1 VINCENT KOMPANY - PRINCE QU'ON SORT

Vince the Prince, meilleur joueur de Premier League, probably the best defender in the world, patron des Diables et carrément de la fédé, tout ça c'est si loin. Quand Guardiola dit qu'il compte toujours sur lui à City, on se demande si c'est de l'humour. En équipe nationale, ses excès d'autorité ont fini par lasser. On ne parle même pas de sa cote auprès des patrons de l'UB. Kompany est un grand corps malade dont les chansons ne soulèvent plus les foules depuis un bon moment.
...

Vince the Prince, meilleur joueur de Premier League, probably the best defender in the world, patron des Diables et carrément de la fédé, tout ça c'est si loin. Quand Guardiola dit qu'il compte toujours sur lui à City, on se demande si c'est de l'humour. En équipe nationale, ses excès d'autorité ont fini par lasser. On ne parle même pas de sa cote auprès des patrons de l'UB. Kompany est un grand corps malade dont les chansons ne soulèvent plus les foules depuis un bon moment. Il l'avait dit : " Si on ne va pas au moins en finale du Championnat d'Europe, je vais déguster. " Bien vu. Se réfugier derrière un bilan chiffré quand le rideau tombe sur des éliminatoires, ça peut toujours le faire. Masquer le manque de jeu quand on est qualifié, ça peut aussi le faire. Le vrai test est dans les tournois. Et, en France comme au Brésil, Willy a raté ses gros examens. Pas de deuxième sess' possible, donc une seule issue possible : la porte. Il a cru que le challenge qu'on lui proposait après sa triste fin à Anderlecht pourrait le relancer. Il a emmené pas mal de potes au Legia Varsovie, il a convaincu la direction de faire péter le coffre où il y avait les petites économies. Tout ça pour sauter en un temps record. Ce qu'on lui reproche ? Une absence de fonds de jeu, notamment. Déjà entendu tant de fois quand il était chez nous. Et aussi une absence de résultats. Ça faisait beaucoup. On parle de nos U21 comme on parle de nos Diables : probablement la plus belle génération de l'histoire du foot belge. Leur parcours vers l'EURO n'avait pas trop mal commencé avec Scifo, dont on ne comprend toujours pas la décision de claquer la porte suite au C4 remis à Wilmots. Quel est le rapport ? Walem a repris, convaincu que ça allait rouler. Mais la fin des éliminatoires a été dramatique et on a tout compris. Ils ont une mentalité à chier. C'est l'un des personnages les plus charismatiques de notre foot. Haut comme un gratte-ciel, large comme un iceberg, une voix qui porte loin. Et un discours jamais tiède. Il y a une chose qu'on ne pourra jamais lui enlever : avoir fait monter (sur le terrain) le tout petit White Star en D1. La montée la plus éphémère de l'histoire. Puis, il y a eu sa promotion à l'Antwerp. Ephémère, là aussi. Il porte sur ses épaules une part de la responsabilité de l'élimination des Diables par les Gallois, dans le Grand Stade de Lille. Il n'y a pas souvent unanimité dans le foot, mais ce soir-là, tout le monde était d'accord : Denayer était à l'ouest. Et dire que le Pays de Galles n'a même pas eu besoin d'un Bale des grands soirs pour nous sortir. Denayer tente d'oublier le traumatisme à Sunderland. On imagine qu'une grande carrière à City, il n'y pense (enfin) plus. Championnat : busé. Coupe de Belgique : busé. Europa League : busé. Il a eu sa chance sur tous les tableaux, il n'a jamais montré qu'il possédait le tiers du quart du talent suffisant pour faire oublier Proto dans la cage mauve. On ne va pas dire que sa personnalité compense ses errances, non plus ! Mais il y a plus fort encore : il a osé crier qu'il allait partir en janvier si on ne lui faisait pas enfin totalement confiance. Va, gamin. Mais pourquoi donc s'obstine-t-il ? Il a buté près de 80 fois pour Anderlecht et Bruges, il a fait des piges (petites piges mais quand même) en équipe nationale. Après ça, il est parti en Turquie. Pas dans un club du top mais on pouvait comprendre : il y avait l'attrait financier. Aujourd'hui, il noie son mal-vivre à Lokeren. Oui, à Lokeren. Où il n'y a ni prestige, ni ambition, ni pépètes. Triste fin. Une présence à l'EURO et un transfert au Standard : son été a été de toute beauté. Revenir enfin dans le club de son enfance et de son coeur à un âge où pas mal de footballeurs ont déjà dit stop, c'était magnifique. Et puis, il allait tout jouer. Avec ses potos Jankovic, Renard, Van Buyten et Vande Walle, ça n'allait pas rater. Sauf que le coach a subitement décidé que Hubert était peut-être meilleur. Ça, c'était pas prévu. On entend la même rengaine depuis la chute en D2, en 2004 : l'ambition de remonter est énorme, cette fois ça doit être la bonne. Mais ça ne veut toujours pas marcher. La saison dernière, le plus vieux club du pays a écrasé le championnat. Jusque dans les dernières minutes, et patatras, encore une fois. Il y a de l'argent mais on ne sait pas trop d'où il vient. Et le passage furtif de Bico ne contribue pas trop à rendre une image de sérieux à l'Antwerp.