Même si Mons ne songe plus qu'aux festivités de 2015 qui béniront son titre de capitale culturelle de l'Europe, tout le monde sait qu'on ne trouvera jamais un Vincent Van Gogh du football sur la pelouse des Dragons. Le vieux club de l'avenue du tir a choisi de s'exposer autrement qu'en dépensant sans compter, seule solution pour survivre après sa troisième relégation en D2.
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Même si Mons ne songe plus qu'aux festivités de 2015 qui béniront son titre de capitale culturelle de l'Europe, tout le monde sait qu'on ne trouvera jamais un Vincent Van Gogh du football sur la pelouse des Dragons. Le vieux club de l'avenue du tir a choisi de s'exposer autrement qu'en dépensant sans compter, seule solution pour survivre après sa troisième relégation en D2. Le tableau de la situation a changé du tout au tout. Le football y reste cependant au centre de toutes les conversations. L'Albert, c'est comme la météo, on en parle tous les jours dans les bistrots de Mons et des environs. Cette région serait orpheline sans Albert et Elisabeth. Au Club 44 du RAEC de Mons qui regroupe de nombreuses sociétés de la région, l'importance du football ne suscite guère de doutes. Ainsi, il y eut foule quand Daniel Van Buyten assista à une des rencontres mensuelles des hommes d'affaires montois, très intéressés par son livre (Big Dan, par Pierre Danvoye, Renaissance du Livre). Ces décideurs sont hélas moins nombreux sur le maillot des Dragons. Les vérandas Willems ont quitté les poitrines des Montois qui, en attendant un nouveau sponsor principal, y affichent le logo de Mons 2015, Capitale européenne de la culture Et cela doit intriguer le Manager général du club, Pierre François. Les assistances maigrichonnes aussi : il n'y avait que 1571 spectateurs pour recevoir Seraing et vivre une des affiches de la D2 : une misère. " Le nouveau projet est en place et nous avons parcouru pas mal de chemin ", explique Pierre François, parfaitement conscient du malaise qui a secoué Mons la saison passée. " Il convenait de retrouver nos valeurs qui vont de l'envie au travail en passant par la fierté de représenter cette région. Il fallait d'abord savoir qui, de l'ancien effectif, nous accompagnerait dans notre redéploiement. Mons en a gardé cinq : Adrien Saussez, Jérémy Sapina, Daan Van Gijseghem, Brice Ntambwe et Vusumuzo Nyomi. Pour le recrutement, Mons, qui s'est séparé de Dimitri M'Buyu, n'a plus de directeur technique et la cellule scouting (Didier Save, Didier Beugnies, Laurent Demol, moi-même et Romain Leone) a recruté des joueurs qui ont faim de football. " " Nous entendions retrouver du plaisir et de l'enthousiasme sur le terrain, ce que les supporters de l'Albert n'ont pas vu la saison passée. L'importance de Beugnies et de Save saute aux yeux dans ce projet. Ce sont des gars du terroir mais s'il y a une touche régionale dans notre défi, on ne doit pas parler de repli sur soi. Un club ne peut se développer sans le soutien de ses supporters. Nous avons compris leurs attentes. A eux de nous encourager et de nous suivre. C'est aussi à eux d'agir. " Le manager général des Dragons a un carnet d'adresses bien rempli et ses relations au plus haut niveau de la Pro League ont permis à Mons de toucher plus vite que prévu le parachute doré suite à la descente en D2 et toutes les dettes ont été apurées. Mons doit désormais nouer les deux bouts avec un budget de 2.500.000 euros. Chaque sou est retourné avec précaution. Dominique Leone a pris du recul et c'est son fils, Romain, qui s'implique dans la gestion du club, que ce soit comme vice-président exécutif ou correspondant qualifié. Les relations avec la Ville étaient catastrophiques la saison passée. Dominique Leone s'était d'ailleurs montré très sévère à l'égard de la politique montoise lors d'un entretien accordé à Sport Foot Magazine en fin de saison passée. La porcelaine était brisée. Pierre François a compris qu'un club professionnel ne pouvait pas vivre sur une île, isolé par rapport aux forces vives de sa région, qu'elles soient politiques ou économiques. Il en allait de la survie d'un club historique et de ses 290 jeunes. Le manager général des Hennuyers a arrondi les angles, ce qui a eu un effet positif dans le fameux dossier du stade. L'enceinte à moitié terminée suscita un découragement compréhensible dans le chef de Dominique Leone. Directeur commercial et responsable du service communication et presse, Gilles Barbera précise à propos du Tondreau : " Le dialogue a eu pour effet la demande et l'obtention d'un permis de démolition et de bâtir pour les tribunes 3 et 4. Ces deux bâtiments seront abattus en 2015. La nouvelle T3, derrière un des buts, sera érigée au cours de la saison 2015-16. Un budget a été fixé pour l'ensemble : 8,3 millions d'euros. " La Ville assumera un tiers du budget qui sera engagé dans la réalisation de ces travaux, le solde relèvera des subsides de la Région wallonne. La T2 sera quant à elle maçonnée et financée après le retour de l'Albert en D1. Gilles Barbera a du pain sur la planche : " Tout le monde est concerné par l'avenir de ce club qui a quand même neuf ans de présence en D1. Même si cela s'est mal terminé en 2013-14, Mons possède des atouts pour remonter un jour en D1. " La Proximus League rapporte des radis en droits de télévision. Mons a réduit sa voilure financière, a recomposé un effectif sans puiser dans sa cassette, n'a rien gagné sur les transferts sortants. " Jérémy Perbet ne nous rapporte plus un sou : Villarreal n'a réalisé aucune plus-value en le transférant à Istanbul Basaksehir ", explique Pierre François. Le passage de Massimo Bruno d'Anderlecht à Salzbourg a fait par contre entrer un petit 40.000 euros dans les caisses des Dragons à titre de droits de formation, La situation financière du club a été assainie par Pierre François et Romain Leone mais la trésorerie n'est nullement comparable à celle d'OHL ou d'Eupen. Mons entend se stabiliser cette saison avant de viser le titre en 2015-16. Le gain d'une tranche dès cette saison constituerait un bonus intéressant. Prudent et intelligent, Didier Beugnies refuse de prendre part au jeu des pronostics. Il sait mieux que personne que 80 % de son vestiaire n'a pas de vécu en D2, et très peu pour d'autres. Ce manque de métier a été payé cash contre Seraing United. Sans Jérémy Sapina, touché aux adducteurs lors du dernier entraînement, vendredi matin, la défense montoise a été roulée dans la farine. Alors que Seraing, plus rapide, solide à la récupération, posait bien son jeu, Mons exhiba des failles dans son foot, se cantonna trop longtemps dans les mêmes zones du terrain, ne misa pas sur les changements d'aile. A 10 contre 11 durant une heure, le Seraing de Greg Dufer passa une soirée tranquille, en justifiant au passage son titre de meilleure attaque de la série et de formation qui assume ses plans offensifs. Mons détenait jusqu'alors le brevet de meilleure défense. Les Dragons n'ont pas respecté les consignes de leur T1. C'est la fin d'une série de sept matches sans défaite. " Contre Seraing, Mons n'a pas mérité cette réputation de meilleure défense ", expliquait Didier Beugnies. " Une équipe ne peut pas laisser tout le boulot de la récupération aux quatre arrières et au gardien de but. Tout le monde doit mettre la main à la pâte, ce qui n'a pas été fait et cela m'embête un peu. De plus, j'ai demandé qu'on élargisse le jeu pour amener des centres. Je n'ai pratiquement rien vu de tout cela. " Didier Beugnies râlait après cet indiscutable 1-3 et il mettra les choses au point avant le voyage à Tubize et la venue d'OHL au Tondreau. On saura bientôt si le nouvel Albert peut remplir un rôle en vue dette saison ou se contenter d'une mise en place de son nouveau projet. PAR PIERRE BILIC - PHOTOS : BELGAIMAGE" Mons ne peut pas réussir sans un soutien important de ses sympathisants. " Pierre François