Celles de JuppHeynckes furent toujours étoilées. De jour comme de nuit. Pas besoin de la résonance de la pénombre pour le mettre en pleine lumière. Jupp est un véritable esthète qui dévaste tous ses adversaires. Comme acteur ou metteur en scène. Avec les pieds ou sa réflexion, il a réplique à tout. Rien d'anonyme avec lui. Il est une star.
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Celles de JuppHeynckes furent toujours étoilées. De jour comme de nuit. Pas besoin de la résonance de la pénombre pour le mettre en pleine lumière. Jupp est un véritable esthète qui dévaste tous ses adversaires. Comme acteur ou metteur en scène. Avec les pieds ou sa réflexion, il a réplique à tout. Rien d'anonyme avec lui. Il est une star. Les mille et une nuits n'ont jamais trouvé preneur quant à leur créateur. Heynckes s'est créé, seul, mille et une journées de Bundesliga. Signées et assumées. Comme devront assumer ses dirigeants après avoir signé le flamboyant PepGuardiola. Imaginez, Jupp qui gagne ce pourquoi Pep va venir. Un triplé. Nous, on imagine la réflexion entre joie et dépit des boss bavarois : " Tout ça pour ça ". Faire venir l'enfant prodige alors que le Papy prodigieux a déjà fait le boulot. Ce serait quand même formidable ! 1001 fois sur ou au bord des pelouses allemandes. C'est à dire le très haut niveau. 369 fois comme joueur, 632 fois comme entraîneur. En short, ce n'était pas qu'un joueur, c'était un buteur. 220 buts en championnat. Seuls GerdMuller et KlausFischer ont fait mieux. Dans les années 70, avec lui devant, GunterNetzer au milieu et BertiVogts derrière, le club de sa ville, le Borussia Moënchengladbach, a été le premier à oser s'attaquer et vaincre l'ogre Bavarois. 50 ans plus tard, le respect qu'il a acquis sur le terrain, le Bayern le lui rend en le gardant sur son banc. C'est ça l'Allemagne : tu les bats, ils te respectent. En sport comme dans le reste. Ça, les gamins, c'est l'Histoire avec un grand H. Comme Heynckes qui vous plante trois buts en finale UEFA 1975. Gladbach devient le premier club allemand à gagner ce qui, à l'époque, était une consécration européenne. Cette année-là, Jupp est en lévitation. 10 buts européens, 27 en championnat, plus ceux avec la Mannschaft, une sorte de destin " Messiyen ". En 64 matches européens, il a marqué 51 buts. Si, si. On comprend mieux que dans son vestiaire les joueurs ne la ramènent pas trop. D'ailleurs, s'il y a un trop de pas assez dans la discipline, il ramène très vite ses starlettes en coulisse. Une anecdote prouve par l'absurde que le foot n'est pas que de l'onanisme tactique, du bluff médiatique ou de la magouille périphérique. Stage cet hiver au Qatar. BastianSchweinsteiger et ToniKroos se font remballer pour une histoire de chaussettes. Heynckes avait dit chaussettes noires pour l'entraînement. Les deux distraits arrivent avec des blanches. Colère noire du Boss. Grosse amende. " On a un but commun : tout gagner. Il faut de la discipline. Ça commence par avoir tous les mêmes chaussettes. " L'après-midi, ils auront les mollets gainés de noir. Le " Petit Prince " PhilippeLahm, en bon capitaine, ira plaider la cause de ses coéquipiers. L'amende sera annulée. Plus besoin. Le message était passé. Le respect c'est aussi la dégaine, Jupp ressemble à un seigneur qui n'a pas oublié que sans les autres il n'est rien. Les Espagnols le surnommaient " DonJupp ". Il a amadoué l'Espagne avec l'Athletic Bilbao et Tenerife puis dominé l'Europe avec le Real Madrid. Parce que comparé à Heynckes, José Mourinho c'est de la bibine. En une saison à Madrid, il remporte la Ligue des Champions. A la différence de José, Jupp ne se croit jamais plus important que le club qu'il dirige. Être le boss de son vestiaire sans passer par le monde entier pour le faire savoir. Heynckes a déjà tout gagné. Même un Euro et une Coupe du Monde. Le miracle de Munich, c'est le Chelsea de sa Sainteté Drogba qui en a profité. Mais Jupp peut encore entrer dans l'éternité de son vivant. Un peu comme le Pape. Je quitte ma destinée en étant le roi du Monde. Fais le nous Jupp ! Ta carrière est déjà un sacerdoce tendance apostolat. Plus besoin de miracle. Fais-nous un triplé. J'ai dit un, pas des. A 67 ans, ce serait exagéré. Non un triplé footballistique. Après, que Pep se démerde pour nous prouver qu'il est de ta race, celle des seigneurs. " Comparé à Heynckes, Mourinho c'est de la bibine. "