Anderlecht a étrenné samedi dernier son 29e titre de champion alors que Standard battait au même moment le FC Bruges 1-0 et empochait la troisième place de D1, synonyme de qualification en Coupe de l'UEFA. Mais les Rouches peuvent déjà passer un tour de plus dans cette compétition en remportant aussi la finale de la Coupe de Belgique contre le même adversaire... et écrire un chapitre de l'histoire de Sclessin. En effet, le Standard n'a plus gagné de trophée depuis 1993 (année de sa cinquième coupe, le 8e titre de champion remontant à 1983).
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Anderlecht a étrenné samedi dernier son 29e titre de champion alors que Standard battait au même moment le FC Bruges 1-0 et empochait la troisième place de D1, synonyme de qualification en Coupe de l'UEFA. Mais les Rouches peuvent déjà passer un tour de plus dans cette compétition en remportant aussi la finale de la Coupe de Belgique contre le même adversaire... et écrire un chapitre de l'histoire de Sclessin. En effet, le Standard n'a plus gagné de trophée depuis 1993 (année de sa cinquième coupe, le 8e titre de champion remontant à 1983). Mercredi dernier, l'opposition entre Anderlecht et le Standard en retour de la demi-finale a explosé les records de télé sur RTL avec 491.114 téléspectateurs, en plus d'une ambiance démentielle et d'un tifo historique. Le foot belge se nourrit avec bonheur de cette lutte classique. Les deux clubs se déchirent toujours sportivement, mais il existe dorénavant des liens bien plus serrés qu'avant. C'est sans doute pour ça que - sans y voir aucune malice - les deux trophées de la saison vont sans doute aller vers eux... Première raison : Roger Vanden Stock et Luciano D'Onofrio Ce sont les boss des deux clubs et ils s'entendent très bien. L'un et l'autre présentent l'avantage - par rapport à de trop nombreux collègues - d'avoir passé toute leur vie dans le foot et pas seulement au niveau belge. Ils cultivent estime et respect réciproques, une attitude que l'on aimerait voir plus répandue entre les patrons de toutes les équipes de D1. Deuxième raison : Frankie Vercauteren et Michel Preud'hommeLes deux coaches sont deux internationaux au palmarès long comme le bras. Est-ce à cause de cela ou du fait qu'ils doivent d'office avoir des résultats avec la qualité de leur noyau qu'ils ne sont même pas nominés pour le prochain Gala du Footballeur Pro dimanche soir à Spa, alors que les votants (les pros du championnat !) devraient tout de même avoir une idée claire de la situation. Vercauteren et Preud'homme ont commencé la saison (le second après quatre matches) avec des équipes à construire. Ils ont mis du temps, mais les deux clubs ont retrouvé leurs spécificités en fin de saison : un beau foot champagne pour les Mauves et un foot estomaquant d'engagement pour les Rouches. Troisième raison : des équipes à garderComme pour tous les clubs sous les feux des projecteurs, Anderlecht et le Standard vont tous les deux avoir du souci à maintenir leurs forces vives. Aux premières loges : Ahmed Hassan et Milan Jovanovic. La seule différence : Hassan disait samedi dernier qu'il ne disait pas encore qu'il allait partir, tandis que Jova disait mercredi passé qu'il voulait jouer en Ligue des Champions. Quatrième raison : les droits tvC'est clair : ce sont les deux équipes les plus médiatiques (voir les chiffres plus haut). Elles en déduisent qu'elles devraient gagner plus d'argent que les autres clubs de D1. Avec le risque de les voir sortir des négociations de la Ligue Pro ? Effectivement. Cinquième saison : les stadesRoger VDS et Lucien D'Onofrio en ont assez d'être limités dans leur développement au stade Constant Vanden Stock et à Sclessin. Ils ont bien compris que pour viser la Ligue des Champions, ils ont besoin d'un outil plus moderne. La seule différence entre les deux est qu'Anderlecht le claironne depuis longtemps tandis que le boss du Standard vient seulement de l'annoncer. C'est ce qui s'appelle un scoop. PAR JOHN BAETE