continuité. LenMatela a déjà resigné pour trois ans et Johnson pour un an. DwayneBroyles et Hamilton devraient suivre. Une proposition devrait aussi être faite à Walsh, mais l'homme qui a apporté la plus-value lors des deux derniers titres des Spirous aimerait, comme l'an passé, tenter sa chance dans la SummerLeague de la NBA. Lorsque toutes ces individualités mettent leur talent au service du collectif, ce qui a été le cas pendant les playoffs, Charleroi devient injouable pour les autres équipes belges. Charleroi n'a pas toujours été brillant. Son jeu physique et défensif (mais c'est une qualité en basket) n'a pas toujours été spectaculaire. Les Spirous ont même subi quelques défaites humiliantes au c£ur de l'hiver. " Mais sans qu'il ait été question d'un boycott envers le coach ", assure Johnson. Pourtant, à force d'exercer une pression constante (sur les arbitres mais aussi sur ses propres joueurs), Anzulovic doit être usant. C'est son style de coaching. Mais la méthode a porté ses fruits. Charleroi est monté en puissance au long de la saison et a connu son pic de forme au moment des échéances, tandis que Mons a connu sa période faste trop tôt. On continue de s'étonner qu'Anzulovic n'ait même pas figuré parmi les trois nominés au référendum du Coach de l'Année (remporté par EddyCasteels - Anvers et équipe nationale belge - devant le Montois ChrisFinch et l'Alostois BradDean). Sans doute son caractère soupe-au-lait y est-il pour quelque chose. Au terme des deux premiers matches de la finale des playoffs, qu'il avait pourtant remportés, il a commencé sa conférence de presse en s'en prenant aux arbitres. " Mes joueurs sont des héros ! ", a-t-il déclaré. " Ils ont triomphé alors qu'on les empêche de pratiquer ce basket qu'ils affectionnent tant. " Anzulovic n'a sans doute pas compris les chants de Calimero qui lui ont été adressés par les supporters montois... par daniel devos