Jan Verheyen

" Constant Vanden Stock a encore joué à l'Union à la fin des années 30. Et Jan Verheyen, le père de Gert, aussi en fin de carrière. En 1975, Jan évoluait à l'Union en troisième division lorsque je l'ai convoqué pour un match de qualification de Championnat d'Europe contre la France à Paris. J'entends encore Julien Labeau, mon assistant de l'époque en équipe nationale, me dire : -Wadesda, Raymond ? Un joueur de division trois en équipe nationale ? Les journalistes vont te prendre pour un maft. Et, en effet, j'ai eu des critiques sur la sélection de Jantje. Moi, ça me dérangeait pas. J'ai toujours eu de bonnes relations avec la presse je n'ai jamais tenu compte de ce qu'ils disaient ou écrivaient, fieu. Si tu sais ce que tu fais, il ne faut pas faire tout un plat des médias, c'est ce que je dis toujours à mes jeunes collègues. Nous avions fait 0-0 au Parc des Princes, et devinez qui était le meilleur sur le terrain ? Jan Verheyen ! Jan est-il meilleur que son ket ? Honnêtement, oui. Un costaud dans la tête, hein ! Mais ne sous-estimez pas Gertje. Demandez un peu à Antoine Van Hove son importance pour le Club... Un autre cas identique. Un jour, un docteur qui essayait sans succès de trouver des traces de nicotine dans mes poumons me demanda aussi si je n'avais jamais eu de soucis avec la presse comme coach fédéral... Elle m'en a causé une fois lorsque, pour un match importantissime au Portugal, j'avais titularisé André Stassart du Racing White comme défenseur central. Mais je n'en avais rien à cirer. Stassart ne jouait pas, il rentrait dedans, il donnait des stamps et était très fort de la tête. Et c'est ce dont j'avais besoin parce qu'il a mis le géant Torres û qui était censé remiser toutes les balles vers Eusebio û dans sa poche et nous avons fait 1-1. Où que tu sois comme entraîneur, le principal est d'être crédible pour tes joueurs et pour les vrais connaisseurs et de savoir encaisser les critiques. Le docteur me dit alors : -Je crois que Monsieur Robert Waseige est davantage un homme d'émotions que de communication. Je n'ai jamais été préoccupé par mes émotio...

" Constant Vanden Stock a encore joué à l'Union à la fin des années 30. Et Jan Verheyen, le père de Gert, aussi en fin de carrière. En 1975, Jan évoluait à l'Union en troisième division lorsque je l'ai convoqué pour un match de qualification de Championnat d'Europe contre la France à Paris. J'entends encore Julien Labeau, mon assistant de l'époque en équipe nationale, me dire : -Wadesda, Raymond ? Un joueur de division trois en équipe nationale ? Les journalistes vont te prendre pour un maft. Et, en effet, j'ai eu des critiques sur la sélection de Jantje. Moi, ça me dérangeait pas. J'ai toujours eu de bonnes relations avec la presse je n'ai jamais tenu compte de ce qu'ils disaient ou écrivaient, fieu. Si tu sais ce que tu fais, il ne faut pas faire tout un plat des médias, c'est ce que je dis toujours à mes jeunes collègues. Nous avions fait 0-0 au Parc des Princes, et devinez qui était le meilleur sur le terrain ? Jan Verheyen ! Jan est-il meilleur que son ket ? Honnêtement, oui. Un costaud dans la tête, hein ! Mais ne sous-estimez pas Gertje. Demandez un peu à Antoine Van Hove son importance pour le Club... Un autre cas identique. Un jour, un docteur qui essayait sans succès de trouver des traces de nicotine dans mes poumons me demanda aussi si je n'avais jamais eu de soucis avec la presse comme coach fédéral... Elle m'en a causé une fois lorsque, pour un match importantissime au Portugal, j'avais titularisé André Stassart du Racing White comme défenseur central. Mais je n'en avais rien à cirer. Stassart ne jouait pas, il rentrait dedans, il donnait des stamps et était très fort de la tête. Et c'est ce dont j'avais besoin parce qu'il a mis le géant Torres û qui était censé remiser toutes les balles vers Eusebio û dans sa poche et nous avons fait 1-1. Où que tu sois comme entraîneur, le principal est d'être crédible pour tes joueurs et pour les vrais connaisseurs et de savoir encaisser les critiques. Le docteur me dit alors : -Je crois que Monsieur Robert Waseige est davantage un homme d'émotions que de communication. Je n'ai jamais été préoccupé par mes émotions. Après le triomphe de Marseille en C1, je fumais une cigarette sur mon balcon pendant que Bernard Tapie et les joueurs faisaient la java au bar. Tu saisis ?" " Vendredi, c'est Anderlecht-Standard. Le classique des classiques. Comme entraîneur des Rouches, début des années 80, je n'ai que de bons souvenirs de ce choc. 1-4, 1-3, 1-1. L'année où nous avons gagné 1-4, ç'aurait très bien pu être 1-6 ou 1-7. Arie Haan, BennyWendt, Simon Tahamata : Olala, mon ami ! Lorsque ceux-là avaient terminé leur show, la défense d'Anderlecht, c'était du kip kap et Constant était de mauvaise humeur... La blessure d' Yves Vanderhaeghe, un problème ? Mais non, pas du tout. Une opportunité idéale pour mettre Babbaggioà cette position. Il est fort sur ses pattes et est meilleur de la tête que Vanderhaeghe. Il frappe et il sait s'infiltrer. Percussion de la deuxième ligne : ce rôle lui convient mieux que de courir derrière les attaquants. Si Walter veut prouver quelque chose, c'est là et nulle part ailleurs ". " Dominique D'Onofrio a fait une croix sur un voyage à Turin avec la Pro License pour préparer Anderlecht- Standard... alors que le match a été reporté. Le Liégeois a raté quelque chose. Nous avons eu deux jours intéressants : le premier, Marcello Lippi nous a laissé suivre ses entraînements et le deuxième, Roberto Bettega, nous a expliqué la structure du club. Renversant ? Lippi possède trois assistants et un noyau de 25 joueurs. Comme chez nous, mais de la meilleure marchandise. La cellule de scouting est fameuse. De l'Amérique du Sud à l'Asie, ils sont présents partout. En Italie, ils ont 60 techniciens qui suivent le plus de matches possibles et rendent leur rapport dans la semaine. Eux, ils ont des scouts et nous des boy-scouts. Voilà la différence ! Eddet vast ? Lippi construit ses entraînements autrement que chez nous. D'abord échauffement avec ballon, ensuite technique et tactique. Les joueurs ont tous un machin sur le ventre. Un cardiomètre ? Ouais c'est ça. Le physique ne vient qu'à la fin de la session. Et pour le physique, ils tiennent compte des résultats de ce machin-là, ouais, cardiometter, t'es just. " " A 80 ans, je dois faire attention à ce que je dis sinon vous ne voudrez peut-être plus me parler. Ne vous méprenez donc pas sur mon analyse, qui n'enlève rien aux mérites des Belges. Les Brésiliens m'ont fortement déçu. Ils perdaient constamment la balle, n'ont pas joué plus haut qu'à 30 m de leur gardien et manquaient d'agressivité. J'ai rarement vu Carlosû NDLA : Roberto Carlos û aussi mal inspiré et mis à part leurs goals, Rivaldo et Ronaldo n'ont pas bien joué. Les Belges étaient les maîtres au centre du terrain. Parce que les Brésiliens le voulaient bien pour se concentrer sur le contre ou parce qu'ils ne pouvaient pas mieux faire ? Geert De Vlieger a eu bien moins de boulot que contre le Japon, juste non ? Je trouve cela tellement bizarre que j'attends le match contre l'Angleterre, ce qui sera le premier vrai test pour les hommes de Scolari après la Turquie, la Chine, le Costa Rica, et la Belgique. Si les Brésiliens tombent, ce sera mon troisième favori à passer à la trappe après la France et l'Argentine. Je ne coûterai pas cher à Bingoal avec mes pronostics, si ça continue je vais me rabattre sur les courses de lévriers... Ma prévision des deux récupérateurs ne s'est pas avérée ? Minute hein, j'avais dit que c'est ce que moi j'aurais fait. En plus, Robert Waseige n'a pas joué avec deux mais avec quatre récupérateurs qui se sont montrés très offensifs parce que le Brésil avait abandonné le milieu de terrain. Mais une fois encore : les Belges étaient bons. Avec surtout à droite de belles combinaisons jusqu'au rectangle. TimmySimons fut parfait comme défenseur central. Et Daniel Van Buyten s'est repris. Et si le goal de Marc Wilmots est validé, qui sait la Belgique ne cause pas la surprise ?" " Je suis dépassé. C'est ce que Roger Vanden Stock a déclaré à un journal. Il trouve que je suis trop critique. Il n'est pas d'accord quand je dis que Jan Koller est le meilleur transfert mauve depuis des années et que Lorenzo Staelens a ses meilleures années derrière lui. Il dit et pense ce qu'il veut mais sorry hein !, je confirme mes propos et je ne pense pas que beaucoup de connaisseurs me donneront tort. ' Tention, le Lorre reste l'un des meilleurs joueurs de notre compétition et son Soulier d'Or est justifié. Mais ce qu'il a montré lors de sa bonne période brugeoise, je ne le vois plus. Staelens est un type intelligent, il n'a pas besoin de Vanden Stock ou de moi pour savoir ce qu'il sait et ne sait plus faire. Et en ce qui concerne Koller : combien de nuls ont dû passer par le Sporting avant qu'on ne transfère un joueur si bien coté sur le marché international ?" " Pour commencer un dikke proficiat à Aimé Anthuenis et son équipe. Bien travaillé, sans dentelles. Le premier titre d'un club limbourgeois ? A strictement parler, oui, mais le Limbourg a déjà été champion par le passé avec... le Standard. Dans la meilleure période du club liégeois, il fallait parler le limbourgeois dans le vestiaire pour se faire comprendre. Pas seulement le Standard mais tout le foot belge a reposé sur des talents de la province éloignée. Ritzen, Odilon Polleunis, Van den Boer, Devrindt, René Vandereycken, tous des énormes joueurs qui ont joué un rôle important à Bruges, Bruxelles et Anvers au temps où les Limbourgeois étaient considérés comme des ressortissants d'un pays sous-développé. Le succès de Genk, trente ans après que j'aie été vice-champion avec Saint-Trond, c'est la revanche du Tiers Monde ! " " Pour être sélectionneur national en Angleterre il faut avoir de bons papiers. Le légendaire Alf Ramsey, qui a remporté la Coupe du Monde à Wembley en 1966, me racontait que, de son temps, les managers des clubs possédaient des carnets avec des faux certificats médicaux au cas où un de leurs joueurs serait sélectionné en équipe d'Angleterre à un moment jugé inopportun. Et quand tu regardes le calendrier du championnat anglais, il n'y a quasi que des moments inopportuns ! Il n'est pas normal que l'Angleterre n'ait décroché qu'un titre mondial et ne se soit parfois même pas qualifiée. C'est la preuve que l'équipe nationale est soumise à la volonté des clubs ". " Les journaux francophones exigent le limogeage de Georges Leekens. Je ne pense pas qu'un coach fédéral ait été aussi critiqué que lui. De la tribune de presse partent les obus et la zone neutre est devenue un champ de mines. La sélection de Georges ne souffre pourtant pas de contestation. Revenir à la vieille garde n'a pas de sens. Rajeunir encore plus pas davantage. Entre jouer un bon match en club et avoir le niveau international, il y a une grande différence hein fieu ! J'ai de l'urticaire quand j'entends que l'absence de WalterBaseggio en deuxième mi-temps contre la Bulgarie et l'Egypte est utilisée pour justifier la moins bonne prestation des Diables. Walter est un bon footballeur, mais de là à dire qu'il fait la pluie et le beau temps en équipe nationale. Désolé hein : il n'a même pas encore joué 90 minutes avec les Diables. Il mérite la confiance de Leekens mais n'est pas encore le leader de l'équipe. Ce serait lui rendre un mauvais service que d'attendre cela de sa part ". " Cela a été une semaine éprouvante. D'abord à Bordeaux puis à Spa où j'étais dans le jury pour les cours d'entraîneur, le Pro License. Dans la nuit de mardi à mercredi, j'ai dessiné des schémas tactiques sur le tableau jusque deux heures du matin. Alors que je m'éreintais à la tâche sans pilules Viagra, ces gamins s'endormaient les uns après les autres. Seul René Vandereycken tint bon jusqu'à la fin. Pas étonnant, il est comme moi mordu de tactique et n'a plus beaucoup de travail ces derniers mois. Il a donc entamé le cursus de manière reposée. Lorsque je suis rentré de Spa, j'étais tellement foutu que je n'avais même plus le courage de me coiffer. J'ai donc été chez le coiffeur pour une mini vague. Un brushing, comme ils disent Avenue Louise à Bruxelles. Ensuite, je suis allé jouer aux cartes et les copains n'en pouvaient plus de rire : -Hé, Raymond, t'es allé chez le toiletteur pour toutous chics ou quoi ? Tu vois, c'est foutu fieu. Il n'y a même plus de respect pour les gens bien comme moi ". " A Ostende, j'ai revu Christian Piot mercredi soir . Brave gars ! Christian, je l'appelle Monsieur San Siro. Ce sobriquet provient d'un match de qualification pour l'Euro en 1972 à Milan contre l'Italie. Tous nerveux. Sauf Piot. Il partageait la chambre avec Georges Heylens. Alors que Georges passait son temps sur le pot, Piot faisait une sieste. C'était le week-end de la communion solennelle de Frank Van Himst, le fils de Paul. J'entends encore Piot dire : -Paul, je vais tenir le nul pour ton fils. C'est mon cadeau. Et il l'a fait ! J'ai été exclu de la zone neutre parce que j'étais monté sur le terrain pour interrompre le jeu et pouvoir effectuer mon changement. Je devais remplacer MauriceMartens, blessé, par LeoDolmans. J'étais tellement énervé que j'ai envoyé Dolmans en chaussettes sur le terrain ! " " Marco van Basten a rejoué, j'ai lu dans la gazette. Son dernier match datait du 26 mai 1993, lorsque Fabio Capello le remplaça à la 85e minute. Comment je sais tout ça ? C'est pas difficile, ce soir-là j'ai gagné la Coupe des Champions avec Marseille contre l'AC Milan. Van Batsen est l'avant le plus complet que j'aie connu. Un joueur formidable. Johan Cruijff appelait Marco son successeur. Cela en disait assez ". " Elle s'appelle Jeanneke. Elle habite tout près du stade d'Anderlecht et a fêté ses 100 ans la semaine dernière. Normalement, ce genre de nouvelles ne m'intéresse pas. Sauf que là, le journal indiquait que Jeanneke jouait encore toutes les semaines aux cartes. Ah, si seulement je pouvais encore l'imiter dans 20 ans. Et qui sait, d'ici-là, peut-être que quelques clubs belges auront rejoint le top européen. Rêver ne sert à rien ".