Anderlecht a souffert à Saint-Trond. Les Canaris, qui avaient déjà pris six points sur six face au Sporting durant la phase classique du championnat, l'ont de nouveau poussé dans ses derniers retranchements. Et si une équipe aurait mérité de l'emporter, vendredi, c'était l'équipe trudonnaire. Dès lors, trois questions se posent
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Anderlecht a souffert à Saint-Trond. Les Canaris, qui avaient déjà pris six points sur six face au Sporting durant la phase classique du championnat, l'ont de nouveau poussé dans ses derniers retranchements. Et si une équipe aurait mérité de l'emporter, vendredi, c'était l'équipe trudonnaire. Dès lors, trois questions se posent Si Anderlecht n'est toujours pas parvenu à imposer ses vues à Saint-Trond, est-ce une pure coïncidence ou les Canaris ont-ils un style de jeu qui ne convient pas au Sporting ? " Qu'Anderlecht rencontre des difficultés au Stayen, ce n'est pas neuf ", affirme MarkHendrikx, l'actuel joueur d'Eupen qui était un spectateur attentif du match de vendredi. " J'ai vécu l'événement dans les deux camps. En tant que joueur de Saint-Trond, on était toujours hyper-motivés : la visite du Sporting, c'était le match de l'année. Et en tant que joueur d'Anderlecht, on appréhendait toujours ce déplacement. Cela n'a pas changé. Avec l'ambiance si particulière du Stayen, ces spectateurs si proches du terrain et toujours prêts à mettre le feu, Anderlecht doit s'attendre à trembler. En plus, cette saison, Saint-Trond a une équipe vraiment bien équilibrée. Un vrai groupe, peut-être pas très étoffé quantitativement, mais bien en place et où chacun mouille le maillot pour son partenaire. " WimDeConinck, ancien gardien d'Anderlecht (entre autres) et présent au Stayen comme consultant de BelgacomTV, version néerlandophone, est plus perplexe. " Saint-Trond est-il la bête noire d'Anderlecht ? Si l'on tient compte du fait que les Canaris n'ont toujours pas perdu en trois confrontations face au Sporting cette saison, c'est une évidence. Mais je crois qu'il y a, malgré tout, une part de coïncidence dans cette constatation. Si le score avait été de 0-2 ou 0-3 après une demi-heure de jeu, on n'aurait rien eu à redire, tant la domination des Mauves avait été flagrante. On aurait alors tenu un autre langage. Au lieu de cela, c'était 0-1 et les Canaris ont égalisé dans la minute suivante, ce qui leur a... donné des ailes. Certes, Saint-Trond était hyper-motivé, mais les autres équipes le sont aussi lorsqu'elles affrontent le Sporting. Cela a tourné à l'avantage de Saint-Trond cette saison, c'est tout. " Guido Brepoels pense plutôt avoir trouvé le truc pour ennuyer les Mauves. " Si l'on attend dans sa moitié de terrain, on est mort : Anderlecht plantera une banderille, tôt ou tard. En revanche, si l'on défend très haut et si l'on exerce un pressing constant, on peut ennuyer le leader du championnat. C'est ce qu'on a fait. " De Coninck n'est pas entièrement convaincu, mais admet : " Si Saint-Trond prend encore des points lors de sa quatrième confrontation avec Anderlecht, au Parc Astrid, on ne pourra plus parler de hasard. En attendant, je reste circonspect. "JonathanLegear a connu une période faste avant de rencontrer des problèmes à la cuisse. MatíasSuarez en a profité pour s'installer comme titulaire et s'est rapproché du niveau qu'il avait en début de saison. Aujourd'hui, les deux joueurs sont opérationnels. ArielJacobs devra-t-il effectuer un choix cornélien ? Vendredi, il a fait débuter Suarez mais les deux hommes ont aussi joué ensemble (Legear à droite et Suarez en pointe) pendant... 20 minutes, sans que ce soit vraiment concluant. " Il y aura effectivement un choix à faire, et qui n'est pas facile ", reconnaît De Coninck. " Si je devais trancher moi-même, j'aurais bien du mal. Ce sont deux joueurs brillants, mais aux qualités différentes. Legear table plus sur sa vitesse, sur des centres. Suarez a une technique au-dessus de la moyenne et recherche davantage les combinaisons. Si l'on se base sur le match de vendredi, Suarez a été meilleur que Legear sur la partie de match qu'il a joué. En tout cas en première mi-temps, un peu moins lorsqu'il a joué en pointe. A la décharge de Legear, il faut admettre qu'il est entré en jeu à un moment où le Sporting ne trouvait plus la bonne carburation. Il a donc eu moins souvent l'occasion de s'illustrer, car un joueur dépend toujours du collectif. Le problème de Jonathan, c'est qu'il est très fragile. On pensait que ses blessures à répétition n'étaient plus qu'un mauvais souvenir, mais il a de nouveau connu des pépins physiques, récemment. Matías me semble plus apte à tenir un championnat complet, de ce point de vue-là. "Hendrikx ne se fait pas trop de soucis : " La concurrence fait partie du lot à Anderlecht. Elle a toujours existé et existera toujours. Un club pareil a besoin d'avoir tous ses postes doublés. Jacobs a déjà démontré, par le passé, qu'il était capable d'effectuer les bons choix au bon moment, et je suis convaincu qu'il le fera encore dans ce cas-ci. Il sait gérer son groupe. "De Coninck est d'accord sur ce point : " Devoir choisir entre Suarez et Legear, c'est un problème de luxe car ils mériteraient tous les deux leur place. Mais il faut mieux avoir ce problème-là que le problème inverse, à savoir ne pas avoir d'ailier droit valable. "Brepoels admet aussi que ce sont deux joueurs différents, et qu'il faut peut-être choisir l'un ou l'autre en fonction des circonstances, voire de la nature de l'opposant. " On ne défend pas sur l'un de la même manière que sur l'autre ", affirme-t-il. " Je ne vais pas entrer dans les détails, mais disons que j'avais demandé à DennisOdoi de jouer très haut. Je lui ai dit que c'était à lui d'imprimer le rythme, et pas à se le faire dicter. Il ne devait pas trop reculer, mais au contraire obliger son opposant direct à reculer pour le rendre moins dangereux. " Les blessures de JanPolak et MarcinWasilewski, le 30 août face au Standard, ont obligé Jacobs à rechercher un nouvel équilibre dans l'entrejeu. Il semblait l'avoir trouvé, ces derniers mois : le travail défensif et la puissance physique de CheikhouKouyaté et de JelleVanDamme a offert un rôle offensif plus libre à LucasBiglia, qui a brillé à maintes reprises. La veille du match, Kouyaté et Biglia étaient encore incertains, mais Jacobs les a malgré tout alignés tous les deux. Le signe qu'il a trouvé la formule idéale en milieu de terrain ? Pour Hendrikx, la réponse est claire : c'est oui. " Ce trio a fait ses preuves ", affirme-t-il. " D'ailleurs, vendredi encore, je trouve qu'Anderlecht avait abordé la rencontre de la meilleure des manières : sa suprématie était écrasante dans la première demi-heure. Ensuite, j'ignore ce qu'il s'est passé. Y a-t-il eu une perte de concentration ? Est-ce Saint-Trond qui a joué en surrégime après son égalisation ? Un peu des deux, probablement. Mais une mi-temps un peu plus difficile ne doit pas faire oublier toutes les rencontres brillantes disputées auparavant. Je suis persuadé que le Sporting remettra les choses au point dès ce mercredi, contre Courtrai. Anderlecht fera un beau champion, cette saison. Il a dominé son sujet et s'est montré très régulier. "De Coninck abonde dans ce sens, en ce qui concerne l'entrejeu. " Je trouve Van Damme très bon dans son rôle actuel : il marque, sauve des ballons sur sa ligne de but, distille de très bonnes passes. Bref, il est partout. Kouyaté a aussi apporté un plus, depuis qu'il a succédé à BoubaSaré dans le rôle de soutien de Biglia. Il ne cesse de monter en puissance, et s'il continue à ce rythme, je le vois aboutir très bientôt dans un grand championnat européen. Quant à Biglia, est-il besoin d'affirmer qu'il livre peut-être sa meilleure saison depuis qu'il est en Belgique ?" Il apporte tout de même un petit bémol : " Tout le monde a souligné le fait qu'Anderlecht avait baissé de régime en deuxième mi-temps, à Saint-Trond. C'est un phénomène qui a tendance à se répéter. Ce fut déjà le cas contre Bruges, un match au cours duquel le Sporting s'est fait remonter de 2-0 à 2-2 et où il a dû admettre la supériorité de son hôte après la pause. Ce fut même le cas à Gand, on a tendance à l'oublier car c'était déjà 0-3 au repos, mais les 45 dernières minutes n'avaient pas été du même tonneau que les 45 premières non plus. Est-ce la fatigue qui commence, malgré tout, à se faire sentir avec l'accumulation des matches ? Est-ce la crispation liée au titre qui approche ?"Car, en deuxième mi-temps, l'entrejeu bruxellois a été bousculé au Stayen. Or, c'était du 2 contre 3 : Wim Mennes et Peter Delorge contre le trio Van Damme-Kouyaté-Biglia. " Cela, c'était sur papier ", corrige Brepoels. " J'avais demandé à Sébastien Siani de redescendre régulièrement prêter main forte au milieu de terrain, et aux arrières latéraux de monter fréquemment. Donc, en pratique, c'était souvent du 4 contre 3, voire du 5 contre 3. Mennes, lui, avait un rôle libre. " " Ce n'était pas décidé au départ, ce sont les circonstances du match qui ont fait en sorte que je me sois souvent retrouvé isolé ", précise Mennes. " Le démarquage est aussi tout un art, dans notre équipe, et je me suis souvent retrouvé en possession du ballon. Mais, effectivement, on s'est souvent retrouvé en supériorité plutôt qu'en infériorité numérique, dans l'entrejeu. Jouer de manière compacte, c'est aussi une clef de notre réussite. Et cela a permis de remporter les duels, car on était souvent les premiers sur les deuxièmes ballons. C'est de cette manière qu'on a bousculé l'entrejeu anderlechtois. "par daniel devos - photos: belga"Depuis trois matches, le Sporting baisse pied en deuxième mi-temps. (Wim De Coninck)"