1. BART VERHAEGHE LA SAINT V

Parfois, le nom de l'homme de l'année s'impose de lui-même. En cette année d'EURO, on imaginait volontiers que 2016 se terminerait avec un Diable en haut de l'affiche, mais la désillusion galloise en a décidé autrement. Dans la nuit lilloise, quand la tête de Marc Wilmots s'est mise à vaciller, un homme a pris la direction des opérations. Bart Verhaeghe est devenu, plus que jamais, le plus grand décideur de la Maison de Verre. C'est lui, accompagné de Mehdi Bayat et de Chris Van Puyvelde, qui a mené les négociations de fin de règne de Wilmots, avant de diriger le casting qui a débouché sur le choix de Roberto Martinez. Un coup audacieux qui, pour ses premiers mois, se révèle pour l'instant être un coup de maître.
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Parfois, le nom de l'homme de l'année s'impose de lui-même. En cette année d'EURO, on imaginait volontiers que 2016 se terminerait avec un Diable en haut de l'affiche, mais la désillusion galloise en a décidé autrement. Dans la nuit lilloise, quand la tête de Marc Wilmots s'est mise à vaciller, un homme a pris la direction des opérations. Bart Verhaeghe est devenu, plus que jamais, le plus grand décideur de la Maison de Verre. C'est lui, accompagné de Mehdi Bayat et de Chris Van Puyvelde, qui a mené les négociations de fin de règne de Wilmots, avant de diriger le casting qui a débouché sur le choix de Roberto Martinez. Un coup audacieux qui, pour ses premiers mois, se révèle pour l'instant être un coup de maître. L'année de Bart Verhaeghe était déjà réussie en mai, quand " son " Bruges a enfin retrouvé ce titre de champion de Belgique après lequel il courait désespérément depuis onze longues années. Cinq ans de présidence auront été nécessaires au nouvel homme fort du nord du pays pour enfin atteindre cet objectif qui aura usé quatre entraîneurs et mis en lumière des joueurs comme Maxime Lestienne, Carlos Bacca ou Victor Vazquez avant de finalement décrocher la timbale avec Simons, Vormer, Engels et Vanaken. Désireux de ne pas en rester là, le président est parvenu à convaincre Michel Preud'homme de prolonger son bail à la tête des Gazelles, brisant la logique d'un coach qui avait pris l'habitude de quitter l'expédition dès qu'il avait atteint le sommet. C'est encore Verhaeghe qui s'est mis entre son coach et la Fédération, privant MPh d'un cumul Bruges - Diables dont l'entraîneur rêvait. Chaque fois qu'une décision importante pour le football belge est tombée en 2016, le président des Blauw en Zwart n'était jamais loin.Certains rêvent de marquer en finale de la Ligue des Champions. D'autres préfèrent s'imaginer au bras d'une Miss Belgique. Yannick Carrasco a décidé de faire les deux, et d'y ajouter les compliments réguliers d'un certain Diego Simeone. Devenu l'un des meilleurs dribbleurs du monde sur les longs raids balle au pied, Yannick a quitté le flanc droit des Diables pour se rapprocher d'Eden. Et devenir l'un des hommes les plus importants du système de Roberto Martinez.En l'espace de quelques semaines, Thomas Meunier a écarté la poisse qui lui collait souvent aux basques dans le money time. Après le titre avec Bruges, le Mills a enchaîné avec une place de titulaire à l'EURO, et un transfert sous le maillot du PSG pour découvrir la Ligue des Champions sans l'option brugeoise " zéro sur dix-huit. " Son premier but chez les Diables, inscrit face à l'Estonie, ressemble à la cerise sur l'énorme gâteau d'un 2016 qui mérite d'être fêté.À l'heure où l'arbitrage belge multiplie les polémiques, Sébastien Delferière fait figure d'exception. Le Sonégien, double tenant du titre du " Sifflet d'or ", est bien parti pour le triplé tant la qualité de ses coups de sifflet surpasse celle de tous ses confrères en Belgique. Si Franck De Bleeckere doit avoir un successeur au niveau international, c'est sans doute à Soignies qu'il se trouve. Avec un look à la Pierluigi Collina, le regard effrayant en moins.Arrivé chez les Diables rouges comme la onzième roue du carrosse, il est aujourd'hui devenu l'une des certitudes d'une défense qui peut trop rarement compter sur Kompany et Vermaelen. Toby Alderweireld ne se contente pas d'être l'un des meilleurs défenseurs de Premier League, mais prend aussi la relance à son compte quand il joue pour une équipe nationale où il ne faut pas compter sur les milieux défensifs pour gérer la créativité. Même la presse étrangère a appris à dire son nom.Il y aura toujours les détracteurs. Ils vous parleront de ses déclarations fracassantes, et riront de ses ratés contre l'Italie, la Bosnie ou les Pays-Bas. D'un attaquant limité techniquement. Romelu Lukaku répondra avec ses chiffres. Ceux qui disent que personne, à son âge, n'avait déjà autant de buts sur le CV. Et ceux qui prouvent qu'en 2016, après une année blanche, il est devenu LE buteur des Diables avec onze buts sous le maillot de l'équipe nationale.Il aurait pu trôner en tête de ce classement s'il avait pris avec succès la relève de Marc Wilmots après l'EURO. Ou s'il avait qualifié Bruges dans un groupe de Ligue des Champions qui semblait abordable. Mais ramener le titre dans la Venise du Nord après une décennie de disette suffit à en faire l'un des hommes de l'année. Trois ans au Jan Breydel, une Coupe et un titre de champion : Michel Preud'homme reste une incroyable machine à remplir une salle des trophées.Apprendre le métier d'entraîneur au contact d'Hein Vanhaezebrouck n'est certainement pas une mauvaise idée. Le mettre en pratique à Ostende, avec un noyau XXL mis à disposition par les millions de Marc Coucke, encore moins. Yves Vanderhaeghe a mis toutes les cartes dans son jeu pour réussir sa carrière d'entraîneur. Le voilà en route pour une troisième participation consécutive aux play-offs 1, avec un des footballs les plus spectaculaires du pays sur le terrain.Il rate les play-offs 1 de justesse, mais trouve les mots pour remotiver ses troupes et aller jusqu'au barrage pour l'Europe face à Genk. Il perd Perbet et Ndongala, mais parvient à ressusciter Pollet et à faire exploser Fall pour garder Charleroi en haut du tableau. Il élimine Anderlecht de la Coupe, imite Paul Pogba avec un dab à l'interview, et chante des chansons paillardes avec ses supporters quelques minutes après un changement gagnant mûrement réfléchi. Mais qui arrêtera Felice Mazzù ?Ses buts et ses dribbles hebdomadaires ont permis à Malines de retrouver le titre de " Footballeur pro de l'Année ", 24 ans après Philippe Albert et 27 après Marc Emmers. Comme ses prédécesseurs, Sofiane Hanni a poursuivi sa carrière à Anderlecht, dont il est rapidement devenu le capitaine. Son principal tour de force aura sans doute été de rester dans le noyau A après avoir critiqué publiquement René Weiler.PAR LES DEUX RÉDACTIONS - PHOTOS BELGAIMAGE