Dans le fond de la pièce, les quatre membres d'une famille sont plongés dans un Scrabble depuis les plus petites heures de la matinée. Une partie qui leur fait ignorer la présence voisine d'une vingtaine de jeunes sportifs qui reviennent d'un footing décrassant. À 8 h ce samedi, les petits yeux regardent avec difficultés les quelques cadavres de bières disposés sur le zinc du comptoir.

La RJ Rochefortoise est en stage d'avant-saison dans un gîte du village de Han-sur-Lesse. Les pages de son journal ouvertes à la rubrique " sport régional ", le coach Arnaud Poels est un fervent défenseur de ce rassemblent estival. " L'objectif, c'est de renforcer la cohésion du groupe en intégrant les quelques nouveaux ", souffle-t-il.

" Et puis, ça me permet de gagner une semaine d'entraînement puisqu'on fait 4-5 séances sur le week-end en plus d'un match. " Malgré l'absence de soleil, les joueurs dégustent leur petit déjeuner sur la terrasse. Julien Deglim opte pour la tartine de fromage. Véritable enfant de la maison, il débute en tant que T2.

" Je n'ai plus de vitesse, plus de frappe, plus rien... il était temps de raccrocher ", souffle-t-il, pince-sans-rire. Dans son dos, Kawa assure le spectacle. En une heure, le défenseur central enchaîne les monologues avec l'accent québécois, s'offre un rapide strip-tease et compare son coéquipier Loïc Crucifix à Madame Doubtfire. Un one-man-show qui rafraîchit l'assemblée avant la séance du matin.

Beau jeu et ambitions

Les Marcassins ont du pain sur la planche. Ils retrouvent en effet l'échelon national 16 ans après avoir quitté la Promotion D. Une réjouissance célébrée au terme du tour final interprovincial sur le terrain de la JS Fizoise. Avec un léger goût de trop peu puisque quelques jours plus tôt, le Matricule 2799 aurait déjà pu sabrer le champagne à domicile devant le Kosova Schaerbeek et environ 1000 spectateurs.

" La seule fois où j'avais vu autant d'ambiance à Rochefort, c'était pour un amical Standard-Nancy ", reconnaît Gilles Ligot, blessé et en tribunes cet après-midi-là. Sur la pelouse, Rochefort mène 3-0 après 22 minutes puis finit par s'écrouler et s'incliner 3-5. " De l'enjeu, du monde, un magnifique match, huit goals : c'est un souvenir énorme ", en tremble encore Arnaud Poels. " Surtout, on a senti un réel engouement dans la région : les gens veulent voir ce que redevient Rochefort. "

Les meilleures années de la RJ se situent entre 1990 et 2003 en Promotion. Une époque faite de beau jeu, de samedis soirs enflammés et - déjà - de tours finals. " Je me souviens surtout de la deuxième fois, quand on a perdu 1-2 contre Tirlemont ", rembobine Pierre Debièvre, dit Vicaire, le CQ. " On y croyait vraiment. Si on était passé en Division 3, je suis sûr que le club aurait pris une autre envergure. Les récents investissements humains et matériels me font penser que l'on pourrait emprunter ce chemin dans les prochaines années. "

Des joueurs appliqués, tant sur le terrain, qu'autour d'un verre, voilà qui fait la force des Rochefortois. Pour leurs 80 ans, ils se retrouvent aujourd'hui en D3 amateur. Ce ne sera pas de la petite bière et ils auront autre chose à croquer qu'un bon repas, ils en sont conscients..., EMILIEN HOFMAN
Des joueurs appliqués, tant sur le terrain, qu'autour d'un verre, voilà qui fait la force des Rochefortois. Pour leurs 80 ans, ils se retrouvent aujourd'hui en D3 amateur. Ce ne sera pas de la petite bière et ils auront autre chose à croquer qu'un bon repas, ils en sont conscients... © EMILIEN HOFMAN

La magie du Parc

Le Parc des Roches est sans nul doute un des plus beaux sites foot de la Province de Namur, voire de Wallonie. En contrebas de l'église Notre-Dame de la Visitation et le long de la Lomme, les tribunes VIP et le terrain verdoyant ont de la gueule.

" Un jour, on a affronté Mons en amical ", lance l'ailier Baptiste Benassy, tout juste habillé pour l'entraînement. " Les gars ont beau jouer dans un stade qui a connu la D1, ils prenaient tous des photos quand ils ont débarqué ici. " Toujours en convalescence, Gilles Ligot embraie. " Certains joueurs m'ont avoué que c'est le Parc qui les avait définitivement convaincus de signer à Rochefort. "

La séance démarre. Au programme : plusieurs exercices de possession. Ils ne seront jamais de trop pour réussir la difficile mission sauvetage en D3 amateur. Cette montée - qui coïncide avec les 80 ans du club - ne fera pas perdre son âme au club. " Le beau football est une marque de la RJ, je veux le garder ", assure le coach. " Ça nous coûtera sûrement des points certains jours, mais le kick & rush ne m'intéresse pas et n'attire pas le public. " Pour que les samedis soirs s'enflamment de nouveau.

Des joueurs appliqués, tant sur le terrain, qu'autour d'un verre, voilà qui fait la force des Rochefortois. Pour leurs 80 ans, ils se retrouvent aujourd'hui en D3 amateur. Ce ne sera pas de la petite bière et ils auront autre chose à croquer qu'un bon repas, ils en sont conscients..., EMILIEN HOFMAN
Des joueurs appliqués, tant sur le terrain, qu'autour d'un verre, voilà qui fait la force des Rochefortois. Pour leurs 80 ans, ils se retrouvent aujourd'hui en D3 amateur. Ce ne sera pas de la petite bière et ils auront autre chose à croquer qu'un bon repas, ils en sont conscients... © EMILIEN HOFMAN
Des joueurs appliqués, tant sur le terrain, qu'autour d'un verre, voilà qui fait la force des Rochefortois. Pour leurs 80 ans, ils se retrouvent aujourd'hui en D3 amateur. Ce ne sera pas de la petite bière et ils auront autre chose à croquer qu'un bon repas, ils en sont conscients..., EMILIEN HOFMAN
Des joueurs appliqués, tant sur le terrain, qu'autour d'un verre, voilà qui fait la force des Rochefortois. Pour leurs 80 ans, ils se retrouvent aujourd'hui en D3 amateur. Ce ne sera pas de la petite bière et ils auront autre chose à croquer qu'un bon repas, ils en sont conscients... © EMILIEN HOFMAN
Des joueurs appliqués, tant sur le terrain, qu'autour d'un verre, voilà qui fait la force des Rochefortois. Pour leurs 80 ans, ils se retrouvent aujourd'hui en D3 amateur. Ce ne sera pas de la petite bière et ils auront autre chose à croquer qu'un bon repas, ils en sont conscients..., EMILIEN HOFMAN
Des joueurs appliqués, tant sur le terrain, qu'autour d'un verre, voilà qui fait la force des Rochefortois. Pour leurs 80 ans, ils se retrouvent aujourd'hui en D3 amateur. Ce ne sera pas de la petite bière et ils auront autre chose à croquer qu'un bon repas, ils en sont conscients... © EMILIEN HOFMAN
Des joueurs appliqués, tant sur le terrain, qu'autour d'un verre, voilà qui fait la force des Rochefortois. Pour leurs 80 ans, ils se retrouvent aujourd'hui en D3 amateur. Ce ne sera pas de la petite bière et ils auront autre chose à croquer qu'un bon repas, ils en sont conscients..., EMILIEN HOFMAN
Des joueurs appliqués, tant sur le terrain, qu'autour d'un verre, voilà qui fait la force des Rochefortois. Pour leurs 80 ans, ils se retrouvent aujourd'hui en D3 amateur. Ce ne sera pas de la petite bière et ils auront autre chose à croquer qu'un bon repas, ils en sont conscients... © EMILIEN HOFMAN
Des joueurs appliqués, tant sur le terrain, qu'autour d'un verre, voilà qui fait la force des Rochefortois. Pour leurs 80 ans, ils se retrouvent aujourd'hui en D3 amateur. Ce ne sera pas de la petite bière et ils auront autre chose à croquer qu'un bon repas, ils en sont conscients..., EMILIEN HOFMAN
Des joueurs appliqués, tant sur le terrain, qu'autour d'un verre, voilà qui fait la force des Rochefortois. Pour leurs 80 ans, ils se retrouvent aujourd'hui en D3 amateur. Ce ne sera pas de la petite bière et ils auront autre chose à croquer qu'un bon repas, ils en sont conscients... © EMILIEN HOFMAN
Dans le fond de la pièce, les quatre membres d'une famille sont plongés dans un Scrabble depuis les plus petites heures de la matinée. Une partie qui leur fait ignorer la présence voisine d'une vingtaine de jeunes sportifs qui reviennent d'un footing décrassant. À 8 h ce samedi, les petits yeux regardent avec difficultés les quelques cadavres de bières disposés sur le zinc du comptoir. La RJ Rochefortoise est en stage d'avant-saison dans un gîte du village de Han-sur-Lesse. Les pages de son journal ouvertes à la rubrique " sport régional ", le coach Arnaud Poels est un fervent défenseur de ce rassemblent estival. " L'objectif, c'est de renforcer la cohésion du groupe en intégrant les quelques nouveaux ", souffle-t-il. " Et puis, ça me permet de gagner une semaine d'entraînement puisqu'on fait 4-5 séances sur le week-end en plus d'un match. " Malgré l'absence de soleil, les joueurs dégustent leur petit déjeuner sur la terrasse. Julien Deglim opte pour la tartine de fromage. Véritable enfant de la maison, il débute en tant que T2. " Je n'ai plus de vitesse, plus de frappe, plus rien... il était temps de raccrocher ", souffle-t-il, pince-sans-rire. Dans son dos, Kawa assure le spectacle. En une heure, le défenseur central enchaîne les monologues avec l'accent québécois, s'offre un rapide strip-tease et compare son coéquipier Loïc Crucifix à Madame Doubtfire. Un one-man-show qui rafraîchit l'assemblée avant la séance du matin. Les Marcassins ont du pain sur la planche. Ils retrouvent en effet l'échelon national 16 ans après avoir quitté la Promotion D. Une réjouissance célébrée au terme du tour final interprovincial sur le terrain de la JS Fizoise. Avec un léger goût de trop peu puisque quelques jours plus tôt, le Matricule 2799 aurait déjà pu sabrer le champagne à domicile devant le Kosova Schaerbeek et environ 1000 spectateurs. " La seule fois où j'avais vu autant d'ambiance à Rochefort, c'était pour un amical Standard-Nancy ", reconnaît Gilles Ligot, blessé et en tribunes cet après-midi-là. Sur la pelouse, Rochefort mène 3-0 après 22 minutes puis finit par s'écrouler et s'incliner 3-5. " De l'enjeu, du monde, un magnifique match, huit goals : c'est un souvenir énorme ", en tremble encore Arnaud Poels. " Surtout, on a senti un réel engouement dans la région : les gens veulent voir ce que redevient Rochefort. " Les meilleures années de la RJ se situent entre 1990 et 2003 en Promotion. Une époque faite de beau jeu, de samedis soirs enflammés et - déjà - de tours finals. " Je me souviens surtout de la deuxième fois, quand on a perdu 1-2 contre Tirlemont ", rembobine Pierre Debièvre, dit Vicaire, le CQ. " On y croyait vraiment. Si on était passé en Division 3, je suis sûr que le club aurait pris une autre envergure. Les récents investissements humains et matériels me font penser que l'on pourrait emprunter ce chemin dans les prochaines années. " Le Parc des Roches est sans nul doute un des plus beaux sites foot de la Province de Namur, voire de Wallonie. En contrebas de l'église Notre-Dame de la Visitation et le long de la Lomme, les tribunes VIP et le terrain verdoyant ont de la gueule. " Un jour, on a affronté Mons en amical ", lance l'ailier Baptiste Benassy, tout juste habillé pour l'entraînement. " Les gars ont beau jouer dans un stade qui a connu la D1, ils prenaient tous des photos quand ils ont débarqué ici. " Toujours en convalescence, Gilles Ligot embraie. " Certains joueurs m'ont avoué que c'est le Parc qui les avait définitivement convaincus de signer à Rochefort. " La séance démarre. Au programme : plusieurs exercices de possession. Ils ne seront jamais de trop pour réussir la difficile mission sauvetage en D3 amateur. Cette montée - qui coïncide avec les 80 ans du club - ne fera pas perdre son âme au club. " Le beau football est une marque de la RJ, je veux le garder ", assure le coach. " Ça nous coûtera sûrement des points certains jours, mais le kick & rush ne m'intéresse pas et n'attire pas le public. " Pour que les samedis soirs s'enflamment de nouveau.