Si les hommes politiques tentent de récupérer les fruits du succès du Standard, l'imagination fourmille aussi du côté des intellectuels. Marco Martiniello, directeur du Centre d'études de l'ethnicité et des migrations (CEDEM) à l'Université de Liège, s'est exprimé dans les colonnes du Soir dans une page blanche intitulée : Le titre du Standard... une victoire pour le projet de société multiculturelle. Martiniello voit dans la réussite des Rouches un remake de la victoire des Français à la Coupe du Monde 1998 ! " Le Standard comprend des fils d'immigrés, des sportifs immigrés, des joueurs du cru, métissés ou adoptés, (...) coachés de main de maître par un Wallon qui a longtemps milité en Flandre puis au Portugal avant de revenir au bercail. Par ailleurs, des fils d'immigrés italiens jouent un rôle central dans la direction de l'entreprise du Standard. (...) Le néerlandais est la seconde lan...

Si les hommes politiques tentent de récupérer les fruits du succès du Standard, l'imagination fourmille aussi du côté des intellectuels. Marco Martiniello, directeur du Centre d'études de l'ethnicité et des migrations (CEDEM) à l'Université de Liège, s'est exprimé dans les colonnes du Soir dans une page blanche intitulée : Le titre du Standard... une victoire pour le projet de société multiculturelle. Martiniello voit dans la réussite des Rouches un remake de la victoire des Français à la Coupe du Monde 1998 ! " Le Standard comprend des fils d'immigrés, des sportifs immigrés, des joueurs du cru, métissés ou adoptés, (...) coachés de main de maître par un Wallon qui a longtemps milité en Flandre puis au Portugal avant de revenir au bercail. Par ailleurs, des fils d'immigrés italiens jouent un rôle central dans la direction de l'entreprise du Standard. (...) Le néerlandais est la seconde langue parlée dans les tribunes de Sclessin. Le titre a été fêté de Bruxelles à Ostende et au Limbourg. Le Standard rassemble des Belges, non-belges, néo-belges au-delà de la frontière linguistique. " Le Soir a d'ailleurs surfé sur cette vague pour proposer mercredi dernier un supplément de 12 pages consacré à Liège, avec cette question au centre des débats : le titre du Standard peut-il ou non inspirer la Cité Ardente ? Le titre d'une équipe fait toujours l'objet de quelques pages supplémentaires dans les quotidiens. Mais là c'est une véritable déferlante rouche qui a envahi les journaux lors des jours qui ont suivi la victoire du Standard. Le top des plus grosses publications (quand même loin derrière Sport/Foot Magazine et ses 50 pages, ...) : LaDH (20 pages mardi), Le Soir (19 pages lundi), Het Nieuwsblad (12 pages lundi), Sud Presse (8 pages lundi et 7 le mardi) et Het Laatste Nieuws (7 pages lundi et mardi). Les magazines pas sportifs pour un sou ont aussi sauté sur l'occasion. Le Soir magazine a consacré 23 pages à l'événement alors que Le Télé Moustique s'est contenté de 11 pages. Les médias ont beaucoup évoqué les champions de la saison 1983 et c'est dans Het Belang van Limburg qu'on a trouvé les meilleures anecdotes. : " Un jour, Simon Tahamata est arrivé au bout d'une séance de course au bois avec une moitié de cheveux courts et une moitié de cheveux longs. Il s'était arrêté chez le coiffeur à mi-parcours ! " : " Théo Poel s'est blessé et il a dû rentrer chez lui pour mettre de la glace. Arrivé à bon port, il s'est assis et a mis son pied dans le congélateur, au milieu des steaks. " : " La voiture de Raymond Goethals était cabossée d'une centaine de coups. Au Sart-Tilman, on l'entendait arriver de loin. Il y avait une descente et Goethals emboutissait à chaque fois le même mur. Son cendrier contenait une cinquantaine de cigarettes et il y en avait au moins cent cinquante autour. " : " Quand nous avons joué contre le Dynamo Tbilissi en coupe d'Europe, l'arrière gauche adverse avait un nom composé de 25 lettres. Goethals le nomma Jef et indiqua ce nom sur le tableau tactique. " Michel Preud'homme est un entraîneur accro aux superstitions. Et plusieurs médias n'ont pas manqué de rappeler l'ensemble de ses petites manies. Sur la RTBF, on a pu voir l'ancien joueur du Standard déclarer qu'il ne se rasait pas et ne se coupait pas les ongles avant un match car c'était soi-disant " mauvais pour l'influx nerveux. " Ingrid Merckx, sa femme, a aussi levé une part du voile pour Sud Presse et la DH. Elle a expliqué qu'il était de mauvais ton de prononcer le terme " champion " à la maison et que les rituels précédant les matches étaient toujours similaires. Avant le début de la rencontre, elle lui souhaite " bon match " accompagné de trois bisous. Les enfants sont aussi impliqués : Guilian, le fils, prononce les prénoms des joueurs sous la douche tandis que sa s£ur crie les noms de famille. Au stade, les enfants suivent l'échauffement et Ingrid monte dans les tribunes juste avant le coup d'envoi, sous peine de se voir adresser une réprimande de son fils. Quand Preud'homme s'assied sur le banc de touche, il se signe trois fois. Si son équipe ne trouve pas le chemin des filets, sa femme a un geste particulier : se retourner et fouiller dans son sac. Et cela fonctionne : contre Anderlecht, c'est à cet instant que DieumerciMbokani a marqué le premier but ! Lors des mises au vert, Preud'homme emporte toujours le même pyjama gris avec des carreaux rouge et blanc. Les joueurs sont aussi concernés. Dante Bonfim a cessé d'arborer sa coupe à la Jimmy Hendrix depuis que Preud'homme lui a fait remarquer que l'équipe était moins performante quand il était coiffé de la sorte ! Joëlle Milquet n'est pas épargnée : Michel Preud'homme lui a fait remarquer que le Standard perdait plus souvent quand elle se rendait au stade !