A Liège, quand on veut se boire une petite bière rien que pour la soif, on commande un Hollandais. Ce n'est pas un baron d'un demi-litre, un grand 33 ou un petit 25. Non c'est encore plus petit, genre verre à moutarde. Je n'ai jamais bu de Hollandais ailleurs qu'à Liège. Ou alors aux Pays-Bas, où - question chopes - on voit petit.

L'analogie est facile avec l'EURO. Les Hollandais ont voulu tout avaler et ils ont perdu leurs trois matches. En Belgique, on en rigole vu l'invasion des coaches oranges. Mario Been était déjà à Genk, Adrie Koster ex-Club a signé au Beerschot, Dennis van Wijk était en standby au Sporting de Charleroi avant de rejoindre l'Antwerp, Harm van Veldhoven (naturalisé belge) a dressé sa tente à Malines, John van den Brom à Anderlecht et Ron Jans au Standard. Cela fait beaucoup de techniciens connotés Oranje. Trop, car les choses ont changé en une semaine : Bert van Marwijk n'est pas sorti vivant du groupe de la mort. Buiten ! Du coup, les coaches de sa nationalité qui débarquent chez nous le font avec un certain déficit de prestige.

Or, quand un nouveau coach débarque, il doit faire passer sa philosophie à son groupe et c'est d'autant plus facile si elle a du succès. Car la philosophie, c'est ça : décrire et expliquer un état de faits, positif ou négatif. Le but n'est pas d'essayer de se creuser la nénette pour trouver des réponses. Cela, c'est de la psychiatrie ou de la psychologie.

Bref, les coaches hollandais ont du boulot en Belgique. Ils n'arrivent pas en terrain conquis grâce à l'EURO. Et pas entièrement sur base du dernier championnat de D1 non plus. Anderlecht l'a dominé tout un temps parce que Been n'est pas parvenu à faire décoller Genk et que Koster a mis sur pied une défense trop accueillante. C'est seulement quand Koster a été débarqué et remplacé par Christoph Daum que le Club Bruges a remonté la pente jusqu'aux play-offs. Genk a attendu cette période pour enfin briller.

Et tout cela au grand inconfort de Mauves qui ont dû affronter ces périls pour vaincre au bord de la crise de nerfs. Si les coaches hollandais de ces clubs avaient trouvé la bonne formule plus tôt, on l'aurait su. Koster a été définitivement catalogué comme gentil looser. Le seul grand responsable de cet engouement orange chez nous est Been. Van Wijk l'a un peu aidé en sauvant Mons avec promptitude et en boostant les Dragons. Mais de là à appeler Van den Brom et Jans pour Anderlecht et le Standard ? Des coaches qui viennent d'un championnat où Bjorn Vleminckx et Dmitry Bulykin pètent des buts comme ils respirent mais se plantent chez nous. Le lien avec les défenses portes-ouvertes de Koster est évident.

Les coaches hollandais sont parfois flamboyants mais ne s'appellent pas tous Johan Cruijff, Guus Hiddink ou Louis van Gaal. Il y a aussi des Van Marwijk ou Dick Advocaat. Et Van Wijk n'est pas nécessairement un poète non plus... On attend néanmoins de ce mini-tsunami de coaches hollandais d'être productif sur le plan offensif, de la prise de risque, de la volonté d'oser dribbler un adversaire avant de donner son ballon pour vraiment construire de l'arrière et de chercher avant tout à marquer un but de plus. C'est une philosophie qu' Ariel Jacobs n'a jamais embrassée et que José Riga n'a malheureusement (pour lui et le Standard) que trop rarement adoptée.

Anderlecht n'a plus jamais aussi bien joué au foot que sous Johan Boskamp. Hollandais atypique, certes, pour qui la parole donnée vaut tous les contrats. Avec la génération actuelle, on espère une conduite fair-play et ne pas en arriver à des extrémités identiques que celle vécues par le Standard avec Aad de Mos qui a, un jour, boycotté ses propres entraînements. En Belgique, voyez-vous messieurs les Hollandais, on n'écoute pas ceux qui apportent des nouvelles peut-être mauvaises. Quand on a déclaré qu'il fallait se méfier d'Advocaat, l'Union belge a rigolé. Et voici qu'en Hollande, des collègues nous préviennent que Van den Brom possède une réputation à la... Georges Leekens et ne reste jamais longtemps dans un club !

PAR JOHN BAETE

Au-delà des clichés, on attend du jeu offensif.

A Liège, quand on veut se boire une petite bière rien que pour la soif, on commande un Hollandais. Ce n'est pas un baron d'un demi-litre, un grand 33 ou un petit 25. Non c'est encore plus petit, genre verre à moutarde. Je n'ai jamais bu de Hollandais ailleurs qu'à Liège. Ou alors aux Pays-Bas, où - question chopes - on voit petit. L'analogie est facile avec l'EURO. Les Hollandais ont voulu tout avaler et ils ont perdu leurs trois matches. En Belgique, on en rigole vu l'invasion des coaches oranges. Mario Been était déjà à Genk, Adrie Koster ex-Club a signé au Beerschot, Dennis van Wijk était en standby au Sporting de Charleroi avant de rejoindre l'Antwerp, Harm van Veldhoven (naturalisé belge) a dressé sa tente à Malines, John van den Brom à Anderlecht et Ron Jans au Standard. Cela fait beaucoup de techniciens connotés Oranje. Trop, car les choses ont changé en une semaine : Bert van Marwijk n'est pas sorti vivant du groupe de la mort. Buiten ! Du coup, les coaches de sa nationalité qui débarquent chez nous le font avec un certain déficit de prestige. Or, quand un nouveau coach débarque, il doit faire passer sa philosophie à son groupe et c'est d'autant plus facile si elle a du succès. Car la philosophie, c'est ça : décrire et expliquer un état de faits, positif ou négatif. Le but n'est pas d'essayer de se creuser la nénette pour trouver des réponses. Cela, c'est de la psychiatrie ou de la psychologie. Bref, les coaches hollandais ont du boulot en Belgique. Ils n'arrivent pas en terrain conquis grâce à l'EURO. Et pas entièrement sur base du dernier championnat de D1 non plus. Anderlecht l'a dominé tout un temps parce que Been n'est pas parvenu à faire décoller Genk et que Koster a mis sur pied une défense trop accueillante. C'est seulement quand Koster a été débarqué et remplacé par Christoph Daum que le Club Bruges a remonté la pente jusqu'aux play-offs. Genk a attendu cette période pour enfin briller. Et tout cela au grand inconfort de Mauves qui ont dû affronter ces périls pour vaincre au bord de la crise de nerfs. Si les coaches hollandais de ces clubs avaient trouvé la bonne formule plus tôt, on l'aurait su. Koster a été définitivement catalogué comme gentil looser. Le seul grand responsable de cet engouement orange chez nous est Been. Van Wijk l'a un peu aidé en sauvant Mons avec promptitude et en boostant les Dragons. Mais de là à appeler Van den Brom et Jans pour Anderlecht et le Standard ? Des coaches qui viennent d'un championnat où Bjorn Vleminckx et Dmitry Bulykin pètent des buts comme ils respirent mais se plantent chez nous. Le lien avec les défenses portes-ouvertes de Koster est évident. Les coaches hollandais sont parfois flamboyants mais ne s'appellent pas tous Johan Cruijff, Guus Hiddink ou Louis van Gaal. Il y a aussi des Van Marwijk ou Dick Advocaat. Et Van Wijk n'est pas nécessairement un poète non plus... On attend néanmoins de ce mini-tsunami de coaches hollandais d'être productif sur le plan offensif, de la prise de risque, de la volonté d'oser dribbler un adversaire avant de donner son ballon pour vraiment construire de l'arrière et de chercher avant tout à marquer un but de plus. C'est une philosophie qu' Ariel Jacobs n'a jamais embrassée et que José Riga n'a malheureusement (pour lui et le Standard) que trop rarement adoptée. Anderlecht n'a plus jamais aussi bien joué au foot que sous Johan Boskamp. Hollandais atypique, certes, pour qui la parole donnée vaut tous les contrats. Avec la génération actuelle, on espère une conduite fair-play et ne pas en arriver à des extrémités identiques que celle vécues par le Standard avec Aad de Mos qui a, un jour, boycotté ses propres entraînements. En Belgique, voyez-vous messieurs les Hollandais, on n'écoute pas ceux qui apportent des nouvelles peut-être mauvaises. Quand on a déclaré qu'il fallait se méfier d'Advocaat, l'Union belge a rigolé. Et voici qu'en Hollande, des collègues nous préviennent que Van den Brom possède une réputation à la... Georges Leekens et ne reste jamais longtemps dans un club ! PAR JOHN BAETEAu-delà des clichés, on attend du jeu offensif.