La Grèce a fait sensation il y a quatre ans au Portugal. Outsider, elle pouvait déjà être satisfaite de participer à un tour final. Il ne s'agissait que de sa deuxième présence dans un Euro après 1980 et voilà qu'elle réalise une première : elle vient de se qualifier pour son deuxième tournoi européen d'affilée.
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La Grèce a fait sensation il y a quatre ans au Portugal. Outsider, elle pouvait déjà être satisfaite de participer à un tour final. Il ne s'agissait que de sa deuxième présence dans un Euro après 1980 et voilà qu'elle réalise une première : elle vient de se qualifier pour son deuxième tournoi européen d'affilée. Pas de doute : la phalange hellène vit la plus belle période de son histoire. Elle doit son succès à un homme : Otto Rehhagel. L'entraîneur allemand, en poste depuis août 2001, a professionnalisé l'encadrement chaotique de l'équipe. Il l'a façonnée pas à pas, il a travaillé sur les plans personnel, tactique et mental et après des débuts difficiles, marqués de plusieurs contrecoups, il a recueilli les fruits de son travail. Ce devrait être son dernier haut fait. Beaucoup de héros de 2004 figurent toujours dans l'équipe. Rehhagel mise sur la vieille garde, qui forme le c£ur de son noyau, même si elle a raté sa qualification pour le mondial allemand et que les éliminatoires ont été ponctuées de quelques matches de très faible niveau. La raclée (1-4) essuyée à domicile contre sa rivale, la Turquie, la veille de la fête nationale, a été ressentie comme la pire des humiliations. Rehhagel a immédiatement réagi : quatre jours plus tard, il reprenait cinq nouveaux joueurs, Loukas Vyntra, Vassilios Torosidis, Theofanis Gekas, Dimitrios Salpingidis et Konstantinos Chalkias pour le match contre Malte. La pénible victoire (1-0) fut le début d'une série de sept succès et d'un nul qui menèrent confortablement la Grèce à la qualification. Pourtant, les prestations de l'équipe ont rarement été convaincantes. En outre, l'équipe est trop âgée en dépit de l'insertion de quelques jeunes joueurs. La devise de Rehhagel mériterait une place dans l'histoire du football : la star est l'équipe. Il y reste fidèle en Grèce. Il a mis en place une phalange compacte, sans acteurs qui émergent. La bonne organisation défensive est la base des récents succès grecs. Devant la défense en ligne, le duo KonstantinosKatsouranis et Angelos Basinas déblaient le terrain. Parfois, Rehhagel n'hésite même pas à poster Katsouranis derrière la défense, à moins que Traianos Dellas ne reprenne ce rôle démodé mais souvent efficace. ParaskevasAntzas le relaie alors dans la défense centrale, avec le stoppeur Sotirios Kyrgiakos. Ils se complètent pour neutraliser l'attaquant adverse. Les arrières latéraux Georgios Seitaridis et Torosidis doivent s'impliquer régulièrement dans l'offensive et élargir le jeu. Si la Grèce procède avec deux attaquants, ils ont les flancs pour eux seuls. Récemment, Rehhagel a pourtant privilégié un trio offensif, issu de Bundesliga : Ioannis Amanatidis (Francfort), Angelos Charisteas (Nuremberg) et Gekas (Leverkusen). Basinas et Georgios Karagounis sont responsables de la construction du jeu. L'équipe est très homogène et possède d'excellents automatismes. La majeure partie des footballeurs joue ensemble depuis longtemps. Tous connaissent leur tâche. Le groupe est soudé en-dehors du terrain également. Les frictions du passé ont disparu. Les piliers de l'équipe, Dellas, Seitaridis, Basinas, Katsouranis, Karagounis et Charisteas, disposent d'une large expérience internationale, acquise en équipe nationale comme en club. Ces vieux renards ne se laissent pas facilement duper et savent gérer toutes les situations. La défense est très stable. Les Grecs encaissent peu de buts. Ils marquent surtout à partir des phases arrêtées car Dellas, Kyrgiakos, Charisteas et Georgios Samaras sont forts de la tête. Depuis la retraite de Vassilis Tsartas, la Grèce n'a plus de joueur apte, par ses passes géniales et surprenantes, à ébranler la défense adverse. Le jeu offensif est assez prévisible. Les ailes, si importantes, pourraient poser problème. Seitaridis a été longtemps blessé et n'est pas encore en pleine possession de ses moyens. Torosidis, droitier, joue du mauvais côté. Tous deux négligent souvent leur tâche défensive et laissent ainsi des espaces à l'adversaire. Le gardien Antonis Nikopolidis a été plus sûr ces derniers temps mais il gaffe régulièrement. Dès qu'il doit quitter sa ligne, il erre dans le rectangle sans trop savoir où aller ni que faire. Il manque souvent de concentration sur les envois faciles. Cela devient dangereux face à une équipe forte en contre ou qui combine rapidement car les routiniers de l'entrejeu et de la défense ont perdu leur vitesse au fil des saisons. L'équipe défend son titre sans se mettre la pression. Les supporters grecs sont réputés chauds et peuvent réagir très mal en cas d'échec mais les attentes restent modérées. La Grèce est consciente qu'il est peu probable qu'elle réédite l'exploit de 2004. Elle veut cependant atteindre les quarts de finale. Quelle que soit l'issue du tournoi, Rehhagel est le sélectionneur le plus brillant de toute l'histoire de la Grèce. Pourtant, il a entamé son mandat par une défaite 1-5 contre la Finlande. Le tirage au sort a réservé une surprise agréable aux superstitieux : comme en 2004, l'Espagne, contre laquelle la Grèce avait fait match nul 1-1, et la Russie (victoire 1-2) sont à nouveau dans le même groupe. La Grèce de Rehhagel n'a affronté la Suède qu'à deux reprises, dans des joutes amicales, qui se sont clôturées sur les scores de 2-2 et de 1-2. Dans les deux matches, le coach a opté pour trois défenseurs centraux.