On a vu à la télé une Kim Gevaert étonnée juste après le 4x100 m qui a couronné d'argent le relais féminin belge. Le prince Philippe en personne l'appelait sur son gsm pour la féliciter ainsi que Hanna Mariën, Elodie Ouedraogo et Olivia Borlée. Le lendemain, les quatre filles racontaient à la presse le secret de leur succès : " Sept ans de dur labeur et surtout beaucoup d'amitié. Nous n'hésitons pas à nous sacrifier pour les autres ", résume Elodie Ouedraogo. Selon Gevaert, cette médaille doit donner conscience aux jeunes athlètes belges qu'ils peuvent réaliser leurs rêves à force de travail et de persévérance. " Cela faisait 32 ans que la Belgique n'avait pas décroché de médaille olympique en athlétisme. Et maintenant, nous allons encourager Tia Hellebaut. " Exit les 4 filles, une francophone et 3 Flamandes dont une d'origine africaine : l'image d'une équipe belge très moderne et la preuve qu'une collaboration basée sur le respect peut mener au succès.
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On a vu à la télé une Kim Gevaert étonnée juste après le 4x100 m qui a couronné d'argent le relais féminin belge. Le prince Philippe en personne l'appelait sur son gsm pour la féliciter ainsi que Hanna Mariën, Elodie Ouedraogo et Olivia Borlée. Le lendemain, les quatre filles racontaient à la presse le secret de leur succès : " Sept ans de dur labeur et surtout beaucoup d'amitié. Nous n'hésitons pas à nous sacrifier pour les autres ", résume Elodie Ouedraogo. Selon Gevaert, cette médaille doit donner conscience aux jeunes athlètes belges qu'ils peuvent réaliser leurs rêves à force de travail et de persévérance. " Cela faisait 32 ans que la Belgique n'avait pas décroché de médaille olympique en athlétisme. Et maintenant, nous allons encourager Tia Hellebaut. " Exit les 4 filles, une francophone et 3 Flamandes dont une d'origine africaine : l'image d'une équipe belge très moderne et la preuve qu'une collaboration basée sur le respect peut mener au succès. Ce succès, on le doit en grande partie à l'entraîneur Rudi Diels. C'est lui qui lança ce projet de relais il y a sept ans, alors qu'il coachait déjà Gevaert. Pour lui, la retraite de Kim ne signifie pas la fin de l'équipe : " Sur base des chronos réalisés en finale, ce team a de l'avenir devant lui : elles auraient atteint la finale avec une autre athlète que Kim. Après ce qu'elles ont montré, je mettrai tout mon poids dans la balance pour convaincre tout le monde de continuer avec elles. Ces filles méritent de nouvelles chances de briller. Elles sont au top. " Diels n'aurait jamais pu imaginer décrocher l'or à Pékin : " Une médaille est toujours un rêve, parce qu'il n'y en a que trois ! Mais nous devions d'abord faire notre place sur la carte mondiale de l'athlétisme. Sur les huit tournois où les filles se sont alignées, nous avons atteint six fois la finale. Seule la première année et les Mondiaux 2005 à Helsinki furent un échec. Mais la plupart n'ont été convaincus que lorsque nous avons décroché le bronze aux championnats du monde l'an dernier. Je savais que si les filles évoluaient encore d'un cran, nous serions proches du podium olympique. Au début, personne n'y croyait. Nous avons dû améliorer 3 records de Belgique d'affilée pour pouvoir nous aligner dans une compétition européenne ou mondiale. Qu'on nous ait imposé des normes aussi strictes signifie qu'on a été sévère avec nous. "Diels aurait tout aussi bien pu opter pour la solution de facilité et se concentrer uniquement sur le coaching de sa championne du sprint. " Je savais qu'il y avait encore du talent dans le sprint belge. Mais les filles étaient trop jeunes et ne recevaient pas leur chance de le démontrer à titre individuel. J'ai alors pensé : combinons ces jeunes talents à l'expérience de Kim pour tirer le groupe vers le haut. "" La force de Kim était d'être présente à deux ou trois grands tournois par an ", explique Diels. " Alors que d'autres athlètes sont grillées après une ou deux apparitions, Kim s'alignait à un moment donné sur 100, 200 et relais 4 x 100m. Résultat : les filles ont reçu grâce au relais des opportunités dont elles n'auraient jamais pu rêver en s'alignant à titre individuel. Elles ont eu des contrats pour leur permettre de se développer tant et plus jusqu'au top niveau. Cette médaille est donc un couronnement tant individuel que collectif. "Si l'esprit d'équipe a procuré au team belge un avantage sur les nations qui disposent intrinsèquement de meilleures athlètes, c'est surtout au niveau du passage du témoin qu'il a fait la différence. " Sur cet aspect précis, nous avons gagné trois secondes au total sur les trois passages de relais à Pékin, là où nos concurrentes n'ont gagné que deux secondes. Notre passage du témoin est très bon et nous permet de combler certaines lacunes individuelles. "Il n'ose pas l'affirmer mais il est probable que la Belgique n'aurait pas décroché l'argent si Kim avait couru sur 200 m. " Imaginez qu'elle ait dû aligner quatre courses sur cette distance : elle n'aurait plus eu de jus. "Après sept ans, la moitié de l'équipe initiale a changé. Et après la retraite de Kim, il ne restera plus qu'Ouedraogo par rapport à 2001. Diels lui demandera de reprendre le rôle de capitaine en tant que plus ancienne du team. Il souhaite aussi que Gevaert continue à assumer son rôle de mentor au niveau de la motivation. " Durant toutes ces années, les filles ont tout fait pour rejoindre ce groupe. Très concrètement, c'est moi qui décide de qui rejoint l'équipe. Courir un bon chrono n'est pas synonyme de sélection automatique. " La personnalité joue un rôle primordial. " Le courant doit passer entre les filles. Regardez l'équipe française, où Christine Arron décide de ne plus faire partie du relais tricolore. De nombreux pays connaissent ces conflits internes. Moi j'essaie de les éviter. Le fait qu' Olivia Borlée vienne d'une autre structure, je m'en fiche. Elle a vraiment voulu se joindre au groupe, personne ne m'a obligé à la prendre. Je suis arrivé avec une proposition suffisamment forte pour convaincre tout le monde. " Au Mémorial Van Damme, Gevaert disputera sa dernière course au top. Depuis le début de l'année, Diels et la championne se demandent comment finir en beauté. Il a aimé travailler avec la Louvaniste toutes ces années : " Ce qui frappe chez Kim, c'est son désir d'apprendre, sa capacité à prendre toutes les décisions de commun accord. On commence à travailler avec un enfant, puis avec une femme. D'abord avec les parents, puis avec un manager. C'est le bonheur que j'ai pu vivre ces quinze dernières années : nous sommes chacun restés nous-mêmes. "par geert foutré - photos: reporters