Mourade, tu es de 1980, comme Florent Malouda, John Terry, Xavi ou encore Ronaldinho. Si comme eux, ta carrière devait s'arrêter prochainement, ce serait quoi ton meilleur souvenir foot ?

MOURADE ZEGUENDI : Je n'étais pas derrière les Bleus, mais j'étais un inconditionnel de Zidane. C'était avant le 11 septembre, les Arabes étaient considérés comme des voleurs. Depuis, on a évolué dans la hiérarchie du mal, mais toujours est-il qu'à l'époque, on n'avait pas beaucoup de modèles auxquels se rattacher. J'avais du mal à réaliser qu'une " merguez " comme moi, un mec issu de l'immigration ait son visage sur l'Arc de triomphe. Zidane président ! Je crois que pour tous les Maghrébins de ma génération, ça reste incroyable. J'ai des frissons quand j'en parle. Je suis plus rationnel aujourd'hui, mais malgré tout, j'ai plus que jamais envie de reprendre une phrase de Jamel Debouzze : " Dès qu'un Arabe fait quelque chose de bien, je suis content. " Et de fait, quand je vois Fellaini ou Chadli titulaires contre le Portugal où des mecs déguisés en Fellaini en Angleterre, je me dis qu'il y a encore de l'espoir et ça me rend heureux. Même chose pour un Lukaku ou un Komp...

MOURADE ZEGUENDI : Je n'étais pas derrière les Bleus, mais j'étais un inconditionnel de Zidane. C'était avant le 11 septembre, les Arabes étaient considérés comme des voleurs. Depuis, on a évolué dans la hiérarchie du mal, mais toujours est-il qu'à l'époque, on n'avait pas beaucoup de modèles auxquels se rattacher. J'avais du mal à réaliser qu'une " merguez " comme moi, un mec issu de l'immigration ait son visage sur l'Arc de triomphe. Zidane président ! Je crois que pour tous les Maghrébins de ma génération, ça reste incroyable. J'ai des frissons quand j'en parle. Je suis plus rationnel aujourd'hui, mais malgré tout, j'ai plus que jamais envie de reprendre une phrase de Jamel Debouzze : " Dès qu'un Arabe fait quelque chose de bien, je suis content. " Et de fait, quand je vois Fellaini ou Chadli titulaires contre le Portugal où des mecs déguisés en Fellaini en Angleterre, je me dis qu'il y a encore de l'espoir et ça me rend heureux. Même chose pour un Lukaku ou un Kompany bien sûr. J'ai un respect énorme pour ces gars-là. Pour moi, ce sont des héros. Le temps de 90 minutes, ils te font oublier tes soucis. Je n'aime pas faire du communautarisme, mais il faut être honnête, le terrorisme nous met dans une situation inconfortable. ZEGUENDI : C'est une histoire assez classique axée autour de " Souli le magnifique ". Pour jouer un con, vaut mieux prendre un con et c'est donc moi qui interpréterai ce rôle. Soulimane Ben Arafa, c'est un mec qui a été adopté, qui n'avait rien pour lui quand il était jeune et qui du jour au lendemain se fait repérer et se retrouve tout en haut de l'affiche. C'est un peu une histoire à la Ribéry. En fait, Souli, c'est un mix entre Aurier, Cantona, Gascoigne et Maradona. À travers la descente aux enfers inévitable de ce mec-là, le but, c'est de découvrir les coulisses du foot, de comprendre la complexité du succès, la difficulté de gagner beaucoup d'argent si jeune... ZEGUENDI : Non, parce qu'on va faire ça avec beaucoup de respect, beaucoup d'humilité aussi. C'est une histoire comme il y en a plein. Dans le football, mais dans le cinéma aussi. Je pense à Samy Naceri, mais ce n'est pas le seul. Ce sont des histoires de vie qui peuvent arriver partout et tout le temps. Justement, l'idée c'est de faire comprendre la pression qu'ont ces gars-là. Pour moi, les footballeurs, ce sont les gladiateurs d'aujourd'hui. C'est eux qui rassemblent une société. Ils ont une pression terrible sur les épaules, ils ont 26 ans, ils pèsent des millions et ils doivent donner de l'espoir à tout un pays. Ce n'est pas quelqu'un qui va jouer une pièce de théâtre devant 200 personnes au Théâtre National qui peut se targuer d'avoir une telle pression. ZEGUENDI : Je n'étais pas dans la genèse du projet, mais ils avaient envie de raconter la vie d'un mec qui se retrouve du jour au lendemain sans rien. De héros à zéro, c'est vraiment ça. Un soir, alors qu'ils étaient quelques-uns à déjà bosser sur le concept, j'ai eu une grosse dispute de " footeux " avec l'acteur Mounir Ait Hamou sur je ne sais plus quel sujet. Ils étaient tous scotchés, ils ne savaient pas qu'on était accros à ce point-là. Je pense que c'est à ce moment-là que l'angle du football est arrivé sur la table pour la première fois. ZEGUENDI : Jouer au foot, je sais le faire et les petits ponts je peux en mettre plein, ce n'est pas un problème. Après, Di Caprio, il fait des sacrifices pour des films qui font le tour du monde. Moi, ça reste une série de la RTBF donc j'irai m'inscrire en ABSSA l'année prochaine mais faut pas pousser bobonne non plus. Je ne vais pas commencer à faire des régimes de dingue. D'autant que ce genre de tournage, c'est une action et puis on coupe, ça ne devrait pas trop m'épuiser. Par contre, je vais quand même essayer de me muscler les jambes parce que dans la foulée j'incarnerai un cycliste pour " Flandrien " avec Wim Willaert et Tom Vermeir. Je ferai d'une pierre deux coups comme ça. ZEGUENDI : Je regarde tous les matchs de Barcelone. Gamin, j'avais encore un autre rapport au foot : je portais les maillots, je collectionnais les autocollants Panini, j'étais à fond dedans. Dans mon quartier, on se donnait même des surnoms : comme j'avais une grande gueule et que je me battais avec tout le monde, on m'appelait Cantona. J'étais moins bon joueur que lui, mais bon, je montais mon col, je me faisais la même coiffure. Aujourd'hui, j'ai sincèrement plus de mal avec le championnat belge. Je crois qu'il faudrait que les Qataris investissent. Ça apporterait un petit peu plus de spectacles. Honnêtement, je serais content. Après tout, on est des Belges, des Bruxellois et si Anderlecht, le RWDM, l'Union Saint-Gilloise ou n'importe quel autre club bruxellois est en mesure d'atteindre le haut niveau, c'est clair qu'on sera fier. PAR MARTIN GRIMBERGHS - PHOTO IMAGEDESK" Je serais content que les Qataris investissent dans un club bruxellois " - MOURADE ZEGUENDI