Depuis le début des années 60, ils sont venus nombreux de Belgrade, de Novi Sad, de Split, de Zagreb, de Sarajevo, de Ljubljana ou de Skopje avec, dans leurs bagages, leur talent aux accents brésiliens. Aucun pays européen n'a exporté autant de footballeurs à travers le monde. La source est intarissable depuis des décennies. La division de cette terre de football a même accéléré cette exportation. Certains, plus que d'autres, ont marqué l'histoire de leurs couleurs belges. Peu, que ce soit dans le succès ou l'échec, ont laissé les amateurs de football indifférents. Jusqu'en 1992, ils partageaient tous la même carte d'identité, le même pays, les mêmes ballons avant que la folie des hommes ne les sépare. Tous garderont cependant toujours un même dénominateur commun au-...

Depuis le début des années 60, ils sont venus nombreux de Belgrade, de Novi Sad, de Split, de Zagreb, de Sarajevo, de Ljubljana ou de Skopje avec, dans leurs bagages, leur talent aux accents brésiliens. Aucun pays européen n'a exporté autant de footballeurs à travers le monde. La source est intarissable depuis des décennies. La division de cette terre de football a même accéléré cette exportation. Certains, plus que d'autres, ont marqué l'histoire de leurs couleurs belges. Peu, que ce soit dans le succès ou l'échec, ont laissé les amateurs de football indifférents. Jusqu'en 1992, ils partageaient tous la même carte d'identité, le même pays, les mêmes ballons avant que la folie des hommes ne les sépare. Tous garderont cependant toujours un même dénominateur commun au-delà de leur terroir d'origine, Serbie & Monténégro, Croatie, Bosnie-Herzégovine, Slovénie ou Macédoine : le football. Une mention spéciale doit être attribuée à deux entraîneurs venus chez nous du temps de l'ex-Yougoslavie : Michel Pavic et Tomislav Ivic. Durant les golden sixties, le premier, un gentleman serbe, a bâti une défense de fer au Standard avec Jean Nicolay, Jacky Beurlet, Nicolas Dewalque, Léon Jeck et Jean Thissen. En 1980, le second, remarquable architecte croate, a instauré le pressing à Anderlecht avec Morten Olsen, Hugo Broos, Luka Peruzovic, Ludo Coeck, Franky Vercauteren, Per Frimann, Kenneth Brylle, etc. La liste est infiniment plus longue du côté des joueurs. Ainsi, 30 des 158 joueurs étrangers de l'histoire du Standard proviennent de l'un ou l'autre pays des Slaves du Sud. Chez les Rouches, on se souvient des Milan Galic, Sylvestre Takac, Velco Naumovic, Josip Bukal, Vladimir Petrovic, Zoran Jelikic, Zoran Bojovic, SrebrenkoRepcic, Robert Prosinecki, Ljubomir Radanovic, qui cédèrent le relais à Ivica Dragutinovic, Vedran Runje, Milan Rapaic. Chaque club de D1 a eu son ou ses ex- Yougos : Liège ( Sead Susic, Edhem Sljivo, Ranko Stojic, Zvonko Varga, Nebojsa Malbasa, Cvijan Milosevic...), Anderlecht ( Luka Peruzovic, Josip Weber, Milan Jankovic, Alexandar Ilic, Nenad Jestrovic...), Charleroi ( Enver Hadziabdic...), l'Antwerp ( Ratko Svilar...), le Club Bruges ( Robert Spehar, Mario Stanic, Bosko Balaban, Tomislav Butina...), Mouscron ( Gordan Vidovic, Tonci Martic), Genk ( Branko Strupar), l'Union Saint-Gilloise ( Tomislav Kaloperovic), etc. Si beaucoup débarquèrent par la grande porte, d'autres, comme Josip Weber, d'origine croate, Gordan Vidovic (Serbe) et Branko Strupar (Croate) étaient des inconnus. Ils se sont accrochés, ont progressé avant d'obtenir la naturalisation et de mériter leur place parmi les Diables Rouges. Au jeu délicat des comparaisons entre générations, on attribuera sans hésiter la palme d'or du meilleur joueur yougoslave ayant évolué en Belgique à Milan Galic. En 1966, il était un des plus grands attaquants de son époque, champion olympique en 1960, finaliste malheureux de la Coupe des Champions le 11 mai 1966 contre le Real Madrid à Bruxelles (2-1), etc. Roger Petit l'arracha au nez et à la barbe des géants européens. Un exploit inouï, comme si de nos jours, un club belge s'emparait de Zinédine Zidane ou de Pavel Nedved. Il fit ses débuts à... Anderlecht quelques heures après être arrivé à Zaventem. C'était une bombe. Roger Petit jubilait. Sa star serbe joua à Sclessin de 1966 à 1970 et marqua 33 buts en 84 matches de championnat. Tous ses anciens équipiers, Jean-Paul Colonval en tête, nous ont affirmé qu'ils n'ont jamais croisé un technicien de cette envergure. Il faisait ce que bon lui semblait, sphère aux pieds. A Belgrade, cet avocat, au service de la fédération de Serbie & Monténégro, pense probablement à son passé belge. Les fils de Milan Galic sont de passage chez les Diables Rouges à Bruxelles.n par Pierre BilicWEBER, VIDOVIC et STRUPAR étaient DES INCONNUS avant d'obtenir leur place PARMI LES DIABLES