1 Mémé Tchité (Anderlecht)

22 ans, 17 matches, 12 buts, 8 assists
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22 ans, 17 matches, 12 buts, 8 assists " Je pensais qu'il éprouverait des difficultés à digérer la transition entre le Standard et Anderlecht mais ses statistiques à mi-parcours attestent combien je m'étais fourvoyé. L'Africain est un attaquant des plus complets : il est à la fois un finisseur et un délivreur de passes décisives. Il a aussi cette faculté de pouvoir s'imbriquer dans n'importe quel système. Cette saison, il s'est à la fois distingué dans une attaque à deux ou à trois composantes. Comme quoi, en étroite association ou en léger décalage, il est toujours aussi percutant. Compte tenu de son jeune âge, je suis persuadé qu'il va encore étoffer son registre au plan européen où, il faut bien l'avouer, il n'a pas aligné les mêmes prestations qu'en championnat. Il n'empêche qu'il a progressé tout au long de la Ligue des Champions, à l'image des autres Sportingmen d'ailleurs. La preuve par son merveilleux assist pour Mbo Mpenza sur le but du 2-2 à Lille ".23 ans, 17 matches, 12 buts, 1 assist " Le Nigérian perpétue la tradition des bons leaders d'attaque au Kuipje, où d'autres étrangers s'étaient déjà affirmés avant lui, comme Tosin Dosunmu ou Jaja Coelho. Si je dois établir une hiérarchie entre eux, mes préférences vont au second, transféré récemment au Racing Genk, puis à l'autre, qui vient de rejoindre les rangs de Zulte Waregem. Au même titre que Tchité, Coelho était - et est sans doute toujours - capable de se muer tantôt en buteur, tantôt en fournisseur d'assists. Dosunmu possède également ces deux qualités, même si son sens du jeu collectif est plus pointu encore. Dans le chef de Patrick Ogunsoto, tout cela reste à prouver. Il est peut-être à l'aise contre les sans grade mais face à des équipes du top, je ne l'ai encore jamais vu décisif. Reste qu'il a du flair en zone de vérité et qu'il est très spectaculaire. Le but qu'il a inscrit au Brussels sur un magnifique ciseau en est la preuve ".24 ans, 16 matches, 10 buts, 2 assists " Il est le premier Belge dans ce classement, ce qui en dit déjà beaucoup sur ses mérites, puisqu'il devance certains compatriotes même pas repris ici. Je songe à Kevin Vandenbergh ou encore à Mbo Mpenza. Si ces deux-ci ont déjà été appelés chez les Diables Rouges, certains se poseront peut-être la question de savoir si le Beerschotman n'aurait pas dû jouir de cette faveur aussi. Pour moi, le décalage reste important, malgré tout, entre les deux équipes moyennes qu'il a connues jusqu'ici parmi l'élite (Charleroi et les Oursons anversois) et l'équipe nationale. A ce stade de sa carrière, l'ancien joueur de l'OHL Louvain ne me semble pas à même de franchir ce pas. Même si, lui aussi, vu sa jeunesse, peut encore espérer se bonifier très sensiblement. Le Liégeois est un avant opportuniste, c'est évident. En outre, il a un caractère plutôt bien trempé. Si Kevin Vandenbergh avait sa grinta, il n'y aurait pas photo entre eux ".28 ans, 16 matches, 10 buts, 3 assists " Formé à l'école française avant de débarquer chez les Frontaliers, il se distingue non seulement par son flair dans les 16 mètres, où il alterne force et finesse, au besoin, mais aussi par son implication dans le jeu mouscronnois. Il ne se contente pas de camper au sein de la surface de réparation adverse mais apporte son écot dans l'élaboration des offensives des siens. Cet aspect-là le différencie d'un autre footballeur originaire de l'ex-Yougoslavie qui a sévi chez les Hurlus : Nenad Jestrovic. Contrairement à ce dernier, qui fut mon coéquipier au Parc Astrid, je ne vois pas Custovic tirer son épingle du jeu dans un club plus huppé. Une formation du ventre mou, en Belgique, c'est l'idéal pour lui. Dès l'instant où tout doit aller un tantinet plus vite, on constate du déchet dans son jeu. Mais il peut tabler également sur une toute bonne frappe. Ses coups francs sont à la fois secs et d'une précision chirurgicale. Ce qui peut compter pour un club tel Mouscron ".22 ans, 17 matches, 4 buts, 4 assists " Contrairement à Mémé Tchité, il a éprouvé des difficultés à s'intégrer dans son nouvel entourage. A sa décharge, j'observerai que contrairement à ce qui se passait pour lui à La Gantoise, où il était un électron libre, il a été confronté au Parc Astrid à de véritables injonctions de la part de l'entraîneur, Frankie Vercauteren. Cette rigidité-là explique sans doute son manque de rayonnement et son décalage avec Tchité qui, lui, d'un club à l'autre, a précisément gardé cette opportunité de pouvoir se mouvoir sur tout le front de l'attaque. Par rapport aux Buffalos, où il était de loin l'élément le plus emblématique, Mbark Boussoufa a souvent livré un match dans le match avec un partenaire au profil semblable au sien : Ahmed Hassan. Pour le coach, c'était l'un ou l'autre. Pourtant, je suis convaincu qu'il y a aisément moyen de les faire cohabiter : l'Egyptien dans le rôle de Pär Zetterberg et le Marocain comme soutien d'attaque. Le Sporting ne peut se priver de la classe de gars pareils ".23 ans, 17 matches, 5 buts, 2 assists " Son parcours me fait penser à celui de son coéquipier Stijn Meert. Il ne fallait pas être grand clerc pour remarquer que le garçon avait des qualités mais, pour je ne sais quelle raison, il ne parvenait pas à les exprimer. Ce n'est que suite à son passage à Zulte Waregem qu'il a donné enfin la pleine mesure de son talent. Le même raisonnement est d'application à Tim Matthijs. A La Gantoise, il était manifestement à l'étroit, sans qu'on sache pourquoi. Mais il a suffi qu'il change d'air et qu'il rallie le Gaverbeek pour éclater. Sous les ordres de Francky Dury, Matthijs irradie la joie de vivre et de jouer. A défaut d'être un fin technicien, il est doté d'une pointe de vitesse appréciable et d'un sens du but certain. Il est toujours dangereux lorsqu'il peut entamer ses raids dévastateurs de loin. Et si son club est toujours engagé en Coupe de l'UEFA, c'est en grande partie à Matthijs qu'il en est redevable ".30 ans, 17 matches, 7 buts, 1 assist " Si Saint-Trond est parvenu, chemin faisant, à s'extirper de la zone rouge du classement, c'est largement grâce aux qualités de son buteur, une denrée que les autres clubs situés en bas de la hiérarchie ne possédaient pas, ou alors dans une moindre mesure. La réussite de Peter Van Houdt chez les Canaris s'explique par le fait qu'il connaît ce club comme sa poche. Il y est revenu avec une fameuse dose d'expérience en plus et une ardeur au travail sans pareille. Van Houdt ne se contente pas d'attendre les ballons, il abat aussi un boulot appréciable entre les lignes. L'image qu'on retiendra de lui cette saison est ce but invraisemblable qu'il a inscrit au Standard, sur un centre tir qui a laissé Olivier Renard complètement pantois. Auparavant, je me souviens encore de deux buts précieux de sa part au Brussels : le premier sur un envoi de loin, le second en s'imposant dans le pack. Il a le nez creux pour surgir au bon moment. Mais il manque de technique pour s'imposer plus haut ".28 ans, 16 matches, 11 buts, 4 assists " Avec lui, c'est souvent tout ou rien. Dans un bon jour, il est capable de plier un match tout seul. Mais quand il a l'esprit ailleurs, il n'est pour ainsi dire d'aucune utilité, tant il rechigne à se mettre au service des autres. S'il était plus régulier, il s'immiscerait dans le top 3. Il n'en reste pas moins que le Club Bruges peut difficilement se passer de lui et de son coup de patte, très souvent décisif. Bosko Balaban est une des plus fines gâchettes de notre élite et, sur phases arrêtées, son pied droit est meurtrier les trois quarts du temps. Comme tous les attaquants de l'ancienne Yougoslavie, il faut le prendre comme il est, avec ses qualités et ses défauts. J'ai connu Ivica Mornar et Nenad Jestrovic au RSCA. Ils n'étaient pas, eux non plus, des plus réguliers. Quant au collectif, ils s'en souciaient souvent comme un poisson d'une pomme. Il n'empêche que lorsqu'ils éprouvaient de bonnes sensations, ils étaient irrésistibles ".27 ans, 13 matches, 9 buts, 1 assist " Emile Mpenza ne doit pas désespérer : il y a toujours de la vie pour un attaquant après le Qatar. La preuve par Adekanmi Olufade, actif là-bas avant de briller de mille feux sous la casaque des Buffalos cette saison. Toutes proportions gardées, le Togolais me fait songer à Aruna Dindane : voilà deux joueurs qui allient la puissance du buffle à l'agilité d'une gazelle. Le tandem qu'il constitue avec Dominic Foley est des plus complémentaires. L'Irlandais est extrêmement fort dos au but tandis que l'Africain est particulièrement performant face au goal. Ce qui ne gâte rien, ce duo peut compter aussi sur les coups de patte d'Alin Stoica pour être placé en position judicieuse dans les 16 mètres adverses. A l'encontre d'autres, placés plus haut dans ce ranking mais qui ont atteint leurs limites, Olufade peut briguer une place dans un club plus huppé encore. Sa technique en mouvement constitue un véritable casse-tête pour celui qui est commis à sa garde ".28 ans, 17 matches, 4 buts, 1 assist " Je suis étonné de découvrir un deuxième Mouscronnois dans ce classement. Non pas que Bertin Tomou manque de mérite car il a su saisir sa chance suite à la grave blessure encourue par Demba Ba. Le Camerounais se situe dans le même registre qu' Orlando à Charleroi ou Patiyo Tambwé à Lokeren. Ils sont peut-être à leur place dans leur club respectif, mais on ne peut pas dire vraiment qu'ils défraient la chronique. Tomou est grand et plutôt bien campé sur ses jambes, ce qui lui permet de faire le ménage et d'être un acolyte précieux pour son compère Adnan Custovic. Mais c'est à peu près tout. Des gars de sa trempe, on peut en trouver en D2 chez nous. Jonathan Téhoué, passé de Virton au Brussels en ce début de saison, en est un exemple. Hormis des arguments physiques impressionnants, il ne se distingue pas par des qualités de footballeur exceptionnelles. Par là même, l'Excelsior constitue son véritable plafond ".