A l'heure où on se serre la ceinture, les footballeurs d'élite continuent à s'en mettre plein les poches. Qu'ils opèrent en Liga, en Premier League, dans le Calcio ou en L1, leur fortune est loin de diminuer. Dans une enquête parue en septembre, L'Equipe expliquait que les hauts salaires mensuels français continuaient à s'envoler malgré l'état du marché, citant notamment Lisandro Lopez (425.000 euros mensuels bruts, record historique pour un joueur évoluant dans l'Hexagone), Yoann Gourcuff (310.000) ou Lucho Gonzales (300.000). Des salaires à la hauteur du prix d'achat de ces joueurs puisque les trois réunis ont coûté 57 millions d'euros répartis entre Lyon, Marseille et Bordeaux.
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A l'heure où on se serre la ceinture, les footballeurs d'élite continuent à s'en mettre plein les poches. Qu'ils opèrent en Liga, en Premier League, dans le Calcio ou en L1, leur fortune est loin de diminuer. Dans une enquête parue en septembre, L'Equipe expliquait que les hauts salaires mensuels français continuaient à s'envoler malgré l'état du marché, citant notamment Lisandro Lopez (425.000 euros mensuels bruts, record historique pour un joueur évoluant dans l'Hexagone), Yoann Gourcuff (310.000) ou Lucho Gonzales (300.000). Des salaires à la hauteur du prix d'achat de ces joueurs puisque les trois réunis ont coûté 57 millions d'euros répartis entre Lyon, Marseille et Bordeaux. Mais bon nombre de joueurs de L1 sont très loin de ces chiffres même si leur revenu reste enviable. Leur salaire mensuel moyen est de 34.880 euros bruts, soit une baisse de 5 % par rapport à la saison 2008-2009. Toujours d'après L'Equipe, un joueur de L2 gagne aujourd'hui en moyenne 7.930 euros bruts par mois, soit 20 % de moins que ce qu'il touchait l'an dernier. Si au sommet de la pyramide européenne, tout va bien, de plus en plus de mises en garde sont faites. En Espagne, le 3 novembre, José Antonio Alonso, le porte-parole du parti socialiste (PSOE), a annoncé que le gouvernement avait trouvé un accord afin de supprimer le privilège fiscal dont bénéficient les clubs engageant des stars étrangères. " La réforme répond à un besoin de solidarité, d'équité et de justice fiscale. Dans un pays en crise, tout le monde doit se serrer la ceinture. " On devait passer de 24 à 43 % de taxation dès le 1er janvier. Trois jours plus tard, la Ligue pro espagnole (LFP) convoquait une assemblée générale extraordinaire. A l'ordre du jour, l'opportunité de mettre le championnat en grève une journée, en guise de protestation contre le projet de loi. " La grande majorité des clubs avec qui nous avons parlé sont d'accord ", indique alors le vice-président de la LFP, Javier Tebas. Rien d'étonnant à ce que les dirigeants, principalement ceux des grands clubs, s'opposent au projet de réforme fiscale du gouvernement de José LuisZapatero. Mettez-vous quelques secondes à la place de Florentino Perez, qui n'a pas étanché sa soif de Galactiques : s'il veut attirer un joueur comme Franck Ribéry, qui demande un salaire annuel net de 9 millions, le président du Real Madrid ne devrait plus débourser 12 millions mais 15,5 ! " Avec une telle taxation, les joueurs étrangers réfléchiront à deux fois avant de venir en Espagne ", a dit Joan Laporta, le président de Barcelone. A l'Inter, Zlatan Ibrahimovic percevait un salaire net de 12 millions, ce qui signifiait un coût de presque 23 millions pour le club. Pour le même montant net, Barcelone ne devrait verser que 15,8 millions bruts soit 7 de moins... en application de l'article 93 de la loi 35 du 28 novembre 2005, que le pouvoir politique a plusieurs fois envisagé d'abolir. Imaginée pour attirer les cerveaux étrangers en Espagne, elle fut rapidement détournée au profit du foot et baptisée ley Beckham. Non seulement parce que l'international anglais en a été l'un des heureux bénéficiaires mais surtout parce que le gouvernement avait accepté l'effet rétroactif de la loi jusqu'en 2003, année du passage de Becks au Real ! Mais il y a un mois, le Parlement espagnol a adopté le projet de modification (seuls les contribuables déclarant un revenu annuel inférieur à 600.000 euros pourront bénéficier du taux avantageux de 24 %). Bien qu'elle fasse grincer les dents des dirigeants espagnols, cette loi est quand même moins sévère que celle promulguée en Angleterre, où le législateur a imposé à 50 % les salaires supérieurs à 150.000 euros. Sans compter qu'il n'y aura pas d'effet rétroactif et que les salaires des Kaká, CristianoRonaldo et Cie ne seront pas visés cette année. La nouvelle loi semble recueillir le consentement du citoyen moyen et des sportifs leaders d'opinion comme ces footballeurs espagnols qui se sentent victimes de discrimination. Raul, l'attaquant du Real Madrid, avait été très clair : " Nous devons tous jouer avec les mêmes normes. " José Luis Astiazaran, le président de la Ligue espagnole a fait son calcul : " La modification du régime fiscal pour les étrangers va coûter 100 millions par saison aux clubs ". Il y a de quoi être inquiet : les clubs pros doivent déjà 627 millions au fisc... Outre leur salaire, les joueurs ont des revenus publicitaires. Et Beckham, qui ne figure pas dans ce Top 50 européen puisqu'il joue aussi aux Etats-Unis, est la star ! En mai 2009, on estimait à 49 millions d'euros ses rentrées publicitaires annuelles grâce notamment à des contrats avec Adidas, Armani, Motorola, etc. Seuls Tiger Woods et Michael Jordan - malgré sa retraite toujours sous contrat juteux avec Nike - gagnent plus en pub. Deuxième au palmarès des footeux, Lionel Messi (20 millions d'euros en pub) a appris l'anglais pour attirer les multinationales. Cristiano Ronaldo a signé un contrat avec une agence américaine de marketing (CAA) et fin de saison passée, il touchait 11 millions d'euros de Nike et Coca Cola. Frank Lampard et John Terry touchent 6 millions d'euros de revenus publicitaires. Thierry Henry a rejoint Woods et Roger Federer dans la publicité Gilette pour 9 millions. Autres revenus publicitaires : 13 millions pour Ronaldinho, 7 pour Wayne Rooney, 6 pour Kaká, 5 pour Ibrahimovic, Fabio Cannavaro ou Robinho. Pour les stars, le droit à l'image leur rapporte gros. En Espagne, ils perçoivent une participation aux bénéfices obtenus en contrepartie de l'exploitation commerciale de leur image. En France, une loi permettait aux clubs de rémunérer les joueurs à hauteur de 30 % sous forme d'honoraires comme contribution à la commercialisation de l'image du club. Ce Droit à l'image collectif (DIC) permettait aux clubs de payer 30 % de charges sociales en moins sur les salaires. Mais l'Assemblée Nationale a mis fin à cette exception le mois passé à partir de ce 31 décembre. Les clubs français craignent un exode de certaines vedettes vers d'autres cieux fiscaux plus avantageux... En septembre dernier, le Comité exécutif de l'UEFA a approuvé le " concept de fair-play financier pour le bien-être du football européen et des clubs ". L'objectif numéro 1 de ce concept est de " favoriser l'équité dans les compétitions de clubs européennes, de même que la stabilité à long terme du football de clubs en Europe ". La surveillance des dépenses et le respect des règles sont confiés au Panel de Contrôle Financier des clubs, un organisme nouvellement créé. Son président est notre ancien Premier ministre Jean-Luc Dehaene. " Michel Platini cherchait quelqu'un qui a un nom en Europe, vient d'un petit pays et s'intéresse au football ", nous a dit Dehaene. " Je suppose que c'est Michel D'Hooghe qui lui a parlé de moi ! Nous avons eu notre première réunion de travail en novembre avec pour but de fixer des règles de fair-play financier pour début 2010. " Dehaene est très clair quant à la question de savoir si l'UEFA imposera un plafond salarial : " L'UEFA a introduit la licence européenne il y a quelques années et est satisfaite de la façon dont les fédérations nationales s'y prennent pour la délivrer ou la refuser. L'étape suivante sera un contrôle de l'équilibre financier des clubs. Leurs dépenses ne pourront plus dépasser leurs recettes. Mais imposer un plafond des salaires n'est pas une intention immédiate. C'est difficile car il faut tenir compte de la diversité des pays. Comme dans le cadre de l'Union européenne, on ne peut pas appliquer les mêmes chiffres à tous les pays parce qu'ils ont tous leurs différences. "Jean-Luc a donc un truc : " Dans un premier temps, nous n'allons pas limiter les salaires ou les montants de transferts, mais le nombre de joueurs. "