Quand Johan Vermeersch avait décidé de suspendre son joueur Sydney Kargbo pendant deux mois après son attentat en Coupe de Belgique contre Courtrai, on s'est dit que c'était un joli coup médiatique. Vermeersch - un ancien attaquant - prenait le parti du beau jeu tout en envoyant un signal fort à son jeune défenseur, qui avait déjà mis Cédric Roussel KO en début de saison. Le président bruxellois prenait aussi le parti des arbitres, les aidant à contrer le jeu violent, en donnant un exemple à tous se...

Quand Johan Vermeersch avait décidé de suspendre son joueur Sydney Kargbo pendant deux mois après son attentat en Coupe de Belgique contre Courtrai, on s'est dit que c'était un joli coup médiatique. Vermeersch - un ancien attaquant - prenait le parti du beau jeu tout en envoyant un signal fort à son jeune défenseur, qui avait déjà mis Cédric Roussel KO en début de saison. Le président bruxellois prenait aussi le parti des arbitres, les aidant à contrer le jeu violent, en donnant un exemple à tous ses collègues. Mais la mesure était excessive ; tout à fait dans le caractère d'un homme qui n'entend recevoir de leçons de personne et veut tout décider lui-même. On se demanda même si Vermeersch irait au bout du bannissement du jeune Sierra-Léonais. D'ailleurs, quand les esprits se sont calmés, que restait-il de la tentative d'attentat du stopper bruxellois ? Rien. Ceux qui n'avaient pas lynché Kargbo et attendaient tout simplement la suspension officielle de l'UB, allaient avoir encore plus raison les jours suivants. A Bruges, le Mouscronnois Sébastien Grimaldi bissait : un tackle avec les deux pieds en avant et dehors. Et lors du derby limbourgeois, Cephas Chimedza trissait : buiten ! Banalisation de la violence ou loi des séries ? L'essentiel n'allait pas être là. Le week-end dernier, mécontent des décisions de l'arbitre à La Gantoise, Vermeersch ne trouva rien de mieux que de pénétrer dans la zone neutre puis sur le terrain pour manifester son mécontentement. Un coup de sang qu'il tenta d'expliquer sans convaincre par le fait que " les arbitres ne faisaient pas bien leur travail et qu'il en avait marre ". On subodore que dans ses rêves, Vermeersch se voit président, coach et arbitre de son club. Il mérite une sanction exemplaire de la part de la fédération. Son attitude était inexcusable à Gand. Et grotesque s'il pense que c'est comme ça qu'il augmentera le niveau de l'arbitrage. Contreproductive, enfin, pour une équipe où Albert Cartier veut faire passer un message très rugby et gentleman (honneur, fierté, respect, etc.) C'est comme Jacky Mathijssen au Germinal Beerschot : le coach des Zèbres se fait renvoyer dans la tribune après une demi-heure parce qu'il estime être victime du Grand Complot. Sa paranoïa des arbitres a fait des dégâts : Laurent Ciman, Fabien Camus et Oumar Bakari ont disjoncté très rapidement et ont été exclus. Comment penser que l'exemple du coach n'a pas joué un rôle là-dedans ? Il y a longtemps qu'on sait que les meilleurs arbitres sont ceux qui passent inaperçus dans un match. Mais c'est vrai aussi pour les dirigeants et les coaches : en contestant sans arrêt l'arbitrage, ils rendent le pire des services à leurs joueurs. Et s'ils ont l'impression de joueur les Zorro, ils ont surtout des allures de clowns. par john baete