G uy Thys était un bon vivant parce qu'il était hyperréaliste. Un homme qui se connaissait très bien et savait toujours jusqu'où il pouvait aller. Il abordait en tout cas sa passion footballistique avec tact et finesse.
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G uy Thys était un bon vivant parce qu'il était hyperréaliste. Un homme qui se connaissait très bien et savait toujours jusqu'où il pouvait aller. Il abordait en tout cas sa passion footballistique avec tact et finesse. S'il a fait fonctionner les Diables Rouges si bien et si longtemps, c'est parce qu'il ne concevait de grandes équipes qu'avec des footballeurs doués et possédant des caractères forts. Il choisissait ses joueurs pour ce qu'ils étaient et n'aurait jamais imaginé vouloir les changer d'un iota. Il était trop intelligent pour penser une chose pareille. Et comme il plaçait si bien son équipe face à ses responsabilités, chaque joueur savait parfaitement ce qu'on attendait de lui sur le terrain. Le match était la seule chose qui importait pour Guy Thys. Pour le reste, il traitait ses joueurs en adultes. Sans crainte et sans concession. Si ça ne marchait plus, c'était terminé. René Vandereycken a dû rentrer du Mexique en 1986 et un Jan Ceulemans vieillissant a été écarté à l'orée des années nonante. Il était très politique, rassemblait ceux qui en valaient la peine en leur faisant comprendre qu'avec lui, se plaindre ne servirait à rien. Guy Thys n'avait peur de rien, même pas de la mort. Au printemps dernier, Henry Guldemont l'avait rencontré pour une longue interview parue le 30 avril, dans le numéro 18, dans laquelle l'ex-coach fédéral lui parlait de l'ablation d'un rein cancéreux... " Je reste sous contrôle ", avait-il dit. Cette fois, malheureusement, ce n'était pas le cas. Cette interview approfondie et d'une grande richesse est la dernière de ce type accordée par Thys. Vous pouvez la lire en consultant notre site Internet www.sportmagazine.be/fr en opérant votre recherche avec le titre de l'article : Charbon ardent. Cette interview complète parfaitement les pages que nous lui avons consacrées dans ce numéro. Face à la nouvelle saison, la philosophie de Guy Thys, un mélange d'intelligence et de courage, serait évidemment toujours valable puisqu'elle appartenait à l'essence même du sport. " Le foot est un sport d'hommes ", disait-il parfois en laissant évidemment la porte ouverte à une longue discussion sur les vertus que l'homme doit posséder pour le pratiquer. Intelligence et courage se sont retrouvés lors de la Supercoupe entre le Club Brugeois et La Louvière. Les champions ont souffert pendant plusieurs semaines parce que Trond Sollied exigeait de tous ses joueurs qu'ils s'adaptent constamment à ses différents schémas tactiques. Mais la Supercoupe devait marquer le début des matches significatifs, qu'il fallait gagner. Les vainqueurs de la coupe ont démontré que le message d' Ariel Jacobs passait de mieux en mieux. De là à ce que plus de clubs confient leur destin sportif à des entraîneurs superdiplômés comme Sollied, Jacobs et quelques autres, il y a urgence pour le football belge. La formation des entraîneurs est tout aussi essentielle que celle des joueurs. Guy Thys continuait de s'impliquer dans l'éducation technique à l'Union Belge... Evidemment, on a beau avoir les ambitions sportives les mieux étayées par une vision juste, encore faut-il s'assurer une stabilité financière. A un an de l'application de la Licence Pro UEFA, la D1 belge compte toujours 18 clubs. Ce n'est pas trop si chacun de ces clubs vit en équilibre et ne joue pas avec l'avenir socio-économique de ses employés, joueurs ou autres. Mais c'est trop si l'on va vers des épisodes tragiques comme ceux connus par Malines et Lommel la saison dernière. Or, on peut craindre que des joueurs et dirigeants se sentent bientôt comme les héros d'un film d'horreur qui s'accrochent aux tentures parce que le plancher de leur maison est aspiré vers des tréfonds horriblement noirs. Il n'y a qu'à voir la façon dont Charleroi û qui est sans doute bel et bien resté en D1 du fait des deux clubs faillis û tente de sortir de son scénario catastrophe pour s'en persuader. Le foot belge a besoin d'argent. Guy Thys était le relations publiques de la fédération auprès des sponsors... par John BaeteA lire : sa dernière interview, par Henry Guldemont. Consulter www.sportmagazine.be/fr