Atlanta, 1996. Muhamad Ali allume la flamme olympique, en tremblant. Dix ans plus tard, hagard, l'ancien champion n'est plus capable de se déplacer sans déambulateur. Il souffre de la maladie de Parkinson. Aucune étude ne montre de lien direct entre cette affection et des chocs répétés, même si la littérature scientifique fait état de démence pugilistique. Les lésions induites par des chocs violents et répétés entraînent des séquelles assez similaires à la maladie de Parkinson, comme des troubles de l'équilibre. ...

Atlanta, 1996. Muhamad Ali allume la flamme olympique, en tremblant. Dix ans plus tard, hagard, l'ancien champion n'est plus capable de se déplacer sans déambulateur. Il souffre de la maladie de Parkinson. Aucune étude ne montre de lien direct entre cette affection et des chocs répétés, même si la littérature scientifique fait état de démence pugilistique. Les lésions induites par des chocs violents et répétés entraînent des séquelles assez similaires à la maladie de Parkinson, comme des troubles de l'équilibre. En plus, Cassius Clay a logiquement encaissé moins de K.O. que des boxeurs moins doués. Le neurologue GeorgesBauherz : " Beaucoup de gens développent Parkinson à 40 ans. Pourquoi Ali serait-il vacciné ? Mais les boxeurs prennent moins de coups sur la tête qu'on ne le pense. Ils les voient généralement arriver et sont musclés. Ils peuvent donc bloquer la tête. Un K.O. n'entraîne pas nécessairement une commotion. Sous l'effet de la douleur et de l'émotion, il y a souvent un réflexe, qu'on observe aussi chez des personnes qui apprennent une mauvaise nouvelle : la tension et le pouls chutent, on s'évanouit. C'est bénin ". On en revient au repos obligatoire : après un K.O., un boxeur est soumis à une trêve obligatoire d'un mois. Par contre, les statistiques révèlent une fréquence accrue des traumatismes crâniens dans le passé des personnes atteintes de la maladie d' Alzheimer, caractérisée par une dégénérescence nerveuse. " C'est beaucoup plus sûr que dans les cas de Parkinson mais on ne le constate qu'une fois la maladie diagnostiquée. L'inverse n'est pas vrai. On ne peut pas prédire qu'une personne ayant accumulé les traumatismes développera Alzheimer ". Des études scandinaves ont révélé les dangers du jeu de tête et des chocs répétés en football. Puis, en 2005, une autre étude, effectuée sur 300 joueurs, a infirmé cette hypothèse. " Une telle différence veut dire que le danger n'est pas immense ", commente le Dr Bauherz. " Les traumatismes sportifs sont moins graves car bien anticipés. Un heading correctement exécuté ne porte pas à conséquence, surtout s'il s'agit d'un long ballon qui aura déjà perdu de la vitesse. Par contre, recevoir le ballon sur la tête par accident, en se trouvant sur la trajectoire d'un tir peut être dangereux. La rotation du ballon aggrave le choc : si la tête ne bouge pas, même si un coup est violent, il ne se passe pas grand-chose. Si elle bouge, le cerveau est bousculé contre la boîte crânienne. Dans ce cas-ci, il est encore plus projeté et se déforme ". En vélo, le port du casque est impératif car il absorbe jusqu'à 90 % de l'énergie cinétique lors d'un choc. Et les footballeurs américains, encore mieux protégés, ne sont guère exposés. Difficile à imaginer en football, où le port d'un casque pourrait se muer en arme contre l'adversaire.