Les élèves de Felice Mazzu auront l'honneur de disputer, ce vendredi, le prologue du championnat 2014-15 au Standard. Après les flonflons de la Coupe du Monde, les caméras seront braquées sur Sclessin. Au-delà des trois coups de la saison, les deux clubs wallons aborderont ce premier rendez-vous de façon fort différente. Les Rouches n'ont pas terminé leur chantier d'été. Les départs s'y sont succédé alors que Charleroi a cette fois opté pour la continuité. Les Zèbres entendent creuser leur sillon en continuant sur la lancée de leurs bons PO2.
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Les élèves de Felice Mazzu auront l'honneur de disputer, ce vendredi, le prologue du championnat 2014-15 au Standard. Après les flonflons de la Coupe du Monde, les caméras seront braquées sur Sclessin. Au-delà des trois coups de la saison, les deux clubs wallons aborderont ce premier rendez-vous de façon fort différente. Les Rouches n'ont pas terminé leur chantier d'été. Les départs s'y sont succédé alors que Charleroi a cette fois opté pour la continuité. Les Zèbres entendent creuser leur sillon en continuant sur la lancée de leurs bons PO2. MehdiBayat : C'était quand même le minimum syndical. Le stade sera entièrement couvert. Il était temps. Sans les mauvaises conditions météo que nous avons connues récemment, les travaux seraient déjà terminés. La saison passée, la pluie n'a heureusement gêné les spectateurs des tribunes à ciel ouvert que lors d'un seul match. Mais c'était indigne de l'élite du football belge et nous avions même offert des capes anti-pluie à nos supporters. Ce sont des " objets de collection " que j'ai donnés symboliquement au bourgmestre, Paul Magnette, et à son équipe au début des travaux. La Ville a investi 2.000.000 d'euros. La capacité du stade frisera les 17.000 places, c'est très bien pour nous. Il y aura d'autres travaux pour répondre aux normes de l'UEFA. La Ville et la Région Wallonne dégageront des subsides à hauteur de 7.000. 000 d'euros et le club complétera l'enveloppe avec un apport de 5.000.000 d'euros. Le stade doit pouvoir accueillir un jour un match européen et, pourquoi pas, une visite des Diables Rouges. Mais allons-y " step by step ", c'est la meilleure façon d'avancer sûrement. On travaille. Pour moi, il y a eu une phase de diagnostic lors de la reprise du club en septembre 2012 et du retour en D1. Nous avons des objectifs à moyen et à long terme, ce qui n'avait plus été le cas ici depuis longtemps. Charleroi entend devenir un club bien structuré, une valeur stable de la D1. Après la redécouverte du plus haut niveau belge, nous sommes entrés dans un cycle de trois ans. Et la saison 2013-14 a répondu à notre attente. Les progrès ont été évidents dans tous les secteurs de la vie de ce club. Oui, mais il n'a été possible de le lancer qu'avec Felice Mazzu autour duquel nous avons construit un staff qui correspond à notre ambition. En 2012, nous avons hérité d'une cellule sportive en place, avec Yannick Ferrera et Luka Peruzovic, ainsi qu'un effectif renforcé dare-dare par Rossini, Aoulad, Diandy. Le temps était compté et l'essentiel passait par le maintien en D1. Nous avons pu asseoir notre politique plus tard, avec Mazzu. Exact, 34 points chaque fois pour 30 matches mais la 10e place en 2014 pour la 11e un an plus tôt. Mais l'équipe a été plus performante défensivement et offensivement dans le cadre d'un championnat fantasque. La phase classique hésitante d'Anderlecht et l'effondrement de Genk et de Gand ont eu des répercussions au classement général. En P02, Charleroi a effectivement obtenu 13 points, pour 7 seulement en 2012-13. Attention, je suis conscient qu'il y a eu une phase d'adaptation en janvier avec le départ de trois pièces importantes du puzzle : Pollet, Kaya et Milicevic. Et quand un club est capable de passer ce cap, c'est qu'il y a des valeurs en place, du travail, une stabilité sociale, financière et sportive. Il y aura peut-être encore l'un ou l'autre départ mais notre effectif ne sera pas bouleversé. Il est hors de question que trois joueurs nous quittent en janvier 2015. J'ai pris un risque en janvier dernier. Je l'ai assumé car je suis le patron de la gestion quotidienne. Je valide les arrivées et les départs des joueurs. Mais au bout du compte, financièrement et sportivement, Charleroi a gagné, le club en sort grandi. Il y a eu trois semaines difficiles, assorties même de trois défaites à la reprise. Oui, je me suis inquiété, c'est normal, mais Fauré et Tainmont, entre autres, ont trouvé leurs automatismes et souligné leurs atouts. Quand on travaille, on a le droit d'être ambitieux. Tout est clair. A la reprise du club en septembre 2012, le club avait une perte d'exploitation annuelle de 4.800.000 euros. Tout à fait et cette ardoise de la précédente direction date de la D2. En 2012-13, nous avons limité cette perte à 600.000 euros pour notre retour en D1. Et, cette fois, grâce aux ventes de 2013-2014, nous dégagerons probablement un bénéfice de 3.000.000 d'euros qui sera intégralement consacré à notre trésorerie, le but étant de passer le plus rapidement possible en fonds propres positifs. Charleroi est en bonne voie et obtiendra à nouveau des bénéfices cette saison quasiment sans vente de joueurs. Mais le principal, c'est le terrain. Les résultats restent le plus grand élément fédérateur pour qu'une ville, la plus grande de Wallonie, et sa région, bougent et s'identifient à leur club. La saison passée, il y avait une moyenne de 7.000 spectateurs chez nous. A la grande époque de Jacky Mathijssen, ils étaient 12.000. Je veux les revoir ici, chez eux, dans leur stade. C'est le coeur de notre projet (Carolos are back) : ce club a été à sa ville. Il n'y a plus de bons et de mauvais supporters, comme cela a hélas été dit erronément, à une autre époque. Les dirigeants et les joueurs sont de passage dans un club qui vivra bien plus longtemps qu'eux. Nous avons envie de laisser une trace positive dans son histoire. Oui, il a bien compris notre philosophie. En janvier, il est resté calme, humble à un moment, en raison des départs, où la presse l'incitait à frapper du poing sur la table. Il était au courant et a compris nos impératifs du moment. Nous sommes clairs l'un avec l'autre. C'est la transparence et je peux même parler de liens fusionnels entre Mazzu et le Sporting, le club de sa ville. Grâce à son travail, les joueurs arrivés en janvier ont eu un meilleur rendement que ceux qu'on a vendus au mercato d'hiver. Notre but est de prolonger l'aventure Mazzu le plus longtemps possible. J'en parle avec lui, cela le fait sourire : c'est à nous de le convaincre. Si le club répond à son ambition sportive, et lui permet de progresser financièrement, doit-il chercher ailleurs ? Le cadre est totalement différent. Mazzu est fédérateur : il a compris le projet et le véhicule dans le vestiaire. Pour que le message soit cohérent, il doit être porté par le général, c'est-à-dire le T1. Si le staff n'est pas uni, clair, fraternel, l'équipe ne peut pas défendre les valeurs de notre projet sur le terrain. Peut-être mais nous avons regardé plus loin que le maintien. Mazzu a soudé tout le monde autour de lui. Nous avions besoin de cette méthode de travail pour aller de l'avant. Notre club veut être respecté. Notre slogan est parfois mal compris : Carolos are back ne signifie pas que nous aurons 11 Carolos sur le terrain, c'est impossible. Le projet va évoluer... C'est normal et mérité au vu de la qualité de son travail. Je n'ai aucune inquiétude par rapport à cela. Je le connais et j'ai vécu cela avec lui quand il coachait le White Star. Je l'ai observé en D2 et j'avais signalé son nom à Abbas Bayat qui n'aurait pas continué avec Dennis Van Wijk en D1. Après avoir convaincu Abbas Bayat, j'ai rencontré Mazzu, enchanté, mais qui a alors proposé de nous revoir plus tard car il n'était pas arrivé au bout de son histoire au White Star. J'ai senti qu'il était honnête, sincère, tranquille. Je lui ai dit qu'on se retrouverait un jour. Un an plus tard, j'étais administrateur délégué des Zèbres, le White Star explosait et Mazzu était sur le marché. Je l'ai recontacté tout naturellement. Il a travaillé 20 ans pour être là où il est, à la tête du club de sa ville et de son coeur, en n'ayant pas un grand parcours de joueur. C'est la magie du football. Tout à fait. On ne dépassera pas les 24 joueurs pour que chacun soit ambitieux et travaille afin de revendiquer sa place. C'est impossible à 30 ou 32 et même peu prudent financièrement. Il y a deux joueurs pour chaque poste. J'ai eu une réunion avec les joueurs et je leur ai dit : - Vous devez bosser. Je veux que vous fassiez chier le coach. Il faut lui rendre la vie difficile au niveau de ses choix. Mazzu a de la qualité à sa disposition. Charleroi a un effectif de bosseurs, de gars intelligents. Kalifa Coulibaly est une tour offensive venue du PSG, buteur numéro 1 en CFA. Et il y a les autres nouveaux : Mata d'Eupen, Diandy revenu de Mons et qui connaît la maison, Kitambala, etc. Nous devons progresser. Tainmont et Fauré ont déjà six mois de D1 dans les jambes. Ils seront encore plus efficaces. Et alors ? Charleroi a besoin d'expérience. Fauré en a à revendre, on a vu à quel point cela nous a fait du bien. La preuve par nos PO2. Si les matches ne duraient que 85 minutes, le Sporting se serait qualifié sans problèmes pour les PO1. Il nous a manqué du vécu, du métier de la maturité. Coulibaly sera là pour aider Fauré. Mata était un des meilleurs joueurs de D2. Diandy a soif de revanche et de football après ce qu'il a vécu à Mons. Il aura sa chance dans la ligne médiane à la suite du départ d'Ederson. Pour les postes de médians défensifs, il y a aussi Marcq et Houdret, excellents la saison passée. C'est dire si la concurrence sera rude. PAR PIERRE BILIC - PHOTOS : VIRGINIE LEFOUR/BELGAIMAGE " Il est hors de question que trois joueurs nous quittent en janvier 2015. "