Si l'Ecosse devient indépendante, les athlètes auront le choix : ils pourront la représenter ou continuer à exercer leur sport sous bannière britannique.
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Si l'Ecosse devient indépendante, les athlètes auront le choix : ils pourront la représenter ou continuer à exercer leur sport sous bannière britannique. Si séparation il y a, cela ne se fera de toute façon pas du jour au lendemain : les négociations pourraient durer un an et demi et il sera sans doute trop tard pour obtenir la reconnaissance du Comité International Olympique pour les Jeux de Rio. Thomas Bach, le président du CIO, a de toute façon déjà dit qu'il ne laisserait pas tomber les athlètes écossais. Il y a d'ailleurs des précédents. En 1992, les athlètes macédoniens ont pris part aux JO de Barcelone sous la bannière olympique parce que leur nouveau pays n'avait pas encore été reconnu par le CIO. Pareil en 2000 pour les athlètes du Timor oriental et à Londres pour ceux du Sud Soudan. Les partisans de l'indépendance pensent que l'Ecosse peut prendre en charge la politique sportive qui, à l'heure actuelle, est toujours aux mains de Westminster. Il faudra cependant alors qu'elle rembourse la partie du budget alloué par les autorités britanniques au comité olympique national. Et les opposants se demandent si tout cela est faisable d'un point de vue financier. Une Ecosse indépendante, qui devra organiser son industrie et ses banques, aura-t-elle suffisamment d'argent à consacrer au sport de haut niveau ? Car l'équipe olympique britannique coûte cher. Pour avoir du succès, il ne suffit pas de claquer des doigts : il faut investir durant des années. Le World Class Performance Programme du Royaume-Uni coûte 160 millions d'euros par an. Les athlètes fréquentent des centres d'excellence situés tout au sud de l'Angleterre. Si l'Ecosse obtient son indépendance, ses sportifs n'auront plus droit à tout cela. Parviendra-t-elle à construire de tels centres et à rattraper le temps perdu ? C'est cela qui incite de nombreux sportifs à se prononcer contre la séparation. Bizarrement, c'est pourtant une manifestation sportive qui, récemment, a boosté les partisans de l'indépendance, obligeant le Premier ministre britannique David Cameron et les grands capitaines d'industrie à déployer de nombreux efforts pour tenter d'inverser la tendance dans les sondages. En août dernier, Glasgow a accueilli les Jeux du Commonwealth. Ce fut un grand succès et les Ecossais furent très fiers de montrer que, deux ans après les Jeux olympiques de Londres, ils pouvaient également organiser un grand événement. Cela conduira-t-il au divorce après 300 ans de vie commune ? Réponse demain / jeudi.